LIVRE SEPTIÈME
» roit encore dire quand ce sera ; car Févéneméint » de Lille est encore indéterminé »•
Souvent Fénélon , s*élevant dans ses lettres audessus des détails particuliers, dont il croyoit ' devoir Tinstruire y lui offre ces glandes vues générales, qui doivent toujours être présentes à Tesprit des princes, pour leur apprendre à se mesurer avec le malheur, et à subir avec fermeté
ces revers édatans, qui peuvent le» atteindre
comme les autres hommes..
flc Ceux qui doivent commander aux autres , XXV.
Il ne peuvent le faire utilement , dès qu'ils ont ^^"** ^®
*^ ' , ^ quelques let-
» perdu l'estime et la confiance des peuples. Rien tresdeFéné-
» ne «eroit phi» dur et plus insupportable pour ^ *" ^^^ ^
» les peuples,, rien ne seroit plus dangei^ux et
» plus déshonorant pour un prince, qu'un gou-
» vernemedt de pure autorité , sans l'adoucisse-
» ment de l'estime, de là confiance et de l'affec-
» tion réciproque. Il est donc capital , même selon
^ Dieu, que les grands princes s'appliquent sans
» relâché à se faire aimer et estimer, non par une
» recherche de vaine complaisance, mais par fidé-
» lité à Dieu , dont ils doivent représenter la
» bonté sur La terre. ...
» Ce qui me console de vous voir si traversé » et si contredit, est que je vois le dessein de I» Dieu , qui veut vous purifier par les contradic-
86 HISTOIR'E DE FÉITÉLON,
n tioQS, et VOUS donner rexpérience des embarras » de la vie humaine, comme au moindre jparti- » calier. Ne vous mettez point en peine de me » répondre ; il n^e suffit que mon cœur ait parlé » au vôtre en*secret devant Dieu seul. Cest en » lui que je mets tout^ ma confiance pour votre ?> prospérité, Monseigneur; je vous porte tous » les jours à l'autel avec le zèle le plus ardent. 9 Quelque génie que Dieu vous ait donné, vous » courez risque de faire des fautes irréparables , » si vous vous tourniez à une dévotion foible et D scrupuleuse. Ecoutez les personnes les plus ex- » pérknentées, et ensuite prenez votre parti. // » esf. moins dangereux d'e.B prendre un mauvais » que lie n'en prendre aucun, ou que d'en prendre » un trop tard. Pardonnez , Monseigneur , la li- » beité d'jin ancien serviteur, qui prie sans cesse » pour vous, et qui n^a d'autre consolation en n ce monde^ que celle d'espérer que malgré ces » traverses, Dieu fera par vous des*bien$ infinis. 3» Dieu , sur qui je compte , et non sur les hommes, » bénira vos travaux , et quand même il permet* » troii que vous n eussiez aucun succès, vous fe- » riez voir au monde combien on mérite les Si louanges des personnes solides et éclairées , » quand on a lé courage et la patience de se $ou- » tenir avec force dans le malheur.....