LIVRE SEPTIÈME
importe de faii^ cpnnoltre , parce qu*elles renferment tout ce qu'il y a d'essentiel dans les autres, pour la partie historique. Fénélon y a rassemblé toutes les accusations vraies ou fausses , tous les reproches fondes ou hasardes, tous les traits de satire ou de blâme , que la malignité s'étoit plu il imaginer ou à exagérer pbur décréditei; le jeune prince dans le cœur du Roi et dans Fopinion publique. Fénélon les avoit recueillis de la bouche même des c^ciers les plus distingués, que le voisinage de Tarmée attiroit à Cambrai, et qu'une juste indignation contre de si viles calomnies portoit à l'en instruire, ou dont le zèle sincère pour la gloire du jeune prince s'alarmoit avec raison des avantages qu^il pouvoit donner à ses envieux, par quelques imperfections assez excusables à son âge. Tel est le tableau affligeant que Mentor nç craint pas de mettre sous les yeux de Tâémaque. L'idée de lui déplaire , ou le danger de le blesser ne se présente pas un seuil moment à son esprit; il connoissoit l'ame du duc de Bourgogne, et il savoit que le duc de Bourgogne connoissoit la sienne.
• La saison s^avancoit ; la citadelle de Lille étoit réduite aux dernières extrémités ; et malgré tous les miracles de sagesse , d'intelligence et dé, cou** rage du maréchal de Boufflers, il falloit qu'il sur>
90 UISTOiuE DE FÉNÉLON,
combat sHl n'étoit pas secouru ; mai;s les armées alliées avoient su occuper une positioo si formidable , que Ion voyoit le moment peu éloigné où la place la plus forte du royaume alloit passer sous le pouvoir des ennemis , en présence de Ffaéritier delà couronne et.d'uae armée de cent mille Français. La clameui* publique sembioit rejeter cette ignominie sur les sentimens pusillanimes du duc de Bourgogne y et sur les maximes superstî-* lieuses e^ timides des instituteurs qui avoient pré« sidé à son éducation.
Ce fut dans cette circonstance douloureuse , que Fénélon crut devoir à ce prince la vérité toute entière ; mais ce prince étoit le duc de Bourgogne, et celui qui la lui faisoit entendre étoit
Fénélon* XXVI. « Monseigneur y quelque grande retenue que
Ventesse- ^ -^ veuille sai^der le reste de ma vie sur toutes
veres de Fe- ' "^
nélon au duc » les choses qui. ont rapport à vous , ponr ne
de Bourgo- ^ ^^^^ commettre jamais en rien , je ne pub néan-»
Lettre de » moius m*empédier de prendre la liberté de
duc de Bour- » ^^^ ^^^^ encore uuc fois , par une voie trèsgogne,i5oc- „ g^re et très-secrète, ce que j'apprends que Ton » continue à dire contre votre personne. Je suis B plus occupé de vous que de moi ^ et je crain*» » drois moins de hasarder de vous d<^laire en M vous servant ^ que de vous plaire en ne vens