LIVRE SEPTIÈME. gt
31 servant pas. D'ailleurs, je suis sûr qu^on ne 9 peut jamais vous déplaire en Vous disani: ^vec » zèle et respect ce qu'il impor|be c|ye vous s^-* » chiez.
» I «o On dit y M onseigneur, qiie vous n'avez pas
» voulu exécuter les ordres du Roi » qqi vouloit
9 qu on attaquât }e prince Eugène pendai:\|t que
» le duc de Marlboroug s'étoit avancé siir le che<-
» min d'Ostende , et que, par oe refus , vous avez
v été la oqiqsa dé la perte delà ville de Jille. Cest
» un fait q4i regar-de les temps postérieurs à votre
^ campement sur la Af arqua , et qui est des tf^mps
» de votre eampeipent du Saukoir. Je ne sauroi$
» CToire qu'il soit comme on le racpntq ^veç beau*
V coup de paaligiiité.
» %.^ Pp persiste ^ dire que yous avez été la « vraie c^use du cott^bàt d*Ouden£irde/par votre » ordre précij^té dé ^irf attaquer trois batail- 9 Ions des enpeinis par deux brigades , sans aucun » concert avec M. de Vendôme.
» 3.0 On prétend que quand vous arrivât^ sur » la Marque, M. d'Artaignan recon^mt^ dès le Jen- » demain y que les pçissfiges étQie^it quvçrtg, que » la plaine étoit asse^ çon^^node pour faire agir i> toute la cavalerie^ et que les enuep^s h'étoîeat » point alors retrancha, copine ils}^^ furent deuj: 9 )ourâ après. On a^su^e que M. 4^A.i^\^i^n^ï^ se
9^ HISTOIRE DE FÉlfÉLON^
» hâta d'en avertir, et de répondre du succès , si » on vouloit bien attaquer ; qu'il n'eut aucune » réponse; qu'on demeura dans Tinçertitude , et » que vous voulûtes, malgré M. de Vendôme, » attendre le retour du courrier envoyé au Roi ; » ce qtri étoit laisser évidemment échapper l'oc- » casiçn de sauver Lille. J'ai vu un homme de » service qui m'a dit avoir mené M. d'Artaignain » dans cette plaine, parce qu'il la connoissoit par- ^ faitement ; il soutient qu'il n'y ayoit qu'à se «donner la peine de l'aller voir, pour recon- » noitre que tout étoit uni et ouvert. Il dit même » avoir été jusques auprès des ennemis , et avoir » vu qu'il n'y avoit encore alors , ni retranche- » mens commencés, ni défilés, ni bois, ni ombre » de difficulté , pour secourir la place. Il ajoute » qn il prit la liberté de parler hautement ; que )> personne ne daigna ni l'écouter ni prendre la » peine d'aller voir ; et qu'en un mot presque ^ personne ne vouloit entendre opiner pour le » combat*
31 4*^ On dit^ Monseigneur, qu'encore que vous » ayez infiniment écrit à la Cour pour vous jus- » tifier, vous n'avez jamais mandé rien de clair )> et de précis pour votive décharge : que vous » vous êtes contenté de faire des réponses vagues » et superficielles, avec des expressions modestes
.LIVRE SEPTikME. qS
» et déyotes k contre-temps. La Cour et la ville\
» dit-on y ëtoient d'abord pour vous avec chaleur ;
» mais la Cour et la ville ont changé et vous con*
3» damnent. On ne se contente pas de aire que
» le public est de plus en plus déchaîné contre
» vous; on ajoute que le mécontenteme|it re-^
» monte bien plus haut , et que le Roi même ne
» peut s'empêcher y malgré toute son amitié , dé
^ sentir vivement votre tort. Il y a déjà quelque
» temps qu'il, m'a passé par l'esprit que tant de
» gens y d'ailleurs fort politiques, n'oseroient
V point vous critiquer si librement^ si cette crî^
s» tique n'étoit pas autorisée par quelque préven-
3» tion du côté de la Cour.
9 5.0 Ce qui est le plus fâcheax est qu'un grand, 3D nombre d'officiers, qui reviennent de l'armée et » qui vont à Paris, ou, qui y écrivent, font en- » tendre que les mauvais conseiU des gens foibleâ » et timides , que vous écoutez trop , ont ruiné » les affaires du Roi , et ont terni votre réputa- » tion. J'entends ces discours répandus partout , y> et j'en ai le cœur déchiré ; mais je n'ose parler » aussi fortement que la chose le mériteroit , parce i> quelle, torrent entraîne tout , et que je ne veiux )> point qu^on puisse croire que je sache rien de n particulier à votre décharge.
9 6.0 On va jusqu'à rechercher avec unç noire
g4 HISTOIRE DE FÉNÉLOV^
» malignité les plus petites circonstances de votre^ » vie y pour leur donner an tour odieux. On dit , » par exemple, que pendant que vous êtes dévot » jusqu'à la sévérité la plus scrupuleuse dans des » minuties, vous ne laissez pas de boire quelque- » fois itvec un excès qui se fait remarquer.
» 7. a On se plaint de ce que votre confesseur » est trop sou^vent enfermé avec vous ; qu'il se » mêle de vous parler de la guerre , et que quand » on FaccuBa de vous avoir conseillé de ne rien 3» hasarder sur la Marque , il écrivit au père de n la Chaise pour faire savoir au Roi qu il étoit » allé reconnoître le terrain et l'état des ennemis ; » qu'il a voit été d'avis qu'on les attaquât , et qu'il » avoit trouvé qu'il étoit honteux de ne le pas » faire. On lui impute d'avoir écrit ainsi pour le » tourner en ridicule comme un homme vain , » qui se pique d'entendre la guerre, et d'aller re- » connoître Fennemi.
M Je dois ajouter par pure justice que je sais 31 qu'il n'a point mérité ces plaisanteries , et qu'il » n'a rien écrit que de modeste et de conve- » nable.
»'8.* On prétend, Monseigneur, que voua ave» >> écrit à des getls indiscrets et indignes de votre » confiance , les mêmes choses que vous avez » écrites au Roi avec un chiffré^ et que ces gens-