‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 4)Chapitre 36 sur 107 · LIV^RS SEPTIEME · texte numérisé non relu

LIV^RS SEPTIEME

mine par une dernière lettre qui achève de peindre Tame de Fënélon et sa tendre affection pour son élève. M. le dpc de Bourgogne venoit de passer plus de six mois en Flandre ; il avoit piéme s^ourné long^temps dans le diocèse de Cambrai; et pendant tout cet intervalle il .n'avoit osé se permettre une seule entrevue avec Thomme qu'il vénéroit et qu'il chérissoit le plhs. Telle étoit la contrainte où ils passèrent le reste de leur vie. Dans l'impossibilité où étoit Fénélon d'épancher $on cœur dans toute la liberté d'un entretien par? tîculier, il crut nécessaire de donner au jeune prince y au moment où il se disposoit à retourner h la Cour, une dernière instruction sur la con* duite qu'il devoit y tenir. La manière dont i| 3lioit s'y montrer, y parler, y agir, pouvoit décider de sa^ gloire , de sa réputation , de son bon* peur, et même de son innocence. Ce ne sont plus des reproches sur le passé ^ ce ne sont plus des conseils devenus inutiles par l'événement j mais il s'empare du jeune prince au moment où il se présentera devant le Roi son grand-père ; il lui indique le maintien qu^il doit prendre' en l'abordant, le langage qu'il doit parler, les aveux qu'il ne doit pas craindre de faire , la noble fermeté avec laquelle il doit se défendre ; il lui dicte jusqu'aux expressions dont il doit se servir.

I06 HISTOIKE 0£' FÉJi&LOtt,

xxvm. ft Monseigneur, fespère que vous ne jugei^ez

Lettre dô • , .

Fénélon au » point de moi par Fempressement où vous m^aduc de Bout- ^^ ^^^ ^^ ^^^ j^ g^^ j^ Cette campasfne. Vous

gogne, no- * *'•

Tembrei7o8. » pouvez VOUS souvenir que j'ai passé plus de di;c { aauscr.j ^ ^^^^ j^^^^ ^^^ retenue à votre égard , qui m'au-

D roit attiré votre oubli pour le reste de ma » vie , si vous étiez capable d'oublier les geins qui » ont eu rhonneur d'être attacbés^ à vôtre per* » sonne. La vivacité avec laquelle j'ai rompu » enfin un si long silence , ne vient que de la » douleur que j'ai ressentie sur tous les discours >i publics. Oserois-je^ Monseigneur, vous pro- » poser la manière dont il me semble que vous » devriez parler au Roi, pour son intérêt, pour » celui de l'Etat, et pçur le vôtre. Vous pourriez » commencer par une confession humble et in^ V génue de certaines choses qui sont peut-être » un peu sur votre compte. Vous n'avez peut-être 3> pas assez examiné le détail par vous - même ; » vous n'êtes peut-être pas monté assez ^ouveut 3 à cheval pour visiter les postes importans; vous » n'avez peut-être pas marché assez avant pour 3» voir parfaitement les fourrages : c'est ce que » j'entends dire à des officiers expérimentés et » pleins de zèle pour vous. Vous vous êtes peut- » être laissé trop aller à une je ne sais quelle » complaisance pour M. de Vendôme, qui auroit

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