L-IYRE SBPTiÈMEé
3» Tesprit. Je n'ai point le temps d'en écrire au-^ » jourd'bui à M. le dnc de Beanvilliers : mais je » vous supplie de lui communiquer cette lettre ; » elle sera , s'il vous plaît y commune entre vous » deux ». ,
Tel étoit Tëtat des choses , lorsque le duc de Bourgogne arriva à Versailles; il se conforma exactement aux avis de Fénélon , parla au Roi . son grand -^ père avec une noble et respectueuse fermeté y appela en témoignage de tous les détails de sa conduite à l'armée la véracité des généraux les plus distingués par leur mérite et leurs talens^ et surtout l'opinion de Puységur en particulier. Le témoignage d'un homme tel que Puységur (0, étoit aussi puissant sur l'esprit; de Louis XIV, qu'imposant pour tout le corps militaire. On sa* voit qu'il étoit aussi incapable de sacrifier la vérité à des calculs d'intérêt ou d'ambition, que juge éclairé dans la science de la guerre.
Le duc de Bourgogne fut pleinement justifié dans l'esprit du Roi , des ministres , et de tous ceux qui n'apportoient aucun esprit de parti dans
(0 Jacques de Cliastenet de Puységur, né à Paris en JpSS, maréchal de France en 1784 y clieraUer des ordres en 1739 9 mort à Paris le i5 août 1743 , âgé de 88 ans. ( Voyez dans les Méhtoires de Samt^imon, un beau portrait du maréchal de
taa HISTOIRE DE FÉBÉLOHy
une discussion délicate entre un prince, qui ne donnoit encore qne des espérances, et un gêné* rai déjà renommé. Mais on sait assex que l'opinion publique y toujours précipitée dans ses jugemens, est toujours plus lente à revenir de ses préventions. Le duc de Bourgogne eut encore à gémir pendant plusieurs années sons le poids de l'injustice et de la calomnie. Il fit tout ce qui dépendoit de lui pour reconquérir l'estime et la bienveillance générale par un dévoûment ardent et sans bornes ; il demanda au Roi , avec les plus vives ins* tances , le commandement d'une armée pour la campagne suivante , et un général moins incom* patible que le duc de Vendôme. Le Roi en prit l'engagement y et lui destina le commandement de l'armée sur le Rhin ; mais lorsqu'il fut question au conseil de régler les fonds, le contrôleur général Desmarets dédâra qu'il lui étoit absolu* ment impossible de fournir ans dépenses inévitables qu'exigeroit la présence du duc de Bourgogne à l'armée ; le jeune prince dit sur-le-champ au Roi son grand-père : « qu'à cela ne tienne ; » puisque l'argent manqué, j'irai sans suite; je » vivrai en simple officier; je mangerai, s'il le faut, » le pain du soldat , et personne ne se plaindra » de manquer du superflu , lorsque j'aurai à peine » le nécessaire ».