LIVRE SËPI^IEME. l63i
Tel est rhumble et religieux aveu, du sage mi* nistre (M. de Torcy ) qui dirigepit alors les négociations y et qui eut enfin le bonheur de les voir couronnées par un succès inattendu. Il n a pas ïé présomption de s'en attribuer la gloire; et, trop convaincu de Finutilité de ses vceux et de ses efforts pour ce grand ouvrage , il proclame lui-même que Dieu seul a pu disposer d^ homities et des événemens^ en déconcertant toutes les conjectures de la prévoyance hui^ine.
moment la puissance àjx due* de M^rlboroug en Tempereur Aogleterre, et tourna le cfeur de la rtine. Anne a^n*,^',,7 vers des pensées de paix. L'empereur Joto|>b Disgrâce de est frappé de mort dans la force de Tâge^ saris Marlboroug. laisser d'enfans mâles. L'arcbiduc Charles^ son frère y lui succède à Tempire^ et menace F Europe de voir réunies sur la même téfce toutes lès couronnes de Charles^Quint et de Ferdinand P'. A ce changement subit de la scènie politique^ ttmtas les craintes, tontes les espérances, tontes les intrigues des cabinets changent de direction et d*pbjet. Ce n^est pliis 1;» pnissanee de la Fxailce, c est celle de rAutrichê qui office un Èi^pect redour tabler et dans U knoitvement général , occasionné par une révolution aussi imprévue,, la vpix des ^ges commence à faire entendre des conseila d^ paix et de modération.
l64 HISTOIRE DÉ FÉNÉLON,
XllV. Dans le même temps ^ un événement moins im-
premierDra- Partant pour la tranquillité de l'Europe , et qui pbiii,i4avril sembloit devoir laisser luire sur la France une longue suite de jours heureux , venoit de se passer dans la famille de Louis XIV. Son fils unique, le Daupliin, âgé de cinquante ans, mourut de la petite vérole le i4 avril 171 1 , trois jours avant que la même maladie enlevât Fempereur Joseph. La mort du Dauphin ne faisoit disparottre qu'un prince sans crédit et sans influence ; elle ne changeoit rien au cours des affaires ni à la situation extérieure des courtisans et des ministres; mais elle fixoit tous les regards sur un avenir peu éloigné, en montrant daps le duc de Bourgogne le successeur immédiat d'un Roi de soixantetreize ans.
11 est impossible de peindre avec des traits plus vifs que l'a fait M. de Saint-Simon, toutes les agitations de la Cour en ce moment. Nous n'extrairons de ce tableau (0 intéressant que celui qui a rapport à Fénélon et à ses amis.
a On peut imaginer quels furent les sentimens » du duc de Beauvilliers , le. seul homme peut- » être pour lequel Monseigneur (le premier Daur
9 phin) avoit conçu une véritable aversion, jus-
y> qu'à ne l'avoir pu dissimuler , laquelle étoit
(*) Tableau de la Cour de France en f 7 1 1 . Bfémoires de Saint- Simon, Supplém. , tom. it, p. 170.