‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 4)Chapitre 55 sur 107 · LIVRE SEPTIÈME. l · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. l

» sans cesse bien soigneusement fomentée. Eu 3> échange y Beauvilliers voyoit Félévation ines^ » pérée d'un pupille, qui se faisoit un plaisir se- » cret de Fêtre encore, et un honneur public de » le montrer y sans que rien.eût pu le faire chau- » ger là-dessus.

» L'honnête homme dans Famour de l'Etat, » l'homme de bien dans le désir du progrès de » la vertu, et sous ce puissant auspice, un autre » M. de Cambrai, dans Beauvilliers, se voyoit à » portée de servir utilement l'Etat et la vertu , de » préparer le retour de ce cher, archevêque, e,t » de le faire un jour son cpppérateur en tout. A » travers la candeur et la vertu la plus pure , uu- » reste d'humanité, inséparable de l'homme, fai- » ^it goûter à celui-rci un élargissement de cceur » et d'esprit imprévu , une aise pour desr desseins » utiles qui se reipplissoient comme d'eux-mêmes^ » une sorte de dictature enfin, d'autant plus sa- » voureuse, qu'elle ^toit plus rare et plus pleine, » moinsétendue et moins contredite, et qui par » lui se répanfioit sur les siens. Persécuté au mir » lieu de laplua éclatante fortupe> et ppussé quel- » quefois jusqu'au dernier bord du précipice, il » se trouvoit tout d'un coup fondé sur le plus » ferme rocher; et peut-être ne regarda4li^pas » sans ^quelque complaisance ces mêmes vagues.

» de la violence desquelles il avoit pensé être em* » porté quelquefois ^ ne pouvoir plus que se bri* » ser à ses pieds. Son ame^ toutefois , parut tou- ^ jours dan*s la même assiette ; même sagesse, >> même modération , même attention , même 9 douceur, même accès, même politesse, tnéme » tranquillité sans le moindre relan d'élévation , ^ de distraction , d'empressement. Une autre » cause plus digne de lui le combloit d'allégresse. yi Sûr du fond du Nouveau Dauphin, il prévit son » triomphe sur les cœurs et suk» les esprits, dès

V qu'il seroit affranchi et en sa place ; et ce fut sur » quoi il s'abandonna secrètement avec nous à sa

V sensibilité.

D Gfaevreusô, un avec lui dans tous les temps >> de leur vie , s*éjouil avec lui de la même joie , » et y en trouva les mênies motifs-; et leuf's fa- 3» milles s'applaudirent d'un consolidement de ^ » fortune et d'état qui ne tarda pas à paroitre. ' » Mais celui de tous' à qui cet événement de<^ » vint le plus sensible , fut Fénéloh ,• archevêque >) de Cambrai. Quelle préparation ! quelle ap- ^ proche d'un' triomphe sûr et complet ! quel )>. puissant rayon de lumière vint à percer toqt-à» » couDune demeuré de ténèbres !

» JRnfiné depuis douze ans dans( son diocèse , » ce prélat y vieiUissoit sous, le poids inutilâ de

LIVKE âEVTlÈME. iG'J

ai .ses espérances, et voyoit les années s^ëcouler » dans une égalité qui ne pouvoît que le déses- » pérer (')• Toujours odieux au Roi y à qui per- » sonne n'osoit prononcer $on nom, même en i> choses indifférentes ; plus odieux encore à ma- 9 dame de Main tenon, parce quelle Fa voit perdu ; » plus en butte que nul autre à* la terrible cabale » qui disposoit de Monseigneur/il n avoit de res* f » source qu en l'inaltérable amhi^ de son pupille , » devenu lai-mdme victime de cette cabale y et » qui y selob le cours ordinaire de la nature, » de voit l'être trop long- temps, pour que son » précepteur pût se flatter d'y survivre. En un » cUn d'oeil ce pupille devient Dauphin > en un » autre il parvient à une sorte d'avant^règne.....

n Dans Ce «grand changement de scène , il né 3) parut . d'abord que deux personnages, en pos<- » ture d'en profiter : le duc de Bea.uviUiers , et » par lui le duc de Chevreuse ; et un troisième » en éloignement , Tarchevéque de Cambrai. ^ Tout' ràaùie- deux premiers tout-^à-coup, tout 39 s'ealfiressà autour d'eux, et chacun avoit'été » leur. ami:de tous les temps) mais en eux les

(0 M. de Saint-Simon n'aimoit q^ la Cour, ne voyoit cpie la Cour, et croyoit ^""on ne pouvoit être heureux qyik la Gcfur et par la Cour. H ne connoîs^it pas -personnellement Fénélon, et il loi préie, siibs 8*en apercevoir, ses propres sfefniiraens.

l68 HISTOIRE DE FÈNÉLOMy

» courtisans n'eureafe pas affaire à ces champi^ », gnons de nouveaux ministres , tirés en un mo- ». ment de la poussière , et placés au timon de » TEtaty ignocans également et d^affaires et de 3» cour y. également enorgueillis et eniiarés, incsK » pables de résister, rarement même de se défier «de, ces sortes de, souplesses , et qui ont la fa- » tuité d'attribuer . àr leur mérite ce qui n^est n prostitué qu'à la faveur. Ceux-ci , sans rien » changer à la. modestie de leur extérieur, ni à » larrangemenl de leur vie, ne pensèrent iqu'à »'se dérober le plus qu'il leur fut pdteible, ^uz

» bassesses entassées à leurs pieds

XLV. . » On peut bien croire que MM. de Beauvil- MAe duc de ''•li^rs et de GUevreuse ne. laissèrent pas refroi- Bourgogne, „ (Jir dans le.coBur .du nouveau Dauphin ses vifs

devenu Dauphin. ^ sentimens pour 1 archevêque de Cambrai.

3> Leur premier soin, fut .de porter le jeune

'7^ prince à. des mesures encore pTus grandes : à

j»:un air de soumission et de ^*espect. encore plus

» marqué^ à. une assiduité habituelle auprès du

» Roi, si naturellement jaloux , et déjà éprouvé

» tel en diverses occasions par son petite fils*

» Secondé à souhait par sa jeune et adroite

» épouse, il redoubla ses soins auprès de ma-

» dame de Maintenons qui ^ dans le transport de

3> trouver un Dauphin sur qui sûrement comp-

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