‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 4)Chapitre 56 sur 107 · LIVRE SEPTIÈME. l · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. l

» ter, au lieu d'un autre qui ne Faimait pas, se » livra à. lui y et. par cela même lui Jivra le Roi. » Les premiers quinze jours rendirent sensible » à tout ce qui étoit à Marly un changement si 3» extraordinaire dans le. Roi , si réservé ponr ses :» enfans légitimes, et si Roi avec eux.

» Plus libre dans tous ses mouvemens, par » un si grand pas y le nouveau Dauphin s'enhàrr 3) dit avec le. monde, quil redoutoit du vivant • de Monseigneur y parce que, quelque grand » qu'il fût, il eu essuyoit des brocards applau-* » dis. C'est ce qui lui donnoit cette timidité qui » le renfermoit dans son cabinet, parce que ce » nMtoit que là qu'il se trouvoit à. l'abri et à » son aise; <^est cequilefaisoitparoitre sauvage^ » ce qui le iaisoit creiindre pour raveBir> tandis » qa en butte à son père, peut-être^ alors au Roi >» même ,* contraint d'ailleurs par ,sa vertu , ex- » posé à une cabale< -audacieuse , étranger enim » au. monde en général, comme .monde, il me» » noit une vie d'autsint plus obscure , - qu'eUe » étoit nécessairement plus éclaia^ée, et d'avitfint » plu&cruelle, qu'il n'en envisageoit point de fin.

» MaiS(tout-à-coup la moirt d'un père , presque » son ennemi, et dont il prend la pl^ice, dissipe )) u];^ipsoleo te- cabale, tient. le monde en res- ^ pect^en attention^ en empressement^ les per*

I^O HISTOIRE DB FÉHÈLOlX,

» sonnages les plus opposés en air de servitude , » le gros même de la Cour en soumission et en » crainte. L'enjoué et le frivole , partie 'non mé- >i diocre d'une grande Cour/ à ses pieds , par s» >i jeune et brillante épouse ; et on voit ce prince » timide, sauvage ^ concerté , cette vertu pré- )» cise, ce savoir déplacé , cet homme engoncé, >» étranger dans sa maison ^ contraint en tout ^ ont » le voit se montrer par degrés , se défdoy^r peu » à peuj se donner au monde avec mesure , y y^ être libre , majestueux , gai ^ agréable ; tenir le 31 salon de Marly dans des temps coupés, présU . » der an cercle assemblé autour de lui , comme >> la divinité du temple , qui sent et qui reçoit » avec bonté les hommages 4es mortels auxquels » il est accoutumé. Une conversation aisée, mais » instt*uctive, adressée avec choix et justesse ^ » charma le sage courtisan , fit admirer aux aa* >» très des tiibi\:eaux d'histoire ; convenablement » amenés s^ns art; des occasions naturelles , des » a|)plicatioùs désirables i mais toujours dis*^ » crêtes et présentées sans effort , des traits » échappés de science, ïnaîsTarement et comme » involontairement, firent tout à la fois ouvrir » les oreilles, les yeux et les cœurs.

» La soif de faire sa cour eut, en plusieûrsi^ » moins de part à Fempressenlent de Tenvironner

t.lVRE SEPTIEME. I^^I

s> dès qu'il pàroisfioit) que de Feutendre , et dy » puiser une ÎDStruction délicieuse ^ajt Yagrêf^ » ment et la douceur d'une âoquence naturelle^ » qui n'avoit rîea de recherche.

» On goùtoit d'avance la consolation si ntfees* » saire et si désirée de servir un maître futur si s> capable de l'être par son iond^ et par l'usage » qu'il montroit qu'il sauroiteftiaire.'

» Gracieux partout, pl^n d'attention au rang , » àla naissance, à l'âge, à l'acquit 'de chacun ,

V choses depuis si long -temps iuttises et ecmfon- » dues avec le pliis vil peuple de la Oeur ^ réguh » lier à rendre à chacune d^ ces choses ce* qui » leur étoit dû de politesse, et ce qui $'y pouvoit y ajouter avec dignif^) grave, mais sans rides, et il en même temps gai et aisé; il est incroyable y avec quelle étonnante rapidité l'admiration de a l'esprit, l'estime du sens , l'amour ^ cœur, et » toutes les espérances furent enti^tnéé^^ avec » quelle roideur les faussa idées qu^on a'en étoit a». faites, et voulu faii^, firent pré<i^itées, et 1 quel fut l'émpressennsnt et Fimpétueuk tour- » billon du changement qui se fit à éôn égard. Là » joie publique fit qu'on ne s'en pouvoit tdlre, et « qu'on se depnandqit les uns aux autres > si e'étoit

V bien là*le même homme, ou si ce' \qu'on vo]ioit » étoit songe où réalité»*....

1^2 histoihe de fénélon,

La ducbesse de Boui^ogae n'étoit pas aussi portée que son mari pour MM, de Beauvilliers et Ghevreuse : ce elle leur étoit même opposée » d'inclination et de conduite ^ et elle étoit en- » tretenue dat)s cette prévention par madame de » Maintenons Lieur vertu trop austère , au gré de » la jeune princiesse y parce qu elle n'en connoissoit » que Técorce , lui faisoit peur par leur influence * >> sur le Dauphin; eUe les craignoit encore par un » endroit pluis délicat , qui étôit celui-là même » qui auroit dû l'attacher véritablement à eux^ si » avec tout son esprit ^ elle- eût su discefl^ner les >», effets de la vraie piété ^ de la vraie vertu, de la 3> vc^ie sagesse , qui est d*étouffer et dé cacher t» avecle plus if^rjBind, soin et les plus extrêmes .)> précaution^ , tout ce qui' peut altérer la paix et ii la tranquillité du. mariage» J ai souvent observé, )» ajoute, M. de Saint-Simon , combien les deux «.>d^cs étQiçi^tqonçtamfideqt attentifs à ne laisser ^ rÎ!p^; Qî*riv0r; jusqu'à M. le duc de Bourgogne de ». tout ce quiauroit pu r^larmier sur un sujet si 2><délicatp^A4U$i lai jeune i^rincesse thembloit de» » avis fâcheux du lieu même de rsa plus entière

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^^^ ; L'admirable: ciEHidttîte du jeune prince porta Louis XIV Louis XI V'jà 4ér,oiger toutrà-coopià son Caractère^

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de Bourgo- ^ 'rinflexibilité de se& maximes politiques j à cette

vernement.

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