‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 4)Chapitre 7 sur 107 · LIVRE SEPTIÈME. W · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. W

quis de Quinccy, le maréchal de Berwick, rap» porte dans ses Mémoires j en parlant d'une action distinguée où le duc de Bourgogne , à la tête de son armée y poursuivit pendant deux lieuesies ennemis jusque sous les remparts de Nimègue^ « que » cette journée fut aussi brillante que singulière;' » car c'est une chose sanâ exemple, dit-il, qu'une » armée en ait couru une autre pendant deux » lieues, et l'ait culbutée dans le chemin couvert » d'une place, presque sans coup férir ».

Louis XIV, voyant qu'à la fin de cette dimpagne les ennemis s'attachoient à former des sièges qui ne promettoient rien de décisif, et qui n'offroient à son petit*fils aucune occasion de se signaler, crut devoir le rappeler à Versailles vers les premiers jours de septembre. M. le duc de Bourgogne craignit de réveiller la jalousie des ennemis de Fénélon, et de donner de l'ombrage au Roi son gi*and-père, en paroissant rechercher une seconde entrevue avec lui à son passage à Cambrai; il lui écrivit de Malines, le 6 septembre 1 702 :

« Je ne saurois repasser k portée de vous sans Leure du » vous témoigner le déplaisir que j'ai de ne point ^"^ ^® j^®^" » user de ma permission, et de ne point vous nëlon. » revoir, ainsi que je Favois espéré. Cette lettre ^ ^^^^^-j » vous sera rendue par un moyen sûr; ne char- » gez point de réponse par écrit celui qui vous

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» la rendra , et si vous m'en Jattes^ que ce soi€ » par M. de Beauyfilliers, et sans y mettre de » dessus. Je vous prie d'être persuadé delà conti- » nuation de mon amitié pour vous, qui assuré- » ment ne peut être plus vive , et qui a toujours » été telle^ comme je né crois pas que vous en » doutiez^ et de vous ressouvenir incessamment de » moi dans vos prières. Peut-étre sera-t-il encore s» mieux que je ne vous voie pas la veille ou le » jour même que j'arriuerois à Versailles ; cela. » n'est pas la même chose quand on doit être » quelque temps dehors, et les idées sont plus ej^ T»facées. Adieu, mon cher archevêque; il n*esi » pas besoin de vous recommander le secret sur » cette lettre j ni de vous assurer de la tendre » amitié que je conserverai en Dieu pour un » homme à qui j'ai tant d'obligations qu'à vous » .

Louis.

On voit jusqu'à quel point le duc de Bourgogne redoutoit les sinistres interprétations qu'on pouvoit donner aux témoignages les plus indifférens de son intérêt pour l'archevêque de Cambrai^ Fénélon ne reçut point à temps cette lettre ; et prévenu que le prince alloit descendre à la poste de Cambrai /il s'y rendit pour remplir un devoir que la bienséance seule lui auroit prescrit, indépendamment de tout autre motif. C'est ce que

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