LIVRE SEPTIÈME
» douleur; tout ce que je vois me reirnce T image » de la mort. La maison^ paternelle me rappelle » sans cesse mu douleur et mon malheur. Tout ce » ^112 m'étoitdouxj quand je pouv^ois le partager ^ avec celle que j^aimois^ mé de%fientun supplice % depuis que fe l*ai perdue. Mes jreux la cherchent n partout j et ne la trompent nulle pari. Tout ce n que je vois m* est en horreur, parce que je ne » la vois point. Quand elle vii^oit, quelque part » que je Jiissè saris elle , tout me disoit : V^ous » Valiez voir: rien ne me le dit plus. Je ne trouve » de douceur que dans mes latmes ; elles fne » tiennent lieu de ce qu* elle m'étoit lorsqu'elle viy> voit Je suis malheureux, et on l*est des qu*on » livré son cœur à V amour dés choses qui passent; » on est déchiré quand on vient à les perdre; et » è'est alors qu'on sent tout son malheur. J*étois
piciebam, mors erat, et erat mihi patema domus mira infelicitas. Expetebant eum undique oculi mei, et non dabatur mihi, fct oderam omnia, qûia non baberent eum, nec jam dicere pote-> rant, Ecce veniet, sicut cùm Iviveret, quândo absetts erat. Solus fletiuei^tâulci^ mibi, et sùcceteeratamicd ideo in dèlibiisanimi mei. Miser ëram, et miaer est ônmis animus vinctus amicitiâ rerum mortaliom, et dilaniatur, cùm eas amiitit, et tune sentit nHîâerîam, ipià mi^er eât, et antequàm amîttat eaé. Fortabam eoim con^cissam, etqnasi cruentam ariiinim meâm, impatien-* Wm à me portari; et ubi eam poneretn aoix ittVenidïam.
(S. Avousti!! , Confess., Uht. 4f cap. 4 et seq. )
aâ2 HISTOIHE BZ FÉNÉLON^
» loin de m* en former l'idée aidant de VasHiir » éprouvé. Je ne puis soutenir le poids de mon » cœur déchiré et ensanglanté , et je ne sais o&r » le reposer»
» Ce n'est pas tout que de n'aimer- que ce qu'oa 3> doit aimer. Dieu jaloux veut qu on ne Taime » que pour lui, et de son amour (0. // nous dé* » Jbnd de nous attacher aux. objets de nos affec^ » tiens jusqu'à en faire une partie de . nous* » mêmes ^ de peur que notre cœur ne soit trop » cruellement flétri et déchiré^ lorsque nous en » sommes séparés. ^
» Tout ce qu'on aime le plus légitimement ici » bas , nous prépare une sensible douleur, parce » qu'il est de nature à nous être bientôt enlevé. » Nous ne devons point aimer ce qui nous est le » plus cher, plus que nous-mêmes; or, nous ne » devons nous aimer nous-mêmes que pour Dieu. » Dieu n'afflige que par amour \ il est le Dieu » de toute consolation ; il essuie les larmes qu'il » fait répandre ; il fait retrouver en lui tout ce » qu'on croit perdu; il sauve la personne que » la prospérité mondaine auroit séduite, et il
(0 Et idée Don eîs amore agglatinetur, neque ?«Iut animi su membra faciat, qaod fit amando, ne ciun resecari caeperû|ty cùm cruciatu ac tabe faedent.
(S. AuGusTixr, dt Uh. Arh,y libr. i, cap. z5.)