‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 4)Chapitre 70 sur 107 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

» dois m'humiHer de cette foiblesse.... Il y. avôit » d'ailleurs si long-- temps que je viyois Loin du . 19 prince^ que je n^ai pu être .témoin d'aucun des V faits arrivés dans un âge màr, di!l) il poitivoit ar édifier le monde u.

Nous sommes portés à a*oire que des consîdé* ratioms' encore plus 'importantes né permettaient pas à Fénélon de révéler tout ce qu'il auroit pu dire sur un pareil sujet. Il n'étddt pai seulement arrêté par le contrastequ'auroit pu offrir Je carac* tère d'un prince, qui, sans descendre desouxaingy avoit su se montrer encore "plus trelîgieox que les hommes les plus religieux , a. avec les disposi- lettre de » tions d'un monde déjà si corrompu et si soulevé père Marti- » centre le joug de larefligion, que le. spectacle ^^^^' » des grandes vertus ne faisoit) que Fétonner^ le » décourager et l'aigrir «. . : > s ' Mais la véritable difficnlté eùtété poui? f^éné-* Ion de rendre compte au public de$ maximea politiques qu'il avoit inculq«iées au duc . de Boûr» gogne. ^C'étoit soœcê- point de vue. que Tinstitu?» teur d'un tel prince auroit pu/ et amx>it dà repré*sehter son ^lèveà la nation^'qtii le pleuroit^ et qui avoit placé toutes ses espérances defbônlieur dans le* disciple deMe&tor^Eh! comment Pénélon aiHtHt^il pu rappeler, en présence de Louis XIV/ ^Hi^existo^t-eûcoire, les mêmes maximes qui I^'a-

aaS HISXOI&E DE FÉnÉLONy

^loieivt si vivement aigri contre Fauteur du Télé^

mtujfue? Cest ce qu'il fait asdez entendis dans sa

Lettre de y^noQse au père Mârtiuean : « M. le duc de Beau-*'

Fcaelon au * *

père Marti- » villiers peut vous aider beaucaup plus que ^^^^ » moi ; ses conseils seront bons, tant sur la re-

» cherche des &its que sur leur choix, et sur la 31 manière de les mettre em oeuvre. Vcras joges » bi^n qail y a de grandes ofaservatioiifi à faire » là-dessus : Peneulosca. pienum opus alem trac* n ias* Vous connoissez le mondie et sa maligne 9 critique >i. '

Le véritable éloge du duc de Bourgogne se se* roit trouvé dans les înstruction& et dans ka le« çonsy quelk}aefoîs:>aévèresy> ^e Féoéloo luiavoit si souvent adressées^ Céloàt surtout daiii lea let* tiies oii le jeime prince montroit msie st tendre reconnoissance, une coniianee si docile et si respectueua^. à la voix paltei^UieUe (jub raverlissait de ses fautes^ qttûu auvoit conçu pour ce- feone prioce la juste adteiratioa que nuéritctti un si grand câractière^ Mais iPéfiélon pcravoit'^il révéler au publie le secirQt;d*uiie covrespoodaMe intime^ entretenue petidant Jaot d'années à rinsu de liOuis XIV? La vertu et la sag)9sae des conseils de Féûéloa aurojenib-eUes pu: le (ufstifieir daiiâ T^s^t dé c6 nionarque pi?éve«ii et abusé? Heureuscsneftt.

la postérité a^rfeueilli ces HGtonnmeos picétiîeiijK^

«LIVRE SEPTIÈ»E. ^ tlt^g

et s^ils n^ont pas servi , comme on aur(»t dû Fesprfrer, à rmstnsiction dé la génération qui a suecédé au doc de Bourgogne ^ ils subsisteront tou«jours comme un monument aussi honorable pour la Bàéjnoire 4e Hnstitateur que pour celle de rélève.

Si Fénélon tÛt jamais été inspiré par les vues d'ambition que ses ennemis et ses envieux ffé" toitet plu à lui supposa pour Técarter de la Cour, ^n auroîft dft croire qu'en voyant tons ^ses projets et toutes ses espérances ensevdis dans le tombeau du duc de Bourgogne^ il n'auroit eu d'autre pensée que œlle d'achever sa tranquille et honorable carrière, au milieu des amis dout il étoit environnié ^ et d'un peuple adorateur de ses vertus.

Mais ce seroit mal connoilre Fénélon que^de croire qu'une ame telle que ]^ siimne pût être un seul moment étrangère au ^ut de son pays et au bonlieilr de ses coudtoyens. Cest lorsque Fénélon ne peut plus être soupçonné d'aucun ih'^ térét personnel y que noui le voyons occupé, aVec le même zèle et la même sollicitude, de la pensée du bien p«^c. Cet efibrt généreux dans l'oppression même d*ude douleur accablante, ûous parolt le dévoûment le plus héroïque d'un cœur qui ne respiroi^ que pour sa l'eli^on et sa patrie.

a3o HiSTomc de féné^pk,

Dans une de ses lettres au duc de Chevreuse., écrite environ trois semaines après la mort du duc de Bourgogne y on le voit déjà porter avec inquiétude ses regards sur Tavenir e0i:ayant que Tétat de la Cour, de la famille royale etdu royaume présageoit à la France.

C'est dans ces circonstances critiques qu'il exige du duc de Beauvilliérs d'oser vaincre sa répugnance^ pour aborder madame deMaintenoa'sur un sujet si délicat et si important ^ il lui rappelle les andens procédés de madame de Maintenons et les services quelle lai avoit rendus ^ pourkii faire oublier les ti^op justes sujets de mécontentement quelle lui avoit donnés. dans des temps plus récens. Il ne cherche point à lui faire illn* sion sur les défauts qu on pouvoit reprocher à madame de Main tenon : la sincérité avec laquelle il s'explique sur quelques parties de son caractère, laisse apercevoit qu'en engageant M. de Beauvilliérs à foire les premiers pas vers elle , il se bomoit à désirer qu'elle ne fût pas un obsta^ cle , sans oser espérer qu'elle pût offrir un concours très-utile et très*actif sur des objets d'un si grave intérêt. Geportrait abrégé de madame 4e Maintenon annonce que Féoélon avoit SU; To))server et l'étudier pendpnt son .séjour à,Jla Cour; mais il savoit aussi qu'on' ne pouvoit arriver jus-

LITRE S-EPTIÈME. a3l

qa'au Roi que par elle. Si nous en croyons M. de Saint-Simon (0^ « vouloir et ifoire sur les choses » intérieures, et qui^ par leur nature, pou voient » s'amener de loin, par de^és, avec adre&se, fut ^ toujours poui^ madame de Main tenon une seule » et mâmie diose ».•

Fénélon V écrivit donc au duc cft Chevi^euse J^^^i.

Lettre de

pour représenter de sa part , au duc de Beauvil* Fénélon an

liers, tout ce qu'il devoit à sa patrie et aux en- ^"^<*®^®-

fans du prince qu'ils pleuroient^ « Je donnerois mars 17 13.

jf ma vie , non ^ seulement pour l'Etat, mais en-

» €ore pour les enfans (^) de notre très-^elier

» prince, çui est encore - plus enfant dans mon

3» c€$ur i/ue pendant^ sa mci Je^ croirois que le

» hon duc (M. daBeauvilliers) feroit bien d'aller

» voir. madame de Maintenon, et de lui parler à

» cœur* ouvert, indépendamment du refroidisse-

» ment passé. Il pourvoit lui /iure- entendre qu*il

» ne s^ agit. d'aucun intarét. direct ni indirect,

n mais de la sûreté de l'Etat, du repos et de la

» Conservation du Roi^ de sa gloire et de sa con«

» science , puisqu'il doît^ autant qu'il le peut „

» pourvoir à l'avenir» Ensuite il pourroit lui dire

OyMémoires de Saint-Simon, tom. ir, Supplément , pag. So3.

(>) Le duc de Bourgogne avoit laissé deux fils , le duc de Bretagne et le duc ê^haym : mais le 4ue de Bretagne mourut 1« S mars i7»a,'}our mâme de la dat« de. c^itte lettre.

aSa uisTOiAE de fémélon,

» tontes ses priqcipaks vues, et concerter avec » elle ce qu'il dirpijt au Roi. Je. ne propose point n ceci sur respérémce çueltf ^it l'inHnanent de ai JDieu powfai^e de grands biens ; je ne'crcdns » que trop quelle sera occupée des jalousies, des 3» délicatesses, des ombrages, des a^rsions, des » dépits et Ms finesses de femme. Je ne crains 3» que trop quelle n* entrera que dans des partis » foibles, superficiels, fl>aUeurs, pour endormir » le Roi et pour éblouir le public , sans aucune 9. proportion rn^c les besoins de l'Etat ; mais >» e^&ïï Dieu se pbdt à se servir de tout. H faut » au moins tâcber d'appaîser madauie deMainte» >i noBf afin qn elle n'empâche pas les résolutions » le$ plus nécessaires; le ban duc lui doit même » ces égards dans cette conjoncture unique, après » toutes les choses qu elle a faites antreCbis pour 31 aon avancement )».

Féaélon craignant aussi qu'une fausse mode»* tie ne portât le duc de Chevreose à se refuser d'entrer dans les mesures à prendre pour le salut n>îd. piihliCy ajouta : « Si on lait un conseil de régence , (Mawucr.) » TOUS séries coupable devant Dieu et devant {es 31 hommes si vous refusiez d'en être. Vous nous 33 trouvez le plus ancien duc d'â^e et df rang qpi 3» puisse «courir TËtat ; vttus ^av?et taut ee que 33 les antres ignorent } vous deveft infiniment au

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