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soit tomber entre ses mains ; c'est ainsi que le manuscrit des Directions pour la conscience d'un Moi fut conservé fidèlement par M. de Beauvillieï*s^ et ensuite remis par sa veuve au marquis de ♦ FenélonW-
L'événement justifia la prévoyance du duc de Bourgogne. Aussitôt que ce prince eut les yeux fermés-, Louis XIV ordonna qu'on lui remît à lui-même tous les papiers qui se trouvoient dans sa cassette, et il en fit un examen curieux et inquiet. M. de Beauyilliers , instruit de cet ordre, s'adressa à madame de Maintenon pour réclamer ses^ écrits et ceux de l'archevêque de Cambrai ; madame de Maintenon lui répondit W : « Pour LXXnr. » vous mettre rèsprit en repos, î'ai tiré des co- ^®"'^® ^,®
* * ' ' madame de
» pies de tous: vos écrits, ^t je vous renvoie tout, Maintenon M sans exception. On vous auroitgardé le secret; BLuvmiers » mais il peut arriver des occasions qui décou- à Saint-Cyr, » vrenttout; nous venons den faire une tinste (Manuscr.) » expérience. Je voulois vous renvoyer tout ce » qui s*y est trouvé de vous et de M. de Cam- » braij, mais le Roi a voulu le brûler lui-mêmem
(0 Noua avons déjà rapporté comment ce manuscrit a été imprimé vers 1734* ( ^QT'vtom. m, pag. 467. )
0) N90S /avons cette réponse de la maioi de madame deMain-K tenon. Les premières lignes sont effacées, mais elles se trouvent rétablies dans une copie que nous ayons également de la main du duc de Gheyreuse.
^36 HISTOIRE DE TtVÈLOWj
» Je vous woue (Cjue j'y ai eu un grand regret, 9 carja^mais on ne peut écrire rien de si beau et 1» de si Bon ; et si le prince que nom pleurons a » eu quelques défauU, ce n'est pas pour at^ir » reçu des conseils trop timides ^ ni qu'on l'ait 9 trop fiaXté, Ofi peut dire que ceux qui vont » droit ne sont jamais confus ».
C'est ainsi que madame de Maintenon rend enfin une justice tardive à Fénëlon. Cet aveu est d'autant plus remarquable , qu'il vient d'une femme, autrefob son amie, devenue ensuite son ennemie ; et l'on sait assez que lorsqu'un de ces sentimens succède à l'autre^ on s'irrite' encore plus contre l'objet de sa prévention, pour se jus* tifier à soi^mésae ses propres variations.
Oh voit que madame de Maintenon affecte dans cette lettre nne grande estime pour la franchise courageuse de Fénélon,*et de grands regrets snr la perte des écrits que Louis XIV venoit de brûler. Il est difficile de juger jusqu'à quel point ees regrets furent sincères.
Fénélon avoit fait sentir au date de Cfaevreufie \A combien il étoit à di^sirer que le duc de Beauvilliers se rapfMrochât de madame de Maintenon, pour disposer le Roi à adopter, de son vivant, toutes les mesures propres à prévenir
(0 Far sa lettre du 8 mars 1713. (Manmcntc.)
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les malhears qui dévoient suitre^a mort. Il ne se flattoit pas âans doute que nmdame de Matnfte^ non M « agit ni par grâee, ni même avec une » certaine force de prudence âeyée y mais il dé^ a siroit qu'on pftt s^eu servir^ comme- Dieu se » sert des pAns faibles^instrumens^ au moins pour » empêcher de certains malheurs »< ^ .
Il exhorloâl IL de BeauviUicrs ^ h lâdier de lui persuader (^) a que oe n'étoit point en épargnant » chaque jouir au Roi la vue de quelques détails » épineux e4 affligeans^ qu on trarsiUerait solide- » ment à le soulager et à le coaiserver; que tes » épines ij^esiaîtroiiBnt sur ses pas à toutes les » benres^cpi'il ne pou volt se soulager qu'en s'exéy- » cutaiDt d'abord à toute rigueur ».
. Féaiélon> l^kfn convaincu de llnsnnnontdble préventroQ de madame de Maintenons contre loi , demandoit à M. de BeauvilUers de lé sacrifier 1»»* même, pomr ne laisser ancusi ombrage stir leors rapports d*estime^.de confiafiK^é 0t 4'bpniions^ 11 exii^ûît de lui tjptUL déckrâl nettement à madame de Mainteiion (?),, a qu'il lui parloat- san& intérêt., j) ni pour ki^. m pour ses amis, sans ptéVèntiOn » et sans c^klle; qièe ^ pour ses sen timebs de réli- » gion, il n'en Youloît areir d'autre» q^e ceui du
(^yVofèt its Piêûésjustijtcàfit^s da livré sepiiéûie, û.» XÎT.
non.
a38 HISTOIRE DE FéR^LON,
» saint Siège ; qu^il ne tenoit à rien d'extraordi- 9 naire^ et qu il auroit horreur de ses amis itiémes; SI s'il apercevoit en eux quelque edt^tement ou » artifice y on goût de nouveautés »• f^^y* M. de BeauV'illiérs eut en effet un entretien
Disposition
de madame particulier avec madame de Maintenon ; il parut ™**""^" satinait deses dispositions et de son dësir de concourir avec lui y pour inspirer au Roi les mesures les plus convenables aux circonstances. L^a lettre de madame de Maintenon , que nous avons rap* portée y paroîssoit en effet annoncer de sa part un retour à ses anciens sentimens de goût et d'estimé pour cet homme vertueux. £lle n'avoit d'ailleurs plus rien à redouter de son ascendant sur le duc de Bourgogne ^ qui n'existoit plus; et il éloit assez naturel que, dans l'état de trouble^ de douleur et de consternation où tant de catastrophes venoient de plonger le Roi , la famille royale et la Cour, elle eût désiré sincèrement dé renouer avec un ancien ami ,. dont la piété ^ la droiture et la mo* dération ne s'étôient -jamais démenties. Elle se trouvoit elle-mâme isdlée^ inquiète^ incertaine , affligée du présent/ tourmentéècde l'avenir /et fatiguée de ce poids incompréhensible de dégoût et d'ennui, qui dévoroit Cette existence si enviée. Elle avoit perdu Févéque de Chartres; elle étoit mécontente du cardinal de No^tiU^s, et elle A'é-
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toit pSis encore entièrement livrée à.levéquede Meaux ( depuis cardinal de Bissy ). Elle voyoit le B.oi appesanti par Tàge, attristé par le malheur, privé de Faimable distraction que le mouvement , lagaiLé, lesgi^âçes, la complaisance et la donce séduction de madame la duchesse de Bourgogne , appqrtoient au coui:$ uniforme de ses journées , et au sérieux de son cars^ctère. Le maréchal deVil^ leroi I élevé avec Louis XI V^ et qu'une longue habitude lui rendoit d'autant plus agréable, quil n'avpit pas à en redouter cette stipériorité d'esprit, souvent plus fatigante que nécessaire à un roi dans l'intimité de la société^ auroit pu faire une utile diversion à ces longues soirées , que madame de Maintenon ne.pouvoit «plus remplir, malgré tout l'intérêt de sa conversation ; mais le marecbal ayqit cru. punir Xpuis XIV de lui avoir ôté le commandement désarmées, en s'éloignant de la Cour y et ^n n'y paroissant plus que très-rare-
ment.
. !Çnfin y madame. de Maintenon savxMt; mieux que personne y quel^ Roi avoittoujourseu autant de. goût que d'estime pour M. de Béaûvilliers ; elle avoit même épipiiivé que l'opinion qu'il avoit de sa fidélité et de* $st. probité, avoit résisté à ses insinuations et à ses attaquas, pendant les discussions orageuses du . quiétisme. Il n'est donc pas
étonnant que , dans le premier moment , madame de Maintenon ait été asseï portée à se récmir à M. deBeau'villierSy et à entrer dans seâ voes, pour le présent et pour Taveâir.
Le duc de Ghevreu^ s'etnpressa dHnstPuii^ Fé*-
nélon de cet heureux début ^ et FinVita y au nom
de M. de BesuvilHets^ à lui C6nimunî^uer ses
idées f pour travailler gur uti plan suivi.