‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 4)Chapitre 74 sur 107 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

moires, se fait sentir en lisant les mémoires dont nous allons rendre compte* Lorsque Fënélon trà* çoit un pian de gouvernement au duc de Bourgogne , tout lui oiTroit Timage et Tespérance dé la paix y de l'ordre , de la justice > de la sagesse et ^

du bonheur ; mais y en ce moment , tout lui offre la perspective efihiyante des plus grands mal* heurs pour la France : une guerre désastreuse , une paix incertaine , des finances épuisées , la nation accablée d'impôts , la nécessité inévitable de la banqueroute^ un*Roi près de descendre dans le tombeau , un enfant de deux ans appelé à lui succéder, une minorité orageuse, un régent incapable de gouverner et asservi à une femme coupable, la possibilité d'une guerre civile^ des sectaires inquiets et turbulens, un grand crime à venger, difficile à constater , dangereux à punir; telle est l'analyse du premier mémoire de Fénélon, intitulé le Roi (»).

Dans une pareille crise , une seule ressource se LXXVI. présente à Fénélon : c'est l'établissement préma- régence. turé d'un conseil de régence, mis en activité par Louis XIY lui-même de son vivant, a II n'en 9 seroit pas moins le maître de tout , observe Fé- » nélon ; il aecoutumeroit toute la nation à se

(0 Yojes les PUces jusUfkuUwes du livre septième» n.* Xlf.

5^44 bisIoihe D£ fésËlon^

» soumettre à ce conseil ; il éprouveroit chaque » conseiller; il les uniroit, les redresseroit ^ et » affermiroit ^oa œuvre. S'il faut y le lendemaia 10 de sa mort^ commencer une chose qui est de* » venue si extraordinaire ^ elle sera d'abord ren- » versée. Depuis long -temps la nation n'est plus 2> accoutumée qu'à la volonté absolue d'un seul » maître ; tout le monde couira au nouveau ré* » gent. Il ne faut pas perdre un moment pour » faire établir ce conseil. L'étonnement du spec- » tacle, le cri public , la crainte d'un dernier }i malheur, peuvent ébranler ; mais si , sous pré« n texte de n'affliger pas le Roi , on attend qu'il M rentre dans son train ordinaire ^ on n'obtiendra » rien ; il n'y a aucun jour oU on ne soit menacé }> ou dune mort naturelle et soudaine^ ou d'un » accident funeste ».

Mais y en proposant ses idées sur la composition de ce conseil y Fénélon se sent tout-^à-coup arrêté par une considération qui semble l'effrayer luimême, et qu'il n'a ni la foiblesse de dissimuler, ni la force d'écarter (0 : a Si on met dans le con- » seil de régence N..... (le duc d'Orléans), on » livre l'Etat et le jeune prince à celui qui est V soupçonné de la plus noire scélératesse ; si on

CO Voyei leg Pièces justificatwts do livre septième, ii.«XIII.

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