‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 4)Chapitre 80 sur 107 · LIVRE HUITIÈMCI, 2nj · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈMCI, 2nj

» DOitre. On sait que ce gran# et beau désir a été » dans les sages de tous les temps le sentiment de » leur noblesse et le pressentiment de leur imy» mortalité. '

» Sans doute ce désir qui né peut être rempli » que dans un autre ordre de dioses^ sera tou- » jours trompé dans celui-ci^ mais du moins. » nous lui.deypns ce que nous avons pu acquérir » de connoîssances spéculatives , et les illusions » qui ont dû s'y mêler sont celles de lamour- » propre , et prouvent seulement que la raison a » besoin d'un guide. supérieur qui lui trace la » carrière hors de laquelle elle ne peut que s'é- » garer ». • .

Des motifs m^oins purs inspirent également un grand intérêt pour ces questions aux eysprits déréglés et aux cœurs corrompus. Ils y cherchent,, non la lumière , mais les ténèbres, pour échapper aux remords de. la conscience et s'étourdir sur leurs erreurs et sur leurs passions.

La pi upart dçs écrits philosophiques, de .Féné-. Ion n'ont paru qu'agfès sa mort (') ^ il ne les avoit composés que pour répondre.àla confiance de ceux qui aimoient à ioterrogigr l'ame de.Fénélon ; une disposition naturelle nous porte toujours à lious confier à ceux, dont nous honorons la vertu.

il) Yoye« les Pièces fuêUfioaUyts du livre Imiûçine , n.» I"^

l^S niSTOIRE DE FÉNÉLOir,

"^^^ La première parité de son traité de t Existence

Traité de ,

rExisunce de Diou est la seule (|ui ait été imprimée de son de Dieu, vivant; il paroît mêine par quelques i^éflexions du père de Toumemine, dans la préface qu'il plaça à la tête de la Démonstration de l'existence de Dieu y que ce fat sans Faveu de Pénélon. Mais ceux entre les mains de qui elle étoit tombée , jugèrent que la question étant d^un intérêt si général, et la manière dont cette première partie étoit traitée étant accessible à Finteltigence du plufr grand nombre des hommes, on pouvoit être excusable de ne pas attendre le conisentement de Fauteur pour en faire jouir le public.

Les deux parties du traité de VExistencè de Dieu y n'étoient que Tranche d'un grand ouvrage, que Fénélon avoit entrepris dans sa jeu-^ nesse, et qu'il n'aclteva pas. Les fonctions qui l'appelèrent à la Cour, la controverse dit qiiiétisme, celle du jansénisme, et les devoirs de son ministère, ne lui en laissèrent ni le temps ni la liberté. Cest par cette raison qu'en n'y. retrouve point, peut-être, toute Fex^iitude et toute la J^récisiofi qu'il auroit pu lui donner^' sf il avoit eu l'intention de lé rendre publie (»)/

. (>) G^est aa sujet 4e cet ouvrage 4e ï'ënélon, que Leibniu ^crivoit : « T'ai lu avec plaisir le beau livre de M. de Cmnbrai ii sur X Existence de Dieu» tX est fort |»rôpre à toncjier hs t^

LIVKE HUITIEME. «i^Q

'Mais, malgré Tétat d'imperfection où F^nélon

Va laissé^ c( on y retrouve toujours, dit M. de La^

y> harpe, le mérite le plus rare et le plu$ précieux,

» celui de joindre naturellemenit , et par une

» sorte d'effusion spootapée, le seAtlment à la

s> pensée, méipe en tra,itapt de3 sujets qui e^igi^nt

» toute la rigueijir du ritisonnement ^ et c e^t l^t"

» tribut distinctif de la philosophie de Fénélon ;

» c'est ce qui répand sur cet ouvrage une élo-

» quence si afiectMeu$e et si persuasive. La pre-

» mière partie est un magnifî(yie développement

» de cette grande et première preuve d'un être

» créateur, tirée de l'ordre et de riiarmonie. de

3> l'univers ; preuve d'autant plus admirable

» qu'elle est à la portée du commun des hommes, 3) qui la conçoit par le plus simple bon sens, en » même temps qu'elle épuise la méditation du 9 philosophe ; cette preuve , saisie en elle-mjâme » par le sens intime , étonne et confond dans les » détails la plus haute intelligence. Fénélon n'a » fait qu'étendre et analyser ces paroles si souvent » citées, Cœli enarrant gloriam Dei; Les çi^ux

9 prits, et je voudrois qu'il fit un ouvrage semblable sur rim- » mortalité de Tame. S'il avoit yu ma Thdodicée, il auroit peut- » être trouvé quelqufs éliose à ajouter k son bel ouvrage ».

(Lettre de Xjeibmtz k M. Grimaret , 1713. Œuvres éc Leibnitz, tom. T^ p> 71 )•

Htù HISTOIRE DE FÉMÉLON,

» racontent la gloire de rEiemel. Mais c^est enr » développant cette idée que Ton sent mieux » combien elle est juste et féconde. Les plus saai^Yans scrutateurs des choses semblent n'avoir )) travaillé que pour remplir Fétendue de cette 3> idée; mais aucun d'eux , ni aucun de ceux qui » les ont devancés ou suivis, ni aucun de ceux » qui les suivront, ni tous les hommes ensemble, » s'ils pouvoient se réunir pour creuser cette idée » immense , ne parviendroient à en trouver le » terme. Les ouvi^jiges de Dieu ne sont finis que » pour lui, et seront toujours infinis pour nous. » Fénélon ne fait que suivre Cicéron dans la bril- » lante esquisse où il a tracé l'économie du monde; » mais il l'emporte sur lui dans .la décomposition » anatomique des différentes parties du corps » humain, beaucoup mieux connues des mo» » dernes que des anciens. Il sait revêtir de cou- » leurs brillantes tous ces détails scientifiques par V eux-mêmes, mais dont le résultat ofire le plus » nierveilléux spectacle ».

On reproche à Fénélon de n'avoir pas dédaî- Çué de réfuter des hypothèses au,ssi, ridicules que celles d'Epiçure et de Lucrèce siir la formation du monde, et même de s'être un peu trop étendu h en développer les extravagances et les absurdités ; mais quelle sagacité il montre en même

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