‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 4)Chapitre 84 sur 107 · HISTOIRE DB FÉNÉLON · texte numérisé non relu

HISTOIRE DB FÉNÉLON

précises /qu'elles avoient satisfait tous ceux qui apportoient de la bonne foi dans ces sortes de discussions.

Le cardinal de Noailles auroit pu absolument se borner à ne pas accepter la constitution; mais il se laissa encore entraîner à une démarche qui acheva de prouver jusqu'à quel point il étoit sorti des bornes de sa circonspection naturelle , et se laissoit asservir par le parti dont il s'étoit rendu Tinstrument plutôt que le chef. Il publia , le aS février 17 14 y un mandement par lequel il renouveloit la condamnation qu'il avoit déjà portée contre le livre du père Quesnel , le 28 septembre précédent, et défendoit en même temps , sous peine de suspense, de recevoir d^ns son diocèse la bulle Unigeniius sans son autorité. Il ofiroit peut-être le. premier exemple dans FEglise , d'un évêque qui eût défendu, sous peine de suspense^ de l'ecevpir un jugement dogmatique prononcé par le saint Siège , accepté par la presqu^universalité des évêques, revêtu de l'autorité^ du Roi, et enregistré dans tous les parlemens. .

Il est douteux que le cardinal de Noailles se fût permis un acte aussi .irrégulier , s'il eût moins compté sur la religieuse piodération de Louis Xiy, sur le crédit de sa famille, et sur l'intérêt que madame de Maintenon continuoit

à prendre à lui , malgré le peu de jdéfërence qu*il montroit à suivre ses avis et ses conseik.

Ainsi y on avoit vu en deux ans ce prélat refu« ser obstinément de condamner le livre du père Quesnel y et engager sa soumission au jugement que le Pape en porteroit; et ensuite condamner ce même livre et rejeter le jugement que le Pape en avoit porté. Par une suite des mêmes inconr séquences y il fit. remettre aux docteurs de I9. fa-r culte de théologie de Paris, son mandement du a 5 février i7i.4> par lequel il avoit défendu dereçer voir la bulle Unigenitus^ et il déclara le lendeV Biain qu'il n'avoit pas entendu les comprendre dans son ordonnance.

Au$sitpt.que la constitution Unigenitus eut été acceptée par l'assemblée du clergé et revêtue des. lettres patentes enregistrées, le Roi la fif adresser à tous les évêques de France. Cent dix évêques Tacceptèrent purement et simplement*^ douze ou treize seulement refusèrent. de Taccep* ter, ou ne Tacceptèrent qu'avec des explications. Mais ce qui est remarquable, cljest que tous ceux qui refusoient de la recevoir 9 à Texception d'un seul (i), prononçoient .en même temps la con^ damnationdu livre du père Quesnel. On pouvoit s'étonner avec raison d'une opposition si vive à

(0 L'ëvêque de Mirepoix.

344 HISTOinE DE FÉNÉLON,

un jugement qui ne faisoit, que condamner un livre quiis condamnoient eux-méihes. En supposant même qu'ils aperçussent de bonne foi des difficultés dans quelques dispositions de la bulle, comment des évêqnes, et surtout des évêques catholiques, pouvoient-^ils croire leur conscience engagée à résister à un jugement revêtu de toutes les formes canoniques. On demande à tous les esprits sages et raisoilnables si de parais motifs pouvoient mériter que des évêques exposassent TEglise aux dangers d'un schisme , et l'Etat à des divisions interminables, - , ' ^ Parmi les mandemens que publièrent les

Mandement * *,

de Fénélon évéques de France pour accepter la constitution

lUution^^ml ^^^ê^'^^^^ Celui qui obtint, sans aucune comgenîtits, paraison, l'approbation la plus générale et la plus éclatante fut le mandement de Fénélon. H fut niéme obligé d'en publier deux,' l'un pour la partie de son diocèse isoumise à la France, et Tautre poiir^a partie du diocèse de Cambrai que le traité d^Utrecht (0 venoit ^e placef*^ «ousla domination de l'Empereur, :...». .

C'est dans ce second mandement/ (^) que Fénélon s'abandonne , avec la plus Wudïfiuie effu-» sion , à tous ses ^sentimens >de vénération , de fidélité et d'obéissance filiale pour l'Eglise ro-«

(0 Conclu en 1 7 1 3. -» (*) Du 9 juin ij ^4 .

LITRE HOITlikME. 34$

ihaine; c'est là qu'on Ut cette éloquente et religiieuse apostrophe à la cbaire de saint Pierre,

fcO Eglise romaine! ô cite sainte! ô chièreet » commune patrie de tous les vrais chrétiens ! il » n'y a en Jésas*Ghrist^ ni grec, ni Scythe, ni » barbare , ni juif, ni gentil ; tout est fait un seul » peuple dans votre sein , tous sont concitoyens » de Rome, et tout catholique est romain. JuB, » voilà cette gi^ande tige qui a été plantée de la » main dis Jésûs-Christ. Tout rameau qui en est 3» détaché se flétrit, se dessèche et tombe. O » mère ! quiconque est enfant dr Dieu est aussi » le vôtre ^ après tant de siècles vous êtes encore » féconde. O épouse ! vous enfantez sans cesse à 3» votre époux dans toutes les extrémités de Tu* » .ttivers; mais d'où vient que tant d'enfans dé-^ » natures méconnoissent aujourd'hui leur mère, » s'élèvçnt contre elle , et la regardent comme » une marâtre ? D'où vient que son autorité leur j» donne tant de vains ombrages 7i Quoi! le sacré M lien dernnité, qui doit faire de tous les^peuples » un seul troupeau, iefldettous les ministres un » seul pasteur^ sera-t^l leprétexte d'une funeste >);;divisîon.?. Serions -nous arrivés à ces derniers » tetnps oii lejilsde Phomme' trompera à peine » de 4a foi sur la terre? Tremblons, mes tirès^ 9 chers frères, tremblons que le règne de Dieu j

34s UISTOIRB DE FÉNÉLONy

de Rohan et de Bissy (0 ^ qu il avoit chargés de cette négociation y étoient portés par inclination à seconder ses vues de xlduceur et de ménagement ; et le désir de plaire à madame de Maintenon favorisoit encore leurs dispositions naturelles ; ils se flattèrent assez long-temps de fixer les éternelles variations du cardinal ; mais soit indécision de caractère , soit espoir d'un cbangejnent prochain , que lage et la décadence de la santé de Louis XIY laissoient assez entre,voir , il échappoit sans cesse à ses propres engagemens et à rinfluence des sages inspirations de ses amis, de sa famille et de ses collègues les plus respectables. Sa destinée, tant qu'il vécut, fut d'avancer, de recukr et de varier sans cesse jusqu'aux derniers momens de sa vie^ il la finit par accep-

cher son nom. Madame de Maintenon répond à M. Languet :

«( Que pourroit mon intérêt auprès de M. le cardinal, pais-

> qu^il résiste au Roi son maître, son bienfaiteur, prévenu d'es-

» time et .d'inclination pour lui j qui a tout employé pour U 1» faire retenir, jusques à ses larmes et a ses conjurations, à la » mort de nos jeunes princes. Il a résisté à tout , et ^'en sait » bon gréj il est sans cesse encensé là- dessus. Il est certain » qu^il abrégera les jours du Roi , qui a le cœur serré entre sa » reli|;iôn et les droits de son royaume. Dites tout ce qu^il vous 3» plaira. Monsieur, je ne vous désavouerai pas; mais je croii » qae vous parlerez inutilement ».

CO Ce d«f nier n'étoi^t «ncore cp'çvéque de Miçaiq^»

LIVKE HUITIEME. 34-7

Ce mandement de Fénélçj^ fut en effet le dernier acte de son ministère apostolique. Fénélon n'eut {>asla consolation de voir la fin des troubles de TEglise ; mais il eut au moins celle de n^être pas témoin des scènes scandaleuses qui suivirent sa mort et ceQë de Louis XIV.

Ce prince avoit employé tous les moyens de persuasion qui et oient en son pouvoir, pour ramener le cardinal de Noailles à des sentimens «t à une conduite plus conformes au caractère dont il étoit revêtu dans l'Eglise , et à la haute piété dont il faisoit profession (0. Les cardinaux

(0 Si on veut savoir jusqu'à quel point Louis XIV porta les égards, les ménagemens, la condescendance, et même les plus tendres supplications, pour vaincre Fentétement du cardinal de Noailles, on pourra $^en faire une idée , en lisant une lettre de madame de Maintenon, du a4 février 1715, à M. Languet, curé de Saint-Sulpice, avec qui elle entretenoit une correspondance habituelle. Nous la transcrivons sur Foriginal que nous avons en ce moment sous les yeux , et qu'on a eu la bonlé de nous confier, en nous permettant d'en faire usage. M. Languet, curé de Sâint-Sulpice, s^étoit flatté un moment de pouvoir ramener le cardinal de Noailles à se réunir de principes et de sen* timens à l'Eglise de France presque toute entière. Il se proposoit surtout de réveiller dans le cœur du cardinal de Noailles le souvenir de toutes les anciennes bontés du Roi pour lui, et des obligations infinies qu''il avoit à madame de Maintenon, pour Fédalrer, puisquil en étoit encore temps, sur la honte et le danger d'un schisme, auquel il ne craignoil pas d'atia-

35o HISTOIRE DE FÉNÉLOIT,

grand avantage de rappeler Fancienne discipline ecclésiastique y de concilier tous les droits et toutes les piétentions, de respecter tous les privilèges et tous les intérêts , et d'écarter toutes les' objections.

Nous ne savons pas si ce mémoire fut demandé à Fénélon de Taveu du Gouvernement, et s'il influa sur sa décision ; il est au moins bien certain que Louis XIV donna la préférence à ft^vis qui y étoit indiqué ; il envoya même M. Amelot à Rome , pour concerter avec le Pape tous les arrangemens nécessaires pour la convocation d'un concile national en France; cette négociation éprouva de longs délais , et la mort de Louis XIV changea entièrement la face des affaires.

Ce fut dans l'intervalle des négociations entamées 'avec Rome, au sujet du concile national^ que Fénélon sentit tous les embarras de la position où les circonstances l'avoient placé. Le rang qu'il tenoit dans l'Eglise de France, Téclat de sa réputation , le rôle qu'il a voit joué dans les controverses qui dévoient être le principal objet du concile national, ne permettoient pas de douter qu'il ne fût appelé dans une assemblée composée de tous les évéques de France , et qu'il n'y obtint Tinfluence que ses vertus et ses talens

dévoient lui assurer. Nous avons mémç des lettres des cardinaux de Rohan et de Bissy qui attestent toute la confiance qu'ils plaçoient dans le secours de son intervention.

Mais moins Fénélon pouvoit se dissimuler à lui - même combien sa voix auroit de prépondé-> rapce dans le concile national y plus il se sentoit retenu par des motifs de délicatesse et ^e bienséance qui lui laissoient une extrême répugnance à prêter son ministère à la dégradation du cardinal de Noailles. Ses longs démêlés avec ce prélat avoient fait un grand éclat dans l'Eglise, dans la France , dans toute l'Europe y et il prévoyoit que la haine et Tenvie se plairoient à attribuer à la vengeance et à d'anciens ressentimens l'exercice d'un ministère pénible et rigoureux.

Nous trouvons , dans une lettre que Fénélon écrivoit à l'abbé de Beaumont, son neveu , six semaines avant sa mort y une peinture naïve et fidèle des agitations et des anxiétés où le plongeoit ce combat douloureux d'un ministère forcé, avec cessentimens de délicatesse dont une ame> telle que celle de Fénélon, ne pbuvoit s'affranchir sans de violens efforts.

« Le concile national pourra bien manquer; xvni. » mais si on le tenoit , et si j'étois convoqué selon ^éné\ou a » la règle y comme tous les autres, qu'est-ce que ^^^^^ ^^

35a HISTOIllË DE FÉNÉLONy

Beaamont, » je devrois faire? Je serois sensiblement afflige ( Manuscr.) ^ d'être Tun des exécuteurs d'un homme qui ma » exécuté autant qu'il Ta pu. Ce personnage au- » roit un air de vengeance et seroit un prétexte » de m'imputer une conduite très-odieuse. D'un » autre côté, je me dois à l'Eglise dans un sî » pressant besoin. Si je croyois que tout allât » bien , je serois ravi que tout se fit sans moi ^ » mais si le concile se trouvoit dans un grand » péril de trouble et de partage ^ où je pusse » n'être pas tout-à-fait inutile , je me livrerois, » supposé qu'on me désirât véritablement; après » quoi je reviendrois ici par le plus court chemin. » Raisonnez là -dessus avec le très -petit nombre » de personnes dignes de la plus intime . con- D fiance.. Pour moi, je vais bien prier Dieu ».

Il écrivoit sur le même sujet à un de ses amis : ce La plupart des gens peuvent s'imaginer que j'ai y^, une joie secrète et maligne de ce qui se passe ; » mais je me croirois un démon si je goûtois une ». joie si empoisonnée , et si je n'avois pas une vé-- » ritable douleur de ce qui nuit tant à l'Eglise. Je I) vous dirai même, par une simplicité de'con- » fiance 9 ce que d'autres que vous ne croiroient » pas facilement, c'est que je suis véritablement t> affligé pour la personne de M. le cardinal de

» Noailles. Je me représente ses peines ; je les

» ressens

» ressens pour lui ; je ne me ressouviens du passé » que pour me rappeler toutes les bontés dont il » m'a honoré pendant tant d'années. Tout le » reste est effacé^ Dieu merci , de mon cœur; » rien n y est altéré ; je ne regarde que la seule » main de Dieu qui a voulu m'humili^r par mi- » séricorde. . Dieu lui-même est témoin des sen- » timens de respect et de zèle qu'il met en moi » pour ce cardinal. La piété que j'ai vue en lui , » me fait espérer qu'il se vaincra lui-même pour » rendre le calme à l'Eglise et pour faire taire » tous les ennemis de la religion. Son exemple » ramèneroit d'abord les esprits les plus indociles » et les plus ardens; ce seroit pour lui une gloire » singulière dans tous les siècles. Je prie tous les » jours pour lui à l'autel avec le même zèle que 2) j'avois il y a vingt ans »«

Il paroît que plusieurs personnes d'un grand poids y sincèrement affligées du schisme qui com-* mençoit à s'établir dans l'Eglise de France, s'étoient persuadées qu'aucun évêque n'étoit plus capable que Fénélon de réunir tous les esprits par la douceur de son caractère « l'influence de ses vertus et la suji^ériorité de son génie ; elles crurent sans doute entrevoir qu'il ne seroit pas impossible d'écarter les obstacles qui le tenoient encore éloigné de la Cour, et de le placer à la Fénélon. Tom. iv. 23

354 IIISTOIILE DE FÉNÉLONy

tête d'une négociation dont le succès devoit le combler de gloire , en assurant la paix de FEglise et de FEtat ; elles imagiùèrent en conséquence de sonder ses dispositions avant de hasarder des démarches plus décisives.

Fénélon se contenta de répondre avec simplicité et modestie à des ouvertures si séduisantes pour un -cœur vertuetii, et si flatteuses pour l'amour-propre d'un homme que la gloire de jouer un grand rôle aurait pu éblouir : « J'aVoue , écri- » voit - il f qu'un homme qui aurûit le goût des » affaires y acçepteroit plus facilement lès propo- I) sitions que vous me pressez d'accepter. Maiâ je » n'ai pas assez bonne opinion de moi pour oser » espérer de rétablir la paix dans l'Eglise ^ comme » vous voulez que je l'entreprenne. Je ne veux » point faire le grand personnage que vous me

» proposez; c'est M. le cardinal de Noailles qui

» doit rétablir la paix dans l'Eglise. Je ne sais » aucun secret ; mais j'ose assurer qu'il la rétan blira quand il voudra y réussir ; elle est encore » dans ses mains. Je lui en souhaite la gloire et » le mérite devant Dieu et devant les hodimes. Je » mourrois content si je l'avois vu de loift achever » ce grand ouvrage ».

n est difficile de croire que Fénelon eût réussi à obtenir du cardinal de Noailles ce que ce prélat

LIVAE HUITIEME. 355

Bvoit refusé à Louis XIY, à madame d^ Maintenon, à toute sa famille quil cfaérissoit tendrement. On a vu d'ailleurs Textréme prévention *qu'ilavoit conçue depuis long-temps contre Féné- Ion y et que les derniers événemens avoient portée jusqu'à une espèce -d'irritation. Ainsi, c'étoit plu*

tôt un vœu inspiré par l'amour de la religion et de la paix à des hommes bien intentionnés , qu'un plan arrêté ou qu'un commencement de négociation. Il parott même peu vraisemblable que ces ouvertures eussent été suggérées de concert avec la Cour. Madame de Maintenon avoit alors donné toute sa confiance pour les affaires de l'Eglise à l'évéque de Meaux , depuis caixlinat de Bissi ; et il est permis de douter, comme nous l'avons déjà dit, que le cardinal de Bissi ait désiré l'intervention d'un collègue dont l'éclat et la réputation auroiént pu éclipser sa faveur naissante. Ce n'est pas que le cardinal de Bissi ne fît profession de la plus grande estime pour Fénélon y et n'eût même souvent recours à ses lumières ; lei|r correspondance , dont nous avons les pièces originales^entre les mains ^ nous en offre des preuves fréquentes ; maison peut soupçonner, sans un excès de malignité , que le cardinal de Bissi aimoit mieux consulter Fénélon fixé à Cambrai , que de le voir à la t^e des affaires ecclésiastiques à Versailles.

di5Q HI^TOI&E DE TÉHÈLOSf

Au reste , il n'eut besoin d'employer aucune manœuvre pour ^écarter un concurrent aussi distingué; il suffisoit d'abandonner Louis XIV et madame de Maintenon à leurs dispositions naturelles ; «lies étoient toujours aussi peu favorables à Fénélon qu à Tépoqtie oii les affaires du quiétisme avoient aigri madame de Maintenon , et où le Télémaque avoit ulcéré Louis XIV conti-e Fénélon.

Il est vrai que dans les derniers temps , on avoit ^u le courage extrême de prononcer quelquefois son nom devant ce monarque , sans retrouver sur «on visage des traces aussi profondes de l'émotion pénible que ce nom seul y laissoit d'à* bord apercevoir; mais jamais on n*en avoit obtenu une seule parole qui indiquât un retour de bienveillance ou le plus foible désir de le rapprocher de lui. Je sais qu'on a imprimé dans quelques mémoires, et même dans des histoires de Fénélôn, que Louis XIV, «n apprensSit sa mort, s'étoit écrié , avec un sentiment de regret : ce // 9 riùjijLS manque hien au besoin ». Mais nous ne voyt)ns rien dans les lettres et les papiers qui sont entre nos mains, et qui se rapportent à cette époque , qui appuie la vérité de cette anecdote. D'ailleurs, cette expression, assez vague et assez générale , pouvoit indiquer le regret de perdre

un évêque qui servoit utilement la religion^ par ses écrits y sans déceler une intention réelle de le rappeler à la Cour et de lui accorder une influence marquée dans les affaires de l'Eglise. Nous trouvons au contraire y dans nos manuscrits , une preuve bien récente de l'opposition trèsi- décidée de Louis XIV et de madame de Maintefion à le laisser seulement approcher de Paris»

Madame de Ghevry^ nièce de Fénélon^ et à laquelle il étoit tendrement attaché , tomba dan* gereusement malade dans le cours de Tannée 1 7 1 3. On ûtf à son insu, des démarches auprès du mi-^ pistre, pour obtenir de la bonté du Roi, qu'un^ oncle pût venir rendre des soins à une nièce ehérie^ dans: une circonstance aussi touchante. On étoit d'autant plus fondé a en espérer le succès , qu'iL ne s'agissoit que d'un. voyage très-court à Paris , et que les ennemis de Fénélon n'avoient plus alors^ aucun ombrage à prendre de son crédit et de son ascendant sur M. le duc de Bourgogne, qui n'existoit plus. On ne sait pas jusqu'à quel point ces premières ouvertures avoieut été suivies ^ mais od ne peut guère douter qu'elles n'eussent été repoussées avec un^e sévérité qui 4^coi^cei*t^ 1^ zèle de celuî^quiles avoit hasardées. C'est ce .qu'il est facile de repojinoitre par la. lettre que Fénélon. se crut obligé d!écrire au ministre^ poui^ désavouée

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une demajxhe indiscrète à laquelle il n'avoit aucune part ; on voit même qu'elle ne venoit point de ses amis ; ils étoient trop instruits de ses véritables dispositions y et peut-être des obstacles, insurmontables qui s^opposoient à son retour » pour ne pas s'interdire des sollicitations qui né convenoient ni aux principes de Fénélon , ni à. cette sorte de digpité qu il avoit su répandre sur sa disgrâce.

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