‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux;Chapitre 16 sur 56 · XXVI. Ce fut le jeudi i." août 169(7 î"® Louis XIV · texte numérisé non relu

XXVI. Ce fut le jeudi i." août 169(7 î"® Louis XIV

renvoyé delà ^^^^^it à Féuélon « qu'il ne jugeoit point à propos Cour. » lie lui permettre d'aller à Rome ; qu'il lui en-

» joign<Mt au contraire de se rendre dans son » diocèse^ et lui défendoit d'en sortir; qu'il pou- » voit envoyer à Rome ses défendes pour la )us- » tification de son livre ». Le même ordre lui prescrivo^t de ne s'arrêter à Paris , en se rendant à Cambrai y que le temps nécessaire pour expédier les affaires qu'il pouvoit y avoir.

Au moment même où Fénéion reçut les ordres du Roi, il écrivit à madame de Maintenon la lettre suivante. Nous la transcrivons sur la minute originale y qui est entièrement de sa main.

A Versailles 9 ce i.*' août.

xXvn. ec Je partirai d'ici-. Madame , demain vendredi, Fénéion à ' pouT obéir au RoL Je ne passeroîs point à Pamadamede » ris, si je n'étois daus l'embairas de trouver un I .^' août ' ^ homme propre pour aller à Rome , «t qui veuille ^^7- . » bien faire ce voyage, le retourné à Cambrai

(Maauscr.) ,

» avec un cœur pleiti de soumissioii , de lèle , de » reconnoissaqce et d'attacbement sans bornes » pour le Roi. ^a plus grande douleur est de

» ravoir fatigue et de lui déplaire.' Je né cesserai » aucun )Our de ma vie dé prier Dieu qu*il le » comble de ses grâces; Je consens à être écrasé » de plus en plus. L uiii4{iie chose que je demande 9» à. Sa Majesté^ c'est ,qiie le diocèse de Cambrai, » qui est innocent , ne souffire pas dés fautes qu'on » m'impute. Je ne demande de protection q^^ » pour l'Ëglise^ et je i>orae même cette protec->^ » tion à n'être point troublé dans le peu de bonnes » ceuvr^ que ma srtùaition présente ine peranet » de faire pour remplir les devoirs de pasteut-.

» n ne me reste , Madame , qu'.à vous deman^ » der pardon de toutes les peines que je v^us ad » causées. Dieu sait combien je les ressens ; je ne » cesserai point de le prier, «fin qu'il rein|disse lui » seul tout votre cœur. Je serai toute ma vie aussi » pénétré de vosahciennesjiontés, que si je nç les » avois point perdues ) et>mon attadiemeiçit res- » peotueuz pour vous. Madame, ine diminuera » jamais ».

En lisant celte lettre , .dont iihaque ligne respire un sentiment ai doux et si tend]?e de ^me^ de courage «et dé résignation , on se r^résentfî facilement l'efifet qu'elle dut produire NSiir ma-^ dame de Maintenon.-.GetteJettre, en lui rappelant tous ses anciens sentimens pour Fénélon , ne lui permettoit pas de se dissimuler toute la part

(SB &I8TOÏRE DE FÉHÉLOK,

qu elle avoit à ses disgrâces actuelles. Il étoit difficile qu'elle n'accordât pas de Fintérét et de Testime à un homme, dont le tort le plos grave , au moins dans Forigine , provenoit d*ane excessive déUcatesse en amitié , et qui consentoit à sacrifier tous les honneurs -et toutes les espérances de la phis brillante fortune à un procédé fidèle et ]généreiiit,' ou plutôt à des motifs de conscience qu'il s'exagéroit trop à lui-même. On ne peut clouter en efiet , que cette lettre n*ait laissé pendant long-demps une impression profonde de tristesse dans Tame de madame de Maintenon.

Elle nous apprend (i) que sa santé en fut affectée^ et qu'elle n'en dissimula pas la cause à Louis XIVi. ^e prince en parut d'abord blessé; mais il ne put s'empêcher de lui dire , en voyant son affliction z « Eh bien , Madame , il £mdra donc que nous 3» vous voyions mourir pour cette afiaire-là » ?

Dès le 26 juillet, six jours avant Texil de Férnélon, Louis XIV avoit écrit de sa propre main^ au pape Innocent XII , une lettre rédigée par Bossuet. Lé Roi dénonçoit au Pape le Uyre de Tarchevéque de Cambrai^ comme très-mouyais et trhS'dangereMiX ; comme déjà réprouve par des éyéçues et un grand nombre de docteurs et de savons religieux; il a|outeit que les explica^

(0 Satretieiis de madame de Maûktenoi^

tiom offertes par Varchepéque 4e Cambrai n'é* fuient pas soutenables; et finissoit /^ar o^^rer fo Pape quil emploierait toute son autorité pour faire exécuter ht décision du saint Siège.

Le 6 août 1697 , les trois prélats (le cardinal de dPfoailleSy Bossuet et Tévéque de Chartres) signèrent une déclaration de leurs sentimens sur le lipre des Maxime^ des Saints, et la remirent. h lendemain 7 août ^ avec Fautorisation du Roi. entre les mains de M. Dèlpkisii ^ nonce du Pape. Cette déclaration, qui avoit été extrêmement adoucie par le cai^dinal de Noailles et Févéque de Chartres y s'exprimoît en général avec toutes les formes de la décence et de la modération^ On est seulement fâché d'y retrouver, parmi les. propositions dénoncées, celle du trouble ihvo* lontaire de Jésus-Christ (0, proposition qui n'appartenoitpas véritablement au livre de Fénâon^ qui n'y avoit été insérée en son absence que pac une méprise de Fimprimeur ; , proposition que Fé<T nélon désàvouoit hautement, qu'il censuroit avec, la méoae sincérité que les trois évêques, et qu'il ne paroissoit ni juste ni convenable de repin)duire parmi les chefs d'accusation qu'on 4irigeoit contre lui. 4.

(0 La partie inférieure ( de Jésus» Christ) ne OQmmuniquoit â la supérieure r^ son trouble involontaire j nises défaUlar^ces sen" sibles, (Prop. i3, condamnée par le bref dlnnacent "SJl*)

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