‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux;Chapitre 17 sur 56 · O HISTOIRE DE FÉNÉLON · texte numérisé non relu

O HISTOIRE DE FÉNÉLON

Fénélon ne s'étoit arrêté que vingt - quatre heures à Paris, comme il Favoit annoncé à ma* dame de Maintenon. Au moment d'en partir pour se rendre à Cambrai , il jeta un regard d'intérêt et d^attendrîsseinent sur Saint<-Sulpice , qu'il ne devoit plus révoir, et où il avoit passé les années les plus heureuses et les plus paisibles de sa jeu* nesse. Un setitiment délicat lui défendit de s'y montrer; il craignit d'entraîner dans sa disgrice( le supérieur de cette utile et respectable société* Ce fut par le même motif qu'il évita , pendant toute l'instruction de son procès à Rome , d'entretenir aucutie cori^spondanceavec M.Tronsori* Voici la lettre qu'il lui écrivit le joiir n^ême qu'il partit pour Cambrai.

XXVHI. ce Je m^abstiens , Monsieur , de vous aller em-

Letvo de .

Fénélon à * wasscr pour ne Vous <îommettre en rien* Je M.Tro»son, ,, yQ^g révère et vous àimi^trop, pour ne pas mé-

a août 1697. 1

( Mj^nusçr. ) ^> naget vos intérêts et ceux de votre ccmimunau té 3) plus que les miens. On ne se contenté pas d'at-* » tàquier îhéto livre, an n'oublie rien pour noircir » ma personiie. M. l'archevêque de Paris, qui A témôignoit avoir de si botines intentions, parle 3» comme M. de Meau^, et assure qu'il travaille

» inutilement depuis quatre ans. (0 de mes er-

» réurs, et que fen ai eu de beaucoup plus gi*andes

(>) Il y a un mot d'oublfé ékna k lettre mabuscrhe de Feue*' Ion , xieBt «aiM dout^ idme ddnAuser»

LITRE THOISIÈME. <J I

» que mon livre. On laisse entendre que ce fond » d'anciennes erreurs que je cache sous d^ tei^mes » adoucis y est ce qui oblige les évéques à me tenir » une rigueur qu*on ne tiendroit.paa à un autre, » pour m'obliger à me rétracter, et px>ar rejeter » toute explication. Je sais même que M. de Paris » entre dans cette accusation y, et qu il doit écrire » au Pape, de concept avec MM. de Meaux et de » Chartres, qu ils sont obligés en conscience de » m'accuser devant lui comme un homme qu ik » connoissent depuis plnsiem&anniées dans toutes 3» les erreurs du quîétisme. Vous saves,. Monsieur, >» que f ai déposé entre vos mains m^ écrks orir 9 ginaux du temps où Ton prétend que j étois si » égaré ; je n y ai rien changé depuis. Slls ne vous T» paroissent pas suffisais pour me justifier, ayez » la bonté de me faire savoir ce que vous, trouvez » qui y manque. Lesextraits de saint Clément: et » de Cassien donnèrent ces préventions k M« de » Meaux, qui nfavoit jusqu'à ce temps-là jamais » rien lu de saint François de Sales ^ ni de&aujtres 9 auteurs de ce genre*. Tout lui étoit ntairv«au ; » tout le scandalisoit ; les passages que je citois, » et qui sont excessifs dans saint Clément et dans »^assien, luiparoissoient ma doctrine, quoique » j'eusse dit en les citant qu il feUoit en rabattre » Ixeaucoup selon les mystiques raisonnables.

» Voilà; Monsieur, la principale affaire du temps a> présent. M. de Meaux dit que mon livre n'est )» pas conforme à mes explications , et que mes » vrais sentimens sont encore bien plus mauvais » que ceux que f ai exprimés dans mon livre. Ce s> que }e souhaiterois, si cela ne vous commet » point y c'est que vous eussiez la bonté de rendre D à M. Févéque de Chartres un témoignage précis » surles faits. Je m'en vais à Cambrai/ d'où j'é- » crirai à Rome. Je répandrai ma lettre pastorale, » et j^écrirai peut-être une lettre douce et simple 9 à M. de Meaux pour éclaircir les choses de pro« ». cédé et. de doctrine , dans lesquelles il me re- » présente comme tmjanaiitfue, et un hjrpocrite. » Priez Dieu pour moi y Monsieur, j'en ai gi^and » besoin dans mes souffrances , et aimez toujours » .un homme plein de tendi*esse , de confiance, de » reconiioissance.et de vénération pour vous ».

C'est en ce moment qu'on voit s'établir enti*e deux grands évéques cette^ trop mémorable controverse , dont le chancelier d'Aguesseau nous donne une juste idée par un parallèle aussi ingénieux qu'intéressant.

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