‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux;Chapitre 21 sur 56 · LIVRE TUOISIÈilE; i3x · texte numérisé non relu

LIVRE TUOISIÈilE; i3x

prétendues intrigues des partisans de Tarchevéqne de Cambrai, de frapper ses parens et ses amis les plus chers , pour intimider tous ceux qui aiû*oient été portés à lui accorder leur appui, et d'annoncer à toute I^urope que la disgrâce de ce prélat étoit irrévocablement prononcée. L'abbé Bossuet consacroit toutes ses lettres à provoquer ces mesures violentes^ « Qu'est-ce que Lettre de » te Roi attend, éerivoit-il à son oncle* pour ôter ^ ^ ^^':

' ' r 8uet, 20 mai

3* à M. de Cambrai le po^éceptorat? Ypus ne sau- i6<^- » riez trop dépécher œ que vous avez à faire i contre M. de Cambrai »•

11 mettoit le même acharnement à diffamer la personne de l'archevêque de Cambrai, qu'à détmire son crédit. « Il ne fieiut pas bésiter-d'envoyer ibid. » tout ce qui fait connoitre l'attache de M. de i^marsiCgS. 3» Cambrai pour madame Guyon et le P. Lait ^ combe, et leur doctrine sur les moeurs^ Cela est » de la dernière conséquence ».

La passion des ennemis de Fénâon les porta XLIX. lusqu'à" fouiller dans les livres les plus obscurs et rijucu^rcra^ les plus ^gn^brés, *pour lui chercdier des crimes. ^^ F^nélou. Le fameux Bumét , depuis évéqua de Saiisbury , a^oit fait imprimer à Amsterdam, en i688, un petit livre où il disoit : «.LesQuiétistes ont en » horreur les superstitions romaines, et ils veu- » lent les ensevelir dans l'oubli , en ne les ensei- » gnant et en ne les pratiquant point, aussi bien

l3a HISTOIRE DE féhélon,

S) que Tabbé de Fénéion ». Cétoit au sufet d'un chapitre du Traité de V Education des filles, publié cette même année 1688, par Fabbé de Fëné^ Ion, et qui n*avoit aucun rapport à la doctrine des Quiétistes. On àe hâta d'envoyer à Aome ce petit livre, comme pièce de conviction contre Fauteur du livre des Maximes des Saints ; et Fabbé Bos* suet enchanté, écrivoit à son oncle (0 : k J'ai été » ravi du petit livre touchant M. de Cambrai; il » y est nommé, et bien nommé, et cela fera ici » un effet terrible contre lui ».

On sera peut -être curieux de savoir à quoi aboutit le terrible effet de cette ridicule accusation. Fénélon répondit (^) : ce Quen 1688, il ne » connoisâoit pas seulement madame Guyon , »* qu il étoit même alors prévenu contre elle ïur » des bruits confus ; que lui-même n'étoit connu » à cette époque dans le public, que par ses deux » traités de l'Education des Filles, et du Minis" » tere des Pasteurs; que ces deux ouvrages, bien » loin* d'élever des soupçons sur la pureté de s» » doctrine , avoient contribué à JGxei^ le choix du ^ Boi sur lui pour la place de précepteur ».

Choix qui avoit été applaudi de la manière la plus forte par Bossuet.

Mais une réponse bien plus tranchante, et qu'il

(0 II février 1798.

(>) Réponse aux Ronarqnes de M. Téyéqae de Meauz.

Page 1