‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux;Chapitre 32 sur 56 · LIVRE TROlStÈMS · texte numérisé non relu

LIVRE TROlStÈMS

dan$ le public, que tous les partis le rédamoient auprès du Pape pour leur arbitre ou leur juge, ce Le cardinal Albani 4f.oit y dit Tabbé Phén lippeaux (0, sage, réglé, affable, habile dans » les belles- lettres et l'histoire ecclésiastique. » Cétoit un homme mélancolique et profond, » qui avoit beaucoup de dextérité et de manège » dans les affaires , fertile en expédiens , se mé-. » nageant avec tout le monde, honorant les gens. » de lettres, très-zélé pour la gloire, les intérêts » et la grandeur du saint Siège : il étoit estimé à » Rome pour un politique »* Cet éloge, déparé seulement par quelques traits vagues et équivo* ques , est d'autant moins suspect dans la bouche de Fabbé Phâippeaux , qu'il ne pardoDinoit pas au cardinal Albani les dispc^sitions favorables qu'il montra pour l'archevêque de Cambrai, dans la rédaction du décret.

Le Papô avoit surtout afiècté d^exclure , de cette commission, le cardinal Casanate, parce qu'il étoit instruit des relations particulières qu'il entretenoit avec l'abbé Bossfuet , et qu'il l'avoit toujoai's entendu opiner dans les i^ngrégatîons de la manière la plus rigoureuse dMtre le livre des Maoèimes des Saints. Innocent XII voiiloit imprimer à son décret un caractère de modéra-^

(0 Relation du Qaîétismc.

a36 HISTOIKË DE FÉNÉLON,

tioa et d'impartialité propre à lui concilier la sou* mission de toute TEglise , et l'assentiment libre et volontaire de celui même qui devoit y lire sa condamnation : c'est ainsi que* dans le moment même où Innocent XII se voyoit obligé de rem* plir un ministère de rigueur , îl cherchoit à combiner, aveerintérét le pliis touchant, les formes les plus douces pour ménager l'honneur et la personne de Fénélon.

Mais le cardinal Âlbani fut le premier à représenter au Pape tous les motifs de justice et de convenance qui dévoient faire admettre le cardinal Casanate au travail que Sa Sainteté avoit daigné lui confier; que l'exclusion affectée d'un membre du sacré collège , que son âge , son ancienneté y sa longue expérience dans toutes les questions de doctrine appeloient naturellement à un pareil ministère, paroîtroit déroger aux principes de justice et d'impartialité que Sa Sainteté vouloit manifester.

Le Pape ne se rendit qu'avec répugnance aux

représentations du cardinal Albani ; et tell& étoit

la tendre affection qu'il avoit conçue pour Féné-

lon , telle étoit l'espèce de respect dont il vouloit

Lettre de l'environner dans son malheur, « qu'il fit une dé-

Tabbé Bos- j, marche que jamais pape n'avoit faite. Il envoya

1699. )) l'assesseur et le commissaire du Saint-Office à

LIVEE TROISli:ME« âSj

» tous les cardinaux , pour leur recommander » de traiter avec douceur la personne de M. de » Cambrai y et de Fépargner en tout ce qui n'é- » toit pas essentiel : en un mot , il s^expliqua de i> manière à leur faire entendre qu'on lui feroit D plaisir de ménager ce prélat autant qu'il seroit » possible ». .

Il fit plus encore (0 : « il chargea le commis- » saire du Saint-Office de passer chez le cardinal » Casanate en particulier^ qu'il savoit le plus mal » disposé pour l'archevêque de Cambrai , et de » lui recommander^ de sa part, de réfléchir se- >i rieuçement , sous les yeux de Dieu , sur le dan- » ger de compromettre l'Eglise romaine , de bien » consulter sa conscience et de n'avoir nulle » autre vue ».

*Les cardinaux Noris, Ferrari et Albani s'é« toient déjà assemblés trois jours de suite pour minuter le décret. Ils étoient convenus (2), « i .0 que » le décret seroit rendu sous la forme d'un sim- » pie bref et non d'une bulle; a.^ que le bref ex* » primeroit que le Pape ne prétendoit pas cori" » damner les explications de VauJteur du li^re » ( non intendimus improbare explicationes au-* » toris)\ 3.0 qu'en rapportant la proposition du » trouble involontaire de Jésus-Christ ^ on énon**

(0 RelatLODL deTabb^Phélippeaux. «^ (*) Idem.

a38 HisxainE de fésélov,

» ceroit que Titutètu* Favoit désavouée comme » n appartenant pas à son texte ( quam tamen >i propQsitiQnemneg€U autoresse suam): on avoit » eu enfin l'attention y dans le projet de bref, de 3» ne nommer ni le livre ni Tafuteur ».

Mais aussitôt que le cardinal Casanate se vit admis au nombre des rédacteurs , il voulut signaler son influence en rejetant tous les menagemens que ron avoit cru devoir observer pour la personne de l'archevêque de Cambrai. L'exclusion m.ome&tani^e qu'on lui avoit donnée n'avoit servi qu'à l'exaspérer. Il insista avec chaleur pour que l'on insérât , à la tête du décret , tout le frontispice du livre de YExplication des Maximes des Saints; qu'on supprimât la clause qui portoit : Qu*onn*entendoit improuver les explications produit par Tàuieur; et celle qui énonçoit : Que Içi proposition du trcuBJe involontaire n'appar^ i^enoà point au livre. Les cardinaux Noris et Ferrari se rangèrent h. son avis , et le cardinal AIboxii fiersistai^ans spa sentiment^ mais le cardinal Casanate protesta qu'il nç stgoeroit point la rédaction du décret, ^i on ne lui accordoit ce qu'il de^^dandoit.

Xie Pape, mstrdirt.de ces nouvelles difficultés, indiqua^ le '3 mars t&g§ , unci ^scmgrégation extraordinaire de$ cardinaux poxir pbei^cher k les

concilier. Xes cardinaux Casanate et Albani exposèrent les motifs de leur opinion sur les points de forme qui les divisoient encore ^ et Favis du cardinal -Casanate prévalut du copsentement du cardinal Albani lui-même.

La congrégation des cardinaux ayant donné sa sanction au projet de déci^t minuté par les cardinaux Casanate , Noris^ Ferrari et Albanie il sembloit que cette longue controverse y discutée depuis dix -huit mois avec un appareil dont les annales deTEglise offroientpeu d'exemples , alloit enfin être terminée par le jugement du Pape ; mais il survint tout*à-coup un incident imprévu qui pensa rendre inutiles tant d'écrits y tant de discussions et tant d'examens. Innocent XII mon-- IXXXI. troit une douleur si profonde, Une répugnance si veutpronon-

marquée à condamner Fénélon , qu^on crut pou- ^^ ^* canons a.u lieu voir lui proposer un plan qui paroissoit devoir a une ceasu-

assurer la vérité et la pureté <le la doctrine de '* ^^ ^'^^' l'Eglise sur les matières contestées , et épargner à son cœur paternel la douleur de flétrir un archevêque que ses grandes qualités et ses malheurs sembloient avrâr rendu encore plus re^ectable dans toute l'Europe. « On lui présenta ^ouze ca- » nous (t) qui renfermoient la doctrine de l'Eglise » opposée à celle de Molinos et des <Juîétistesj

10 Relation de Fabbé Pbëlippeauz,

a^O HI5T0IKE DE FÉNÊLOU,

H et OQ ajouta que cette exposition delà doctrine » catholique feroit honneur à son pontilicat et u au saint Siège ; qu'elle mettroit la vérité à cou- » vert sans flétrii- la réputation de l'archevêque » de Cambrai qui souscriroit volontiers à ces ca- » nous ; qu'en suivant ce projet , on pourroît se n contenter d'une simple prohibition du livre, et M que tout le monde seroit content u.

Innocent XII saisit avec avidité nue proposition qui remplissoit tous les vœux de son cœur et qu'il croyoit propre à remplie toutes les vues de sa sagesse ; mais il ne voulut pas s'en rapporter à ses seules lumières; il consulta le cardinal Ferrari, l'un des membres les plus éclairés du sacré collège , et qui avoit toujours montré une grande modération dans les congrégations des cardinaux. Le cardinal Ferrari répondit au Pape (0 « qu'il » seroit avantageux , si l'on pouvoit trouver M quelque moyen doux pour terminer l'alTaire; » que Sa Sainteté pouvoit ^e comporter ou en n père en donnant des règles, ou en juge en proa nonçant une sentence. Il demanda du temps » pour penser st?rieusement à ce nouveau projet, M assurant qu'il ne troraperoit pas Sa Sainteté' », Le Pape, satisfait de voir qu'un lioiumi; aussi generalemeut eslîmé que le cardinal Ferrari pa-

roissoit

LITRE TEOISIBMB* a4<

roissoit goÀter son plaa, convoqua ^ ie jeudi

'5 mars /la congrégation des cardinaux ^ fit lire

en sa présence- les douze canons^ et ordonna

qu'on en délivrât des copies à chaque cardinal»

Cette nouvelle inattendue se répandit dès le soir même dans toute la ville , et elle plongea Fabbé Bossuet dans la plus profonde. douleur .U se hâta d'expédier un courrier extraordinaire au cardinal^e Noailles et à son oncle , en leur annonçant que tout étoit perdu si le projet des canons étoit admis ( car dans Topinion de Tabbé Bossuet y tout étoit perdu si Tarohevéque de Gam« brai n'étoit pas condamné). Sa dépêche portoit qU'il étoît absolument nécessaii*e y dans une cùrconstance aussi urgente^ que le Roi s'expliquât dans un langage encore plus impérieux qu'il ne l'avoit fait jusqu alors , et laissât entrevoir les suites les plus effrayantes pour la Cour 4^ Rome.

Après avoir expédié ce courrier ^ dont le re^ tour étoit encore éloigné, il s'occupa à exciter les cardinaux contre le nouveau projet qu'on venoitde soumettre à leurs délibérations. Ce fut l'objet d'un mémoire que l'abbé Phélippeaux rédigea en quelques heures ; dès le lendemain , 6 mars/il fut traduit en italien et remis à tous les cardinaux de la congrégation. Si on élague de ce mémoire tout ce que la prévention ou l'esprit de parti pouvoit F]É»ÉL02f. Tom. u. i6

14^ HI»VOIRE Sti ^Énthùffy

avoir inspiré à Fafefeë Pb^ppeaox , il est certain

qiÊtii y av^l menfiirmë'y avee autant de précision

qaiê de jusiessa (') , les^ cociskiéititions les pins

fortes ponr Remontrer tous les mconTëmens de ce

wùtMXiU^ projet de csmemê*

Lxxm. * Le Pape avoit îndKqui^ an 8> mars la con^éga-

naux'sTdér *^®* ^ canfiwa»x, pour qu'ils eussent à cÉâi-

clarent con- bérer sut tes douze canons qu'il tem avoit pro-

e ceproje . py^^.^j||^ }^ séaucé du S. Les> cardinaui, aprè$

smÀt précédé à une seoende lecture , counaeDcè*' reol par éâHkértv %i, avant de discuter les canons en eux-^mâmesy il ne coavenoit pus d'abord d'exa* nîaer ^il ëtoit exp^dient^ faire des canons^ Le cardinal Casanate fut celui qui se dëdarn le plus fixrtemant contre ce projair il éUiik facile eu effet défaire apercevoir le&ooniéqnences. âcheuses qui deVoient en» résulter : il obeeira qu'ion ne ferœt que doBper oûK^ertnre à de nourrelies contesta** tiens^y sans termizier aucune dé ceHes qui s^étoient déjà ékvées), et sur lesquelles oo attendoii depuis dix-huit moU «ne dédsion sclennelle ^ qu'en considérant lès d&sposiitîons du Ro», et le crédit dont h» trois prâats jmussoienl k la Co«r et dan& le d»Tgéy îi étoit â| craiiidre qu'on n'adoptât eu France quelque mesure extraordinaire ^ capable de rèmpve ta bonne harmonie qu'oa avoit eu tant

de peine à rétablir ; qtte tout devoil faÎFe espérer queFarcbevéquede Cambrai, dont on connoissoit là piété ef là ^«ittiisdion àAùhte à FEglise^ cônfir* merbit , pdr uB€f g&iérea^ résignation , les éDga<' gemens qu'il aVûitpris*

Dés c6nisidéfatk»ns aussif justes et aussi sages prévalurent dân» Fe^pi^it des cardinaux ; ils se réunirent présqtl'unanimement à penser que le projet dés canons étoit inadmissible dans les circons* iattces présentes ^ et iU chàtgèreat Fussesseur du ^ Saint- OlSSce de rendre compte de leur vœu à Sa Sainleté.

Le méïBoiire fîilniinant que Louisi XIV adressa au Pape ^ et qui n-arrivaf à Rome qu'après la GOnekisidn dé eèlfte grande a&iire, dut montrer scùx dÉneàiùàML et au Pape k quel point on avoit réu^i à prévenir ce^ ptrince contre FafrdievéquQ ^eCambriâ*

é Sa Mà]ésl^ appve&À f a^ec élomtemeht et LXXIV. jiavee douieur (u^ quraprea toutes ses instances LouisXlYau )» et après tantde promesse^ de J^ Sainteté^ réité- l^ap^* »rées par son ilonce^. de couper prompteinent M^jnsqu^àla raciile, par une décision préii^ise, le » mal ^im fait dan$ tsoul son rojraume fo livre de ^ l'arohei^ifuede'Caniiraiflotsqa» tant sembloit » tisrminé et- que ce livre éioit retomm rempli

(0 GEiivreâ de Bôssuet ,.totQ. xv. J^àit. de dorft D'^/brir.

i> d* erreurs, par tant de congrégations de cardi- » naux et par le Pape lui-même , les partisans de » ce livre proposoient un nouveau projet qui ten« » doit à rendre inutiles tant de délibérations et » à renouveler toutes les disputes.

:o Le bruit répandu dans Rome^ de ce projet ^ » le fait consister dans un certain nombre de ca- » nous qu^on donneroit à examiner aux cardîil naux y dans lesquels on établiroit la saine doc* » trine sur la spiritualité , laissant le livre en son » entier.

» Cette discussion I plus difficile que toutes » celles qui ont précédé sur la censure des propo- » sitionSy ou se feroit précipitamment et sans 9 Texactitude requise dans un ouvrage si délicat , » ou rejeteroit cette afiaire dans de nouvelles lon- » gueurs dont on ne sortiroit jamais; et cepen* » dânt le mal, qui demande les remèdes les plus » efficaces et les plus prompts , iroit toujours en ^ » augmentant comme il a fait ^ jusqu'à Tinfini. » On verroit naître tous les jours de nQ^velles » diffictdtés et de nouveaux incidens^/^ar lessuè- » tiles interprétations d'un espritfécond en inyen" A tiens j comme ilparottpar tous ses écrits.

» Ainsi y loin de terminer par un seul coup, en » prononçant sur le livre et sur sa doctrine^ » comme il a été tant de fois promis^ les disputes

tlVR]^ TROISIEME. 34s

» qui mettent le feu dans son royaume j Sa Majesté » les verroit croître sous sesyeux, sans que le Pape, » à qui il a eu recours avec une sévérence et une » confiance filiale, daignât y apporter de re- » me de.

» Ce qui étonné le plus, c*est qu*on ait ce mé^ » nagementpour un li^re reconnu mau^fois etpour » un auteur qui voudroit se faire craindre , en'- » core quil ait contre lui tous les évéques du » royaume et la Sorb<fnne,.dont deux cent cin** )> quante docteurs viennent encore d'expliquer » leurs sentimens.

» Sa Majesté ne peut croire que, sous un ponft tificat comme celui-ci , on tombe dans un si » fadieux afibiblissement ; et l'on voit bien que » Sa Majesté ne pourra receifùir ni autoriser » dans son royaume que ce qu'elle a demandé » et ce qu'on hd a promis : savoir, un jugement » net et précis sur un livre qui met son royaume » en combustion j et sur une doctrine qui le di- » vise; toute autre décision étant inutile pour yi finir une affaire de cette importance et qui » tient depuis si long-temps tfiute la chrétienté » en attente. Il est visible que ceux qui proposent » ce nouveau projet , à la fin d'une afiaire tant » examinée, ne songent pas à Tlionneur du saint' » Siège, dont ik ne craignent point de compro^

Q^6 HISTOIRE DE TÉJXÈLONf

n mettre Y^ntoriié dan$ uiei ajbimede difficultés, » iaai$ i5$ii)emejit ^ «^uvw un litre déjà reconnu » digne de cepsuir^»

)» U seroit douloureux à $a Majesté de voir » naître parmi ses sujets un nouveau schisme, » daujS le temps qu'elle s'applique <le toutes ses D forcer à ^^teindre celui de Calvin i ^t si elle *voit » prçhngpr, purd^s ménag^.men^ qu'on ne eom- 9 prend pftfi, une affaire -qui paroissoit être a sa ^fiujf pllesa^ra ce //uelUf 4ura U faire etprenr 1» dra des résolutions eonvenables ; espérant tou* » jours néanmoins que Sa Sainteté ne voudra là pas la réduire à de ^i fâcheuses extrémités d. I ^ Si nos l^ct^urs 9e ^Qnt familiarisés av/ec le langage ^t Iç 9tyl^ de'P^^suet dans cette cputroyerse, ils auront p^ I9 retrouver dans le mémoire . que BOUS venpiiç d0 tr^pw^'w et auquel, Louis XIV ne fit que prêt^r-pon nom W.

Ce mra^ire n'ei^t ^u reste aucune, influence sur la décision du- Pi^e ; elle était déjà prononcée lorsqu'il p^yipt à Rome.

Xi'açsessenr du $aint-OISce étant , venu rendre coinpte au Pape ^e la délibération de^ ^rdi^

Fabbé^^Bos- ^^^^ ^^°^ ï®"^ ^ance du 9 mar^ ,, Innocent XU suet, du lo pç^rut éprouver quelque pein^ 4e voir rqet^%

mars 1699*

(>) fiossuet en éonrient hii-m^im^ éwà sa Ziéttré a son nèreu ,.

aussi uBanimement , un projet qu'il croyoit i^ga^ ,. kmeat propre à assuré la saine doctrine at^à , mettre à couvert la réputation d«n aivob^^piâ^d recommandabile (0. lyiais œ pontife étoit troA judicieux pour résister au $eniiment unanime des cardinaux tçuUl ayoit appelés ba^métnfi au p^r* tagp de sa AoUidkid^ pe^si^reh^ tl ^iv'doniia ;eià eonséopienéê «.rafsesseur defKMler, dèsie lea*^ demaiQQmam, à. tous tes cardinaux^ le Mpnojefe de décret 9 e!t«dindifipier one oongn^alion extiaordiiiair^ paur te mercredi x t jnara^ <in y fit une nyouvelte et. dernière lecture dn bce£ ide condamnation dn liirre de ÏExpUcation deû Maximes des Saiàis.,ïje Pi^ avoîtloiten même temps distribuer des ttnmânes. et tirdoncier des prières pubtiques dans tontes tes i^^ses de Rome^ pour ii^plorer le$ lumières dn Saint-Esprit, et pour annom^er tonte la sdlemnité d'un jogement iflO|)artant dana T^idre de la rdigion.

Eaifin, lefeudi i2r mars 1699^ te Pape, après LXXV. avoir dit b messe de grand matin., se rendit dans çô„^a^* g j^ la diapeUe d& son palab de ,Mante-^awilIo, où livre de Fé* tous tes cardinaux de la congrégation du Saint- Office étoient assemblés; ony lut, selon tes formes ordinaires^ le décret convenu ^t arrêté, et te Pape te signa. Il fut imprimé te jour nicme , publié

(') Voyez les Pièces justificatiyes du îiyre troisième, ii.« IX.

2l48 HISTOIRE DE FÉHÉLOlfy

elaiEàché, selon Fusage^ dans les principales places de Rome. Le cardinal de Bouillon et l'abbé Bossuet dépéchèrent des courriers extraordinaires pour en porter la nouvelle au Roi et aux trois prélats. Ce décret étoit rendu sous la simple forme de bref (Oé ïlexposoit^ dans un précis très-simple et très-abrégé y ce* qui s'étoit passé à Toccasion des bruits répandus en France sur la mauvaise doctrine de ce livre , de Texamen qui en.avoit été fait d'après Tordre de Sa Sainteté ^ par plu* sieurs cardinaux et théologiens. Le Pape, dédaroit ensuite : « Qu'après avoir pris les avis de ces V- mêmes cardinaux et docteurs. en théologie , il V condamnait etréprouvoitj dé son propre mon;- » uemfmtj le livre susdit , en quelque langue. » et version, que ce fût, d'autant que> par la n lecture et l'usage de ce livre, les fidèles pour^ yi- raient être ip) insensiblement, conduits daps » des erreurs déjà condamnées par l'Eglise ca-^ » tholique ; et aus^i comme contenant des pro- » positions qui, dans le. sens des paroles, ainsi. »< qu'il, se présente d'abord , et selon la suite et

(') Voyez les Pièces justificative* du livre troiâèine, n.^ X.

(*) Dans la tradacdon de ce bref, imprimée tome xy de Fédi* tibn des OEùvi^s de Bossnet de dom Dëforis, on a mis peuvent éire^, an lien de pourroiem être, Cfe qui Ibrmenn sens différent dans le style des ceosores, v

» la liaison des sentimens (0^ sont téméraires, »; scandaleuses^ mal sonnantes , offensives des ». oreilles pieuses , pernicieuses flans la pratique »-et même erronées respectivement »/ Le bref rapportoit ensuite vingt -trois propositions extraites du livre des Maximes des Saints; le Pape les . déclaroit soumises respectivement aux qualifications énoncées. Le surplus du bref exprimoit les dispositions d*usage pour les livres condamnés. Non-seulement le Pape et le plus grand nombre des cardinaux s'étoient refusés à comprendre. parmi les qualifications celle d*Aérétique et même celle d'approchante de Vhéré^ sieWy mais ils avoient rejeté, la clause usitée dans ces sortes.de décrets^ qui condamne au feu les livres censurés.

Dans le premier moment , Bossuet fut si satis^ fait d'avoir obtenu la condamnation de l'archevéqnede Cambrai ; il avoit observé si sensiblement combien on commençoit à se fatiguer à Versailles de cette interminable discussion , et avec quelle impatience le cardinal de Noailles et Tévéque de Chartres soupiroient après une décision quelconque; Bossuet étoit lui-même si inquiet du

(*) Le même tradacteur a ajouté et des maximes, mots qui ne M trouvent pas dans le bref.

(*) LeUre de Fabbé Bossuet, du 17 mars 1699,

^kSo HISTOIRE DE FévÈhOVfy

succès depuis le projet des canons proposés par le Pape, qu'il s applaudit d'abord très* sincèrement d'être enfin arjrivé au terme de tant de travaux et de sollicitudes (')s maïs il laisse ensuite apei^ cevoir dang ses Ld:tres (s), que des réflexions ultérieures Favoient rendu plus mécontent des ménagemens que le Pape avoît mcntrés po<ir Tar* cheveque de Cambrai dans ce décret; enfin il écrivit à son neveu le lo avril ( 169g): « U est 3» inutile de parler davantage du bref ^ ùa le rece<» » vra comime il est, et on le fera valoir du miens » qu'il sera possible. On trouve ce parti plus con-» » venable que d'entamer de nouvelles n^ocîa«> 9 tions^ et de s'exposer à voir peut-être affoiblir » encore le jugement en le faisant réformer ».

On peut se faire une idée de toutes les difficultés que les adversaires de Fénélon avoient eues à remporter la victoire , par quelques expiassions de la lettre du père iRoslet (^), co envoyant au cardinal de Noailles lé bref de condamnation « Leiire du « Monseigneur, j'en voie à votreGnTandeur /a je>e/iif

p. Roslet au ^ »

cardinal de ^ ^^ ^^^ ^^ Têous a fait tant de peine, -et qui a

(>) Voyez une lettre deBossuet, du 3o mars 1699. tom. zt. édition de dom Déforis,

^, Yoyez celle du 6 avril 1699. Idem,

(3) CTëtoit un religieux minime, <|iie le cur&wl deMoaiUes employa à Rome comme son agent 4an0 cette «fikire.

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