‹ Histoire de Fénelon: archevêque de CambraiChapitre 25 sur 75 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

réponses de tous ces savants théologiens furent toutes conformes à celles de Tévêque de Chartres, et ne permirent plus à M"*' de Maintenon de rester indécise.

Fénelon voyait sans s'en étonner , et presque sans s'en apercevoir , un orage se former contre lui. Sincèrement convaincu de la pureté des sentiments de M"** Guy on, parce qu'il les jugeait conformes aux idées pures et sublimes qu'il s'était faites de Famour de Dieu 5 non moins convaincu de sa vertu, il ne chercha point à éluder les contradictions imprévues qu'il rencontrait, en feignant d'abandonner l'opinion ^u'il avait de son innocence. Mais en même temps il entra de bonne foi dans les vues de M"'^ de Maintenon pour éloigner de Saint-Cyr, non-seulement les ouvrages de M"*Guyon, mais même ^és propres écrits.

Fénelon crut alors que l'autorité de Bossuet pourrait être utilement employée à éclaircîr une question qui commençait à s'obscurcir par la manière dont elle était présentée ou entendue.

Bossuet , sur la demande de Fénelon et de M"' Guyon, s'occupa donc de cette affaire. 11 y mit une indulgence et une bonté qui prouvent que dans les premiers temps il n'y apportait aucune prévention personnelle.

Bossuet , après avoir employé plusieurs mois à l'examen des écrits de M°* Guyon , eut une conférence avec elle chez les religieuses du Saint-

Sacrement, nie Cassette, où elle s'était retirée. Il lui donna les avis les plus convenables pour rectifier tout ce qu'il y avait, d'excessif dans ses maximes, et d'irrégulier dans Topinion qu'elle avait prise d'elle-même et de sa mission.

Après avoir vu W^ Guyon , qu'il se flattait d'avoir désabusée sur les points les plus essentiels , Bossuet chercha de bonne foi à désabuser Fénelon. Celui-ci, toujours favorable à la doctrine de Vamour de Dieu pur et desintéressé, ne voyait que le principe , en écartait les conséquences odieuses , et se montrait facile à excuser dans une femme des expressions peu exactes, et souvent conformes au langage des auteurs les plus approuvés en cette matière. 11 citait des exemples imposants pour justifier les magnifiques éloges que M™* Guyon se donnait à elle-même. Pour ce qui était de ses révélations et de ses prophéties , il se bornait à dire avec saint Paul, qu il fallait éprouver les esprits, et ne pas les condamner avec précipitation.

Cette conduite de Fénelon, celle de M"*' Guyon, qui paraissait vouloir revenir sur ses promesses et ses engagements , commencèrent à indisposer Bossuet.

Bientôt M™" Guyon, aigrie dans sa retraite par des rapports infidèles qui lui firent croire que sa réputation était attaquée et ses mœurs soupçonnées, demanda avec instance des commissaires moitié laïques et moitié ecclésiastiques , pour juger

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