‹ Histoire de Fénelon: archevêque de CambraiChapitre 29 sur 75 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

OÙ elle resta sous la garde de deux femmes destinées à la servir. On la remit, pour la direction spirituelle , entre les mains du curé de Saint- Sulpiee.

M"** de Maintenon s'était totalement éloignée de Fénelon depuis qu'on était parvenu à la faire consentir aux mesures de rigueur qu'on exerçait contre M"* Guyon. On voit par une longue lettre qu'il écrit à M. Tronson, quels étaient les difficultés et les embarras de sa position. Il parait qu'on aurait désiré que Fénelon , à l'exemple des deux autres prélats, commissaires aux conférences d'Issy, condamnât les écrits de M"* Guyon et M"' Guyon elle-même. D'un autre côté : Bo»suet composait un ouvrage ayant pour titre, In- ^truction sur les États d'Oraison, pour lequel il avait demandé l'approbation de Fénelon. Voici comment ce dernier s'explique sur ces différents objets :

« Pour la personne, on veut que je la condamne < avec ses écrits. Quand l'Église fera là-dessus un « formulaire, je serai le premier à le signer de «mon sang et à le faire signer. Horsdelà, je ne « puis ni ne dois le faire. J'ai vu de près des faits «certains qui m'ont infmiment édifié: pourquoi « veut-on que je la condamne sur d'autres faits « que je n'ai point vus , qui ne concluent rien par « eux-mêmes, et sans l'entendre, pour savoir ce « qu'elle y répondrait?

86 HISTOIKE DE FÉNELON.

« Pour les écrits , ne sont-ils pas assez condam- « nés par tant d'ordonnances qui n'ont été contre- « dites de personne , et auxquelles les amis de la « personne et la personne même se sont soumis a paisiblement? que veut-on de plus? Je ne suis « point obligé de censurer tous les mauvais livres, « et surtout ceux qui sont totalement inconnus « dans mon diocèse... Me convient-il d'aller acca- « bler une pauvre personne que tant d'autres « ont déjà foudroyée, et dont j'ai été ami ! Il ne « me convient pas même d'aller me déclarer d'une « manière affectée contre ses écrits, car le public « ne manquerait pas de croire que c'est une espèce «d'abjuration qu'on m'a extorquée... Quant à « M. de Meaux, je serais ravi d'approuver son lift vre, comme il le souhaite*, mais je ne le puis 9 honnêtement , ni en conscienee ^ s il attaque « une personne qui me paraît innocente, ou des « écrits que je dois laisser condamner aux au- « très , sans y ajouter inutilement ma censure... a On veut me mener pied à pied , et insensiblece ment par une espèce de concert secret 5 c'est a M. de Meaux qui est comme le premier mobile ^ « M. de Chartres agit par zèle et par bonne ami- * tié-, M"' de Maintenon s'afflige et s'irrite contre « nous à chaque nouvelle impression qu'on lui «donne. Mille gens de la cour, par malignité, « lui font revenir, par des voies détournées , des a discours empoisonnés contre nous, parce qu'on

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