PREMIÈRE PARTIE. \lx
peinture la plus sensible d'un genre de félicité à laquelle Fimagination humaine paraissait ne pouvoir atteindre , et qu^aucune langue , avant celle de Fénelon , n'avait su rendre avec une expression aussi céleste. On y trouve l'idée habituelle et dominante qu'il s'était faite du bonheur que les mortels peuvent goûter dans une union intime avec la Divinité. Les expressions mêmes qu'il emploie pour peindre cette félicité surnaturelle semblent s'affranchir, sans affectation et sans effort, de toutes les sensations naturelles qui ont donné naissance au langage humain, pour ne parler qu'à rame et à Tintelligence^
L'imagination qui a retracé un pareil tableau n'a pu être inspirée que par une âme aussi pure que l'avaient été sur la terre les âmes célestes dont elle peint le bonheur.
Mais , malheureusement , on affecta d'être plus frappé de la manière dont Fénelon parle, dans le Telémaque, des passions et des défauts des hommes, qu'on ne parut touché du bonheur qu'il promet à la vertu.