‹ Histoire de Fénelon: archevêque de CambraiChapitre 6 sur 75 · PREMIÈRE PARTIE. ï · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. ï

L'abbé de Fénelon, après avoir reçu les ordres sacrés au séminaire de Saint-Sulpice , se consacra aux fonctions du ministère , dans^èa communauté des prêtres de la même paroisse. Ce fut dans Texercice de ce ministère , en se mêlant à tous les états et à toutes les conditions, en s'associant à toutes les infortunes, en compatissant à toutes les faiblesses, en y portant ce mélange de douceur, de force et de charité qui s'approprie à tous les caractères , à toutes les situations , à tous les maux , que Fénelon acquît la connaissance de toutes les maladies morales et physiques qui affligent Thumanîté. C'est à la profonde impression qu'il en conserva toute sa vie , que l'on doit cette tendre commisération qu'il montre dans tous ses écrits pour les infortunés, et qu'il sut encore mieux montrer dans toutes ses actions.

Pendant trois années entières, il se consacra au ministère ecclésiastique, et il recueillit de cet exercice l'avantage précieux de parler et d'écrire avec une abondance et une facilité, et en même temps avec une clarté et une élégance qui firent l'étonnement et l'admiration de ses contemporains.

Fénelon fut appelé à Sarlat , en 1675, par son oncle. Il reprit à cette époque, avec une nouvelle ardeur, son premier projet de se consacrer aux missions *, mais renonçant au Canada, dont sa santé n'aurait pu supporter le climat rigoureux , il poi*ta toutes ses pensées vers les missions du Levant. 11

18 HISTOIRE Bë FÉNELON.

parait qu'il obtint pour ce nouveau projet , ou plutôt qu'il arracha le consentement de son oncle.

Cependant , malgré cet enthousiasme, TexécQtion de son projet fut encore suspendue , dans la crainte, sans doute, d'aiOiger son onde, qui n'avait cédé qu'avec peine à ses vives instances. On parvint ensuite à donner une autre direction à son zèle pour la conversion des infidèles, en l'appliquant à un objet à peu près du même genre.

Jean-François de Condi , premier archevêque de Paris, avait institué, en 1634, avec l'approbation du pape Urbain Vlll , une communauté destinée à maintenir dans la foi catholique les femmes ou filles qui l'auraient embrassée récemment , et à instruire les personnes du même sexe qui se montreraient disposées à se convertir. Cette communauté, composée d'une association de quelques personnes pieuses, qui n'étaient liées par aucun vœu religieux, se nommait les Nouvelles-Catholiques. M. de Harlai, archevêque de Paris, frappé de la réputation extraordinaire du jeune abbé de Fénelon , n'hésita pas à le nommer supérieur des Nouvelleê'Catholiques et des filles de Modeleine-de- TraistieL

Pour être moins distrait de l'exercice de ces nouvelles fonctions, il quitta la communauté des prêtres de Saint-Sulpice, et alla s'établir chez le marquis de Fénelon, son oncle, qui avait un logement dans l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés.

Page 1