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dans ceux de Bossuet , le souverain ne reconnott sur la terre j aucun juge au-dessus de lui; et ilny à point de force coactiue contre lui; en sorte que la révolte ou l'insurrection contre le souverain, dans le cas même où il abuseroit de son autorité, est également condamnée par ces deux grands hommes. « L'impiété déclarée ( du souverain ) , dit « Bossuet, et même la persécution , n'exempte pas
et les sujets de l'obéissance qu'ils lui doivent Les
« sujets n'ont à opposer à la violence des princes, a que des remontrances respectueuses, sans mutia nerie et sans murmure, et des prières pour leur ff conversion (i). » La doctrine de Fénelon, sur ce point , n'est pas moins formelle, comme on l'a vu dans un passage de V Examen que nous avons cité (a). La même doctrine est développée plus au long , par le chevalier de Bamsay, d'après les principes exposés par Fénelon lui-même dans le Télémaqiie. a Les amateurs de l'indépendance, dit le « chevalier de Ramsay (3) , et les républicains oua très, croient que le seul remède contre les abus de a l'autorité souveraine, est de permettre au peuple <c de se soulever contre les princes injustes, de les « déposer, et de les traiter en criminels. Us. avan-
(i) Politique sacrée; liv. VI , art. II, prop, 5 et 6.
(3) Ci-dessus, p. aS.
(3) Essai sur ie goup, civil; chap. 10.
32 HISTOIRE DE FJÉNELON.
<r œnt partout des principes, qui, en attaquant le ff pouvoir arbitraire, font tomber dans l'anarchie. « Rien n'est plus pernicieux que ces maximes : en
« voici les raisons
1 c Ce qui sape le fondement de toute autorité, a ce qui emporte avec soi la ruine de toute puiscc sance, et par conséquent de toute société , ne doit tt jamais être admis comme un principe de raisona nement ou de conduite dans la politique. Si la (( révolte cependant est une fois peiTnise, il n'y a ce plus de point fixe pour arrêter l'extravagance de <c l'esprit humain. Si le peuple peut se révolter aua jourd'hui, pour quelque raison que ce soit , il « prétendra trouver demain des raisons semblables, a pour se révolter de nouveau. Comme l'opinion ce fait le même effet , dans l'esprit des hommes, que « la vérité, toutes les fois qu'une partie du peuple ce s'imaginera avoir raison de s'opposer aux puiscc sances souveraines, elle se croira en droit de pren- <c dre les armes. Il n'y a point d'autorité infaillible « dans la politique ; les meilleurs princes font de a grandes fautes. Si la révolte peut être légitime, « tous ceux qui ont conçu de la haine contre les ce princes, tous ceux qui ne trouvent pas le gouver- « nement à leur gré, tous ceux qui sont mécontents, a parce que l'autorité n'est pas entre leurs mains, ne a cesseront de soulever le peuple, et de flétrir les « meilleurs princes du titre odieux de tyran ; tous
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les esprits hardis et ambitieux, qui sont capables de faire des brigues, et d'être chefs d'un parti, prendront de nouveaux prétextes de changer et de raccommoder la forme du gouvernement. Voilà l'anéantissement de tout ordre , et la source des révolutions tumultueuses, non • seulement dans chaque siècle, mais à chaque moment ; de sorte qu'il n'y auroit plus de société fixe et constante sur la terre, mais le monde i*etomberoit sans
cesse dans une anarchie affreuse
1 « On ne prétend pas justifier la conduite inhumsdne et barbare des souverains qui foulent le peuple , en levant des impôts exorbitants qui lui ôtent sourent le nécessaire ; ce sont des monstres de lliumanité, qui sont inexcusables. Je soutiens seulement , que si l'on ne peut pas arrêter leurs excès par des voies légitimes, et compatibles avec Tordre et la subordination, il faut les souffrir en patience. Je dirai toujours avec Narbal, dans 7Vlémaquey en parlant de Pygmalion , dont le portrait nous représente le plus exécrable des tyrans (i) : Pour moij je crains les dieux ; quoi qiiil nCen coûte j je serai fidèle au roi qiiUs m^ont donné; faimerois mieux qu^il me fit mourir j que de lui ôter la vie, et même de man^ quer à le défendre. Rien n'est plus affreux que la
(t) Télém. Uv. m. {Œuvres de Fénehn} U XX, p. 5i.)
34 ' HISTOIRE DE piHELON.
« tyrannie^ quand oh n'envisage que leÈ tyrans;mais c( cetle difformité disparoit quand oh regarde la sute préme Providence, qui se sert de leurs désordres a passagers^ pour accomplir ^on ordre éternels Ce « seroit donc se révolter contre Dieu même, que « de se révolter contre les puissances qu'il a éta- « blies, quand même elles abusent de leur au- « torité.....
1 <x Je ne parle point du cas d'un délire manic< feste, quand un souverain tue ses sujets pour se c( divertir, comme ce roi de Pégu, qui, par l'in- « stigation de ses magiciens, défendit à ses sujets « de cultiver la terre ; de sorte que le peuple fut c réduit) par la famine, à se manger les uns les «c autres (l). Dans les cas de folie évidente, il ne « finit pas des juges supérieurs, pour déposer les « princes; une consultation de médecins suffit pour a engager le corps de la nation à lier les mains à « un tel souverain^ comme on fei*oit à un père « frénétique. Mais, dans ces cas mêmes, il faut con- « server un respect inviolable pour la personne du « prince
(i) Nous ignorons le nom du prince dont il est ici question. Maïs ce que l'histoire nous apprend de ta barbarie de quelques rois de Pégu, particulièrement de Shemin et de P^anjitioko, Mnd troyablc ce que dit îcile cheval fer 'de Ramsay. Voyez V Histoire universelle , traduite de l'anglais, T. XIX, liv. XIV, chap. 4, sect. 5; édition in-4^. (ÉniT.)