‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 9 sur 157 · LIVRE SEPTiiME. ag · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTiiME. ag

« entre le Roi , les nobles, et le peuple; entre un seul,

« plusieurs, et la multitude ; afin que, chacune de ces

c puissances étant balancée par l'autre, elles restent

« toutes dans un juste équilibre. Rien ne paroit

« plus beau , dans la théorie, que ce mélange de

« puissance; et rien ne seroit plus utile dans la

<c pratique, si l'on en pouvoit conserver l'harmonie ;

fc mais ce partage de la souveraineté, loin de faire

« un équilibre de puissances, en cause souvent le

« combat perpétuel, jusqu'à ce que l'une d'elles

« ayant abattu les deux autres, réduise tout au des-

« potisme ou à l'anarchie. Les révolutions de la

a république romaine, et celles de l'Angleterre,

ce nous fournissent des exemples éclatants de cette

a vérité. »

^ 11 résulte, ce semble, de ces explications, que la théorie politique de Fénelon , en la supposant différente de celle de Rossuet, en diffère uniquement, en ce que l'évêque de Meaux ne donne au souverain qu'un conseil ordinaire, composé d'un petit nombre de personnes (i); tandis que Fénelon, outre ce conseil ordinaire , souhaiteroit, à certaines époques réglées, et dans certaines circonstances extraordinaires, un conseil plus nombreux, composé des notables de la nation. Nous ne voyons pas, il est vrai,

(i) Bossuety ubi suprà; liv* V, art. H, 4* et 5' prop. liv. X j art. II, passim.

3o HISTOIRE D£ FJÎNELON.

que Bossuet ait jamais insinue cette opinion dans sa Politique sacrée y ni dans aucun autre de ses dcrits; mais il ne dit rien non plus pour la condamner ; et il est permis de douter qu*il la rejetât absolument. 11 est certain en effet, que, dans \ Abrégé de VHistoire de France^ rédige sous sa direction par le dauphin, on ne trouve pas un seul mot qui tende â blâmer Tancien usage des États généraux de la nation. Bien plus, on ne peut douter que, dans ridée de Bossuet, ces grandes assemblées n'aient été quelquefois employées utilement, pour le bien de l'Etat et pour le soutien de l'autorité royale. C'est ce qui résulte clairement des détails qu'on lit dans l'ouvrage dont nous parlons, sur les Etats généraux tenus sous Philippe le Bel , sous François I®', et à plusieurs autres époques de notre histoire (i).

La révoiie \ Mais cc que nous devons surtout faire remarquer

ou iDsiimciion j^j ^^^^^ que, dans les principes de Fénelon comme

également ' * ' r r

condamnées par Tune et Taiitre (<) Histoire de France^ composée par M*' le Dauphin,

théorie. d*après les leçons de Bossuet. Voyez en particulier les détails relatifs à la tenue des États généraux soi^s Philippe le Bel y en i3oi ; sous Jean II, en i356; sous François I**^, en i5a6; sous Henri II, en i558; sous François II, cr i56o; sous Charles IX, en t56i; etc.

Peut-être faudroit-il modifier, d'après les réflexions que nous venons de faire , quelques-unes de celles que le cardinal de Bausset présente sur ce sujet dans VHist, de Bossuet; liv. IV, n. 25. (Édit.)

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