‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 101 sur 157 · LIVRE HUlTliME. 35g · texte numérisé non relu

LIVRE HUlTliME. 35g

a enx le parfait amour. Dàs qu'il le trouve Ui, il a c trouvé tout, et il sent bien qu'il ne lui reste plus « rien à chercher. Les mystères ne reffarouchent a point : il comprend que toute la nature étai^t in** « compréhensible à son foible esprit , il ne doit pas « s'étonner de ne pouvoir comprendre tous les se« « crets de la Divinité ; sa foiblesse même se tourne < en force, et ses ténèbres en lumière , pour le ren* « dre défiant de soi et docile à Dieu. Il n'a point de « peine à croire que Dieu, amour infini, a daigné « venir lui-même, sous une chair semblable à la « nôtre, pour tempérer les rayons de sa gloire, nous « apprendre à aimer, et s'aimer lui-même au dedans ff de nous. C'est en ce sens-là qu'il est vrai de dire a qu'on trouve la vraie religion par le cœur, et non « par l'esprit... •. L'amour de Dieu décide de tout, a sans discussion, en faveur du christianisme. C'est « en ce sens que Wirne est naturellement chrétienne^ « comme parle TertuUien (f ). »

1 Ce qu'il y a peut -être de plus remarquable Autorité de dans cette lettre de Fénelon, c'est la manière dont l'%ﻫ «»«*»o-

liqiie.

il a su mettre à la portée des simples le troisième point de son analyse, qui regarde V autorité de rÉ': glise catholique. C'étoit là, sans contredit, la pai^ tie la plus difficile de son travail, et celle qu'il a voit tant souhaité de voir exécuter par Bossuet. Il est

(i) Apologeu cap. 17.

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douteux que eeluHci Teât traitée avec plus de succès ; peut-être même seroit-il permis de penser que Tévêque de Meaux^ plus profondément versé que Féneion dans les controverses théologiques, ayoit, par la nature de son esprit, moins de facilité pour se proportionner à Tintelligence des simples, et pour mettre les plus hautes vérités à la portée de leurs esprits (i). Aussi, la plupart des théologiens qui ont essayé depuis de mettre l'autorité de l'Église à la portée des simples fidèles, ont-ils emprunté à Féne- Ion ses principaux développements sur cette ma* tière (2).

1 « Tous les hommes, dit-il (3), et surtout les a ignorants, ont besoin d'une autorité qui décide, a sans les engager à une discussion dont ils sont vi- « siblement incapables. Comment voudroit-on qu'une « femme de village ou qu'un artisan examinât le « texte original , les éditions, les versions, les divers a sens du texte sacré? Dieu auroit manqué au beff soin de presque tous les hommes, s'il ne leur avoit

(x) C'est le jugement que le cardinal de Bausset porte ailleurs de ces deux grands hommes. Voyez ci-dessus, 1. 1*', Hv. l"'^, p. 176. — Hûi. de Bossuet^ t. 1", liv. IV, p. 410*

(ÉDIT

(») Régnier, Tract, de Eccl. t. I, p. 486. — Deiahogue, Tract, de Eccl. Scholium de Notés Eccl, p. S'^, — De Piessy, Instn pas t. sur la foi ^ p. i3. — Frayssinous, Confér, sur rautorité de l'Église, IV partie. (Édit.)

(3) r« Lettre sur la Religion, IIl* partie.

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