LIVRE HUITI£A
à ce sujet y dans le sein de FÉglise. Persuadé que la plupart des hérésies prennent leur source dans lorgueil et la curiosité de l'esprit, souvent aussi dans un zèle pharisaîque pour la réforme des abus, il en conclut, que le plus sûr moyen d'éviter l'erreur, c'est de prier, de se défier de ses propres lu* mières, de songer beaucoup plus à .se réformer soi-même qu'à réformer l'Église. Dans la quatrième et la cinquième lettres, il joint à l'instruction les plus touchantes exhortations, pour fortifier la personne à qui il écrit, au milieu des combats violents qu'elle avoit à soutenir, en sacrifiant à Dieu ses anciens préjugés, et les plus tendres affections de la nature. Ces exhortations ne furent pas inutiles : la personne à qui elles étoient adressées se convertit effectivement, et signa l'acte d'abjuration et la profession de foi qui furent dressées par Fénelon luimême, et qu*on lit à la suite de la cinquième lettre. 1 Cette profession de foi exprime en peu de mots les raisons convaincantes qui doivent ramener à l'Église catholique les personnes sincères, que le malheur de leur naissance en avoit éloignées. « Je « déclare, est-il dit dans cet acte (i), qu'après avoir « prié, lu et examiné, je me suis déterminée à vivre « et à mourir dans le sein de l'Église catholique, « apostolique et romaine, où nous avons toujours « cru que nos ancêtres faisoient leur salut, avant la
(i) Œuvres de Fénelon^ t. II, p. 189, etc. n. t et 5.
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a séparation qui a été faite sous le nom de Ré- «forme. C'est une Église visible, qui comprend, a outre les élus qui sont inconnus ici-bas , tous ceux « qui font profession du christianisme dans cette a société. Elle est l'Église de tous les temps, depuis « les apôtres jusqu'à nous : c'est elle qui nous a « conservé le sacré dépôt des Écritures et le bap* a t£me : c'est elle qui a sa succession non intera rompue de pasteurs, depuis Jésus-Christ jusqu'à « notre temps : c'est elle qui est répandue dans c toutes les nations connues de la terre. J'embruse a toute sa doctrine, et je m'attache à son culte.... 1 « Je crois qu'il n'appartient point à chaque par- 41 ticulier d'expliquer le texte sacré de l'Écriture^ « selon son propre sens, indép^idamment de !'£* « glise. Comme c'est elle à qui Dieu a confié ce « texte, pour nous le distribuer selon nos disposia tions, c^est aussi à elle à nous en apprendre le « vrai sens. La même autorité qui nous assure que ff ces livres sont divins, nous- assure aussi de Tina terprctation qu'on doit leur donner; autrement « chacun feroit dire à l'Écriture tout ce qu'il s'imaa gineroit y trouver par ses préventions ; et les «c hommes, avec un seul livre divin, feroient au- « tant de religions, qu'ils inventeroient de vaines m subtilités pour l'expliquer. Tel est le malheureux « fruit de la Réforme prétendue. Je ne sais combien <K de sectes trouvent les doctrines les plus opposées