LIVRE HUITlàMS
« été eiammëes jusquaMci devant ello. C*efit un proc digieux travail ; il y «uroit de quoi faire un gros c volume. Aussi les cardinaux et les qualificateurs c du Saint-Office sont étonnés de l'application du c Pape, dans i'examen que Ton fait des proposic tions, et de la grande capacité qu^il y fait paroitre. « On a interrompu cet examen pendant la quinzaine « de Pâques} on recommencera les congrégations m mardi prochain. On en tient deux par semaine, « le mardi et le jeudi ; et dans chacune on examine ff huit propositions; il en reste encore plus de a soixante à examiner. Vous ne pouvez vous ima« « giner les efforts que le parti fait, pour intimider le « Pape et le détourner de donner la Bulle. On lui a écrit, ainsi qu'aux cardinaux, des lettres sans c nombre, pour leur représenter le péril où le c Pape exposera son autorité, la mauvaise disposi* « tion des évéques de France et du parlement ; mais « le Pape est ferme, et ne changera pas. »
£nfîn Clément XI publia, le 8 septembre I7r3| la Constitution Unigenitus^ qui condamne cent une propositions, extraites des Réflexions morales du P. Quesnel sur le Nouveau Testament.
Il paroît qu'en France Fénelon fut consulté sur la forme à suivre pour l'acceptation de cette Bulle, et pour donner à cette acceptation le caractère le plus solennel. Nous trouvons du moins, dans sa Carres» pondancCy un Mémoire sur la forme et les solen^
Publication
de la Bulle
Unigenitits ;
le cardinal
de Noailles con«
damne le livre
des Réflexions
morales.
Septemb. 1713.
38o HISTOIRE BE FÉITELON.
nités ai^ec lesquelles il confient de receinyir la Bulle (i). 1 Dans ce Mémoire ^ rédigé au mois de septembre 17 iS, Fénelon montre la nécessité de donner une forme très-solennelle à l'acceptation de ce décret; et il insiste sur l'importance d'un Mandemenl commun j adopté, pour cet effet, par une assemblée extraordinaire du clergé, qui l'adresseroit , de la part du Roi, à toutes les assemblées provinciales du royaume. On verra bientôt que le mode d'acceptation proposé par Fénelon^ fiit adopté, pour le fond , par rassemblée du clergé. ||
Aussitôt que la Constitution fut arrivée en France, ou du moins, avant qu'elle y eût été acceptée par le corps des évêques, et revêtue du sceau de l'autorité royale, le cardinal de Noailles fit, de lui-même, ce qu'il avoit si longtemps rejfusé aux instances de Louis XIV; il publia, le a8 septembre 1713, un Mandement par lequel il révoquoit l'approbation qu'il avoit autrefois donnée au livre du P. Quesnel : ni H en condamnoit la djoctrine^ il en déferi' a doit la lecture à tous les fidèles de son diocèse, (c Nous ne pouvons souffrir, ajoutoit-il dans son a Mandement^ que notre nom paroisse davantage, à a la tête d'un ouvrage que Sa Sainteté condamne, oc Ainsi, nous ne voulons pas perdre un moment, à
(i) Corresp. t. IV, p. 333.