‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 111 sur 157 · LIVRE HDITliMB · texte numérisé non relu

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dispositions qu'il avoit déjà marquées fussent peu propres à inspirer une entière confiance, ce prince lui abandonna le choix de tous les commissaires qui dévoient fiiire le rapport ; Louis XIV se borna à lui témoigner le désir de voir l'évêque de Meaux(t) au nombre des commissaires. Le cardinal de Rohan, le premier en dignité dans l'assemblée après le cardinal de Noailles, se trouvoit naturellement appelé à présider cette commission ; et ce choix offroit en*core au cardinal de Noailles des facilités et des moyens d'union et de rapprochement. La naissance, la fortune et les dignités du cardinal de Rohan, ses manières nobles et engageantes, son esprit de dou«ceur et de conciliation, ses succès dans le monde et dans les afiaires, les égards même qu'il avoit tou<^ jours marqués au cardinal de Noailles. ne permet'^ toient pas à ce prélat de confondre le cardinal de Rohan avec cette foule d'ennemis plus ou moins obscurs, qu'il supposoit acharnés à sa perte, par des motifs d'intérêt ou d'ambition.

La commission fut donc composée du cardinal de Rohan, des archevêques de Bordeaux (^) et d'Auch (3), et des évêques de Soissons (4), de

(i) Depuis cardinal de Bîssy.

(t) Bazin de Bezons.

(3) Jacques Desmarets.

(4) Fabio Brulart de Sillery.

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Meaux et de Blois (i). Ces commissaires s'assemblèrent pendant trois mois, presque tous les jours, chez le carénai de Rohan, et quelquefois chez le cardinal de Noailles, qui assista très-souvent aux séances.

Il est évident , par cet exposé, qu'on n'apporta aucune précipitation, ni à l'examen, ni à la réception de la Constitution UnigenUus. Si Ton compare même cette espèce de lenteur, avec ce qui s'étoit passé, quelques années auparavant, pour la réception du Bref qui condamnoit le livre de Fénelon , on sera forcé de reconnoitre qu'on mit en usage, envers le cardinal de Noailles, tous les ménagements que pouvoit suggérer le désir de respecter son rang, sa dignité, et même sa susceptibilité. Le livre de Fénelon traitoit de matières encore plus abstraites que celui du P. Quesoel ; le livre de Fénelon étoit l'ouvrage d'un archevêque recomman*dable par son génie, ses vertus et sa grande réputation; et celui du P. Quesnel étoit l'ouvrage d'un simple prêtre, déjà connu par son attachement opiniâtre à des erreurs condamnées, et déjà flétri par des censures ecclésiastiques. Cependant les assemblées métropolitaines de France n'avoient employé que deux ou trois séances à l'examen du Bref qui condamnoit Fénelon. Mais Fénelon avoit été le premier

(i) David-Nicolas de Berthier.

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