evéques, refuse
les expressions en étoient pleines de mesure et de d'accepter modération; elles fixoient, avec autant dtr sagesse ^ ^'^^^^
et V Instruction,
(i) Voyez, ausujet de ces contestations, VWst, litt, de FV-
nthm, l^ part. p. aa.
388 HISTOIRE DE F^ICELON.
que de précision et de clarté^ la juste interpréta* tion que l'on devoit donner à celles des propositions condamnées ) qui, dans leur acception vague et indéfinie, ne présentoicnt pas d'abord à l'esprit un motif légitime de censure ; ces propositions se trou voient renfermées^ par Y Instruction^ dans les véritables limites que leur assignoient l'esprit même de la Constitution, les sentiments connus de l'auteur du livre, et la nature des circonstances et des controverses qui agitoient les esprits.
Lorsqu'au bout d'un siècle oh relit cette InsirU' cthn , on ne peut s'empêcher d'être étonné de l'opposition qu'elle a pu rencontrer, de la part du cardinal de Noailles et des huit évêques qui adhérèrent à son avis, ou plutôt dont il ne fit que suivre les préventions. Mais on reconnut bientôt qu'il avoit arrêté d'avance le plan de conduite qu'il se proposoit de suivre, et que, lorsqu'il avoit demandé, de concert avec les huit évêques , de différer l'acceptation de la Bulle jusqu'à ce qu'ils connussent Vinstruction pastorale qui devoit en accompagner l'acceptation, ils étoieut décidés à rejeter l'une et l'autre, et qu'ils s'étoient uniquement proposé d'élever quelque prétexte de division entre l'assembléeduclergéet lePape.
En effet, lorsque, dans la séance du i^^ février 1 7 1 4) l^s commissaires eurent lu Vinstruction qu'ils avoient été chargés de rédiger, et qu'il fut question de délibérer si l'assemblée l'adopteroit, le cardinal
LIYAE HUITIÈME. SSq
de Noaiiles déclara en son nom, et en celui des huit évêques, qu'ils ne pouvoient accepter ni la Bulle , ni rinstruction ; « qu'ils se croyoient obligés de recou- « rir au Pape, de lui proposer leurs peines et leurs a difficultés ; . • • . quUls crojroieni ce parti le plus a régulier^ le plus canonique ^ le plus respectueux c pour le Papcj et le plus utile pour consen^er la a paix de V Église. »
On est affligé de voir un homme honnête et vertueux, comme le cardinal de Noaiiles, employer un langage aussi dérisoire, dans une matièi*e aussi grave. Comment en effet pouvoit-il penser sérieusement, qu'il fût plus respectueux pour le Pape^ de ne pas recevoir un jugement qu'il avoit prononcé après un examen de trois ans ; et plus utile à la paix de rÉgliscj de se mettre directement en opposition avec le chef de l'Eglise et la presque unanimité du corps épiscopal ?
On doit bien croire, qu'une opposition fondée sur des motifs aussi peu spécieux , n'arrêta pas un seul moment les quarante évêques qui avoient déjà accepté la Bulle; ils adoptèrent Y Instruction rédigée par leurs commissaires, avec d'autant plus d'empressement, qu'elle ofiroit les considérations les plus propres à calmer les inquiétudes des personnes de bonne foi, et qu'elle prévenoit les interprétations abusives qu'on prétendoit donner h quelques propositions du livre condamné.
Aussitôt que l'assemblée eut fait part au Roi de
enregistrées au parlement.
Février 17 14.
3qO HISTOIRE DE FJ^NELON.
Lettres patente!,
pour rexécuUon j^ délibération, Louis XIV ordonna l'exécution de
de la jBuUe,
la Constitution Unigeniius, par ses lettres patentes en date du t4 février 17 14; ^t elles furent enregistrées au parlement de Paris^ dès le lendemain i5 février.
La facilité avec laquelle le parlement de Paris reçut et enregistra cette Bulle, le jour même que les lettres patentes lui furent présentées, montre assez qu'elle ne renfermoit rien qui dût alarmer le zèle des magistrats. On étoit encore loin de prévoir, qu'on en feroit, sous le règne suivant, le prétexte des plus violents débats entre le clergé et la ma<> gistrature.
Mais on ne doit pas en conclure, que cet enregis» trement se fit sans examen, et par le sentiment d'une déférence aveugle aux volontés du Roi. Louis XIY, en interdisant aux parlements le droit de remontrances, n'avoit pas prétendu se priver des secours et des lumières de ses magistrats. Nous avons déjà rapporté, sur le témoignage du chancelier d'Aguesseau , que ce prince avoit eu la sagesse de substituer à la forme turbulente et quelquefois séditieuse des remontrances j le concert bien plus utile du gouvernement avec les principaux chefs de la magistrature. C'étoit par cette sage correspondance, qu'on apportoit «\ la préparation des lois toute l'attention et toute la maturité qu'elles dei
ty ttir.^i,