LIVRE HUITIÈME
potti* rintërêt public (i). tou^ le^ âcted dé législà^ tion ëtoient concertés d'avance, entre les membres du conseil et les principaux membres des compà^ gnies souveraines; et c'étoit par des discussions paisibles, dont l'esprit de corps et Tesprit de parti étoient également écartés , qu'on prévenoit et les abus d'autorité, et les abus non moins dangereux de la résistance et de l'opposition.
On pourroit également observer, que lé chan^ celier de Pontchartrain , qui avoit une grande in^ fluence dans le conseil, étoit encore à la tête de la magistrature, et que M. d'Aguesseau étoit procureur général. Ces deux grands magistrats étoient excités par leurs principes personnels, autant que par le devoir de leur ministère, à apporter Une surveillance inquiète sur tous les actes émanés de la cour de Rome ; et Louis XIY ne se refusoit jamais à. déférer à leurs avis, lorsqu'ils lui paroissoient conformes aux maximes du royaume. On doit bien croire que deux magistrats aussi éclairés, et qui
(z) L'un des plus vertueux magistrats qui aient honoré le nom de Lamoîgnon, porté depuis si longtemps par tant dliommes vertueux^ le dernier chancelier de Lamoignon, observoit souvent, à ce sujet, que celles de nos lois qui sont plus remarquables par leur sagesse et leur stabilité^ ayoient été rendues pendant le long intervalle où Louis XIY avoit interdit aux parlements le droit de remontrances. Voyez Téloge de M. de Malesherbes, par M. Gaillard. {Mélanges aàadém.) tfote de VaiUeur,
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portoient même quelquefois jusqu'au scrupule leur vigilante susceptibilité, se seroient élevés avec force contre la Constitution Vnigenitus , si elle eût renfermé les dangereuses conséquences^ que l'esprit de parti a cherché à attribuer à ce décret du saint* siège.
Il y avoit déjà près de cinq mois que la Constitution Unigenitus étoit connue en France; elle avoit été communiquée aux principaux magistiats du parlement de Paris ; c'étoit de concert avec eux, que les lettres patentes avoient été dressées , que les conclusions de M. d'Aguesseau, procureur général, avoient été arrêtées, et que le réquisitoire de M. Joly de Fleury, avocat général, avoit été rédigé. Aussi M. Joly de Fleury, après avoir donné les plus grands éloges au zèle de Louis XIV contre les erreurs anciennes et nouvelles, fit observer au parlement , que la forme extérieure de la Constitution Unigenitus ne présentoit aucune de ces clauses familières à la cour de Rome, et contre lesquelles les tribunaux françois étoient dans Tusage de réclamer. Il se borna à demander, selon le style ordinaire , la réserve générale de nos d/vifs et de nos maximes; il voulut seulement, dans son réquisitoire, aller au-devant des fausses conséquences que Ton pourroit induire de la condamnation des propositions sur les excommunications , pour empêdier qu'on ne voulût , à la faveur de cette con-