LIVRE HUITIÈME. Zgi
damnation, « ou refuser aux évoques le pouvoir «des clefs y ou que les excommunications injustes < pussent suspendre l'accomplissement des devoirs ce les plus essentiels et les plus indispensables. » Vinstruction publiée par l'assemblée du clergé avoitdéjà enlevé aux esprits inquiets ce prétexte d'opposition, par des explications si claires et si précises, qu'elles avoient satisfait tous ceux qui apportoient de la bonne foi dans ces sortes de discussions. 28
Le cardinal de Noailles auroit pu absolument se Mandement borner à ne pas accepter la Constitution; mais il se ." .^ laissa encore entraîner à une démarche qui acheva qui défend dans de prouver jusqu'à quel point il étoit sorti des »®'*^'*»<'f* boraes de sa circonspection naturelle, et se laissoit de la BulU. asservir par le parti dont il s'étoit rendu l'instrument plutôt que le chef. Il publia, le a5 février 17149 un Mandement par lequel il renouveloit la condamnation qu'il avoit déjà portée contre le livre du P. Quesnel, le a8 septembre précédent, et défendoit en même temps, sous peine de suspense ^ de recevoir dans son diocèse la Bulle Unigenitusj sans son autorité. Il ofTroit peut-être le premier exemple dans l'Église , d'un évêque qui eût défendu , sous peine de suspense j de recevoir un jugement dogmatique prononcé par le saint-siége, accepté par la presque universalité des évêques, revêtu de l'autorité du Koi, et enregistré dans tous les parlements.
La plupart
des évéques
de France
acceptent
la Butie, avec
Vlrutruction
pastorale
de rassemblée.
394 HISTOIRE Dfi FÉNÊLON.
Il est douteux que le cardinal de Noailles se fût permis un acte aussi ir régulier , s'il eût moins compte sur la religieuse modération de Louis XIY, sur le crédit de sa famille , et sur Tintérêt que madame de Maintenon continuoit à prendre à lui^ maigre le peu de déférence qu'il montroit à suivre ses avis et ses conseils.
Ainsi, on avoit vu, en deux ans, ce prélat refuser obstinément de condamner le livre du P. Quesnel , et engager sa soumission au jugement que le Pape en porteroit ; puis, condamner ce même livre, et rejeter le jugement que le Pape en avoit porté. Par une suite des mêmes inconséquences , il fit re* mettre aux docteurs de la faculté de théologie de Paris, son Mandement du 2 5 février I7i4> par lequel il avoit défendu de recevoir la Bulle Vnigeni' tus; et il déclara le lendemain qu'il n'avoit pas eotendu les comprendre dans son Ordonnance.
Aussitôt que la Constitution Unigenitus eut été acceptée par l'assemblée du clergé, et revêtue des lettres patentes enregistrées , le Roi la fit adresser à tous les évêques de France. Cent dix évêques l'acceptèrent purement et simplement; douze ou treize seulement refusèrent de l'accepter, ou ne l'acceptèrent qu'avec des explications. Mais ce qui est remarquable, c'est que tous ceux qui refusoient de la recevoir, à l'exception d'un seul (i), pronon-
(i) L'évéque de Mirepoix.