clergé de France
Mandement \ Pour prévenir cette difficulté , l'archevêque de
ene on , Cambrai adressa à cette partie de son troupeau un
pour 1 acccpis* • *
lion de la BuUe. autre Mandement^ daté, comme le premier, du 39 Juin 17 14. j^j^ 1 714, et dans lequel il s'applique principalement <\ établir l'autorité de la Bulle Unigenitus^ que les partisans du P. Quesnel s'effbrçoient d'avilir et de décrier. Fénelon leur montre, que cette Bulle est un jugement dogmatique du saint-siége, formellement accepté par les évéques des lieux où l'erreur a pris naissance , et tacitement approuvé par les autres évéques du monde catholique ; d'où il suit que ce jugement équivaut à la décision d'un concile œcuménique. Il établit cette conséquence,
(1) On a vu ailleurs, que le diocèse de Cambrai, sous l'épiscopat de Fénelon, s*ctendoit sur une partie des Pays-Bas, soumis d*abord à la domination espagnole, puis à la domination autrichienne. (Ci-dessus, liv. IV, n. 55, t. III, p. 166.) (Édit.)
(a) Lettres de Fénelon au marquisy son petit-neveu^ des 29 avril et 10 mai I7i4« ( Corresp. t. II, p. 240 et a45.) — Lettre du P. Le Tellier à Fénelon^ du 4 mai ; et Réponse de Fénelon du 17 mai. — Lettre de Fénelon à tin évéqne^ du 22 juillet. (Ihid. t. IV, p. 475, etc. 485, etc. (Édit.)
LIVUE HUITIÈME. 397
non*seulenieiit par les témoignages les plus respectables de la tradition 9 mais par l'autorité de Bossuet, que le parti sembloit respecter, et par les aveux les plus décisifs du P. Quesnel et de ses principaux partisans.
C'est dans ce Mandement , que Fénelon s'aban* donne, avec la plus touchante effusion , à tous ses sentiments de vénération, de fidélité et d'obéissance filiale pour l'Église romaine ; c'est là qu'on lit cette éloquente et religieuse apostrophe à la chaire de saint Pierre. « O Église romaine ! ô cité sainte ! ô chère « et commune patrie de tous les vrais chrétiens ! Il m n'y a 9 en Jésus-Christ, ni Grec, ni Scythe, niBar- « bare, ni Juif, ni Gentil. Tout est fait un seul <c peuple dans votre sein. Tous sont concitoyens de « Rome; et tout Catholique est Romain. La voilà, « cette grande tige qui a été plantée de la main de a Jésus - Christ. Tout rameau qui en est détaché, se « flétrit, se dessèche, et tombe. O mère! quiconc que est enfant de Dieu, est aussi le vôtre. Après « tant de siècles, vous êtes encore féconde. Ô K épouse ! vous enfantez sans cesse à votre époux , « dans toutes les extrémités de l'univers. Mais d'où a vient que tant d'enfants dénaturés méconnoissent «r aujourd'hui leur mère , s'élèvent contre elle , et la a regardent comme une marâtre? D'où vient que « son autorité leur donne tant de vains ombrages? « Quoi ! le sacré lien de l'unité, qui doit faire de tous
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« les peuples un seul troupeau , et de tous les mia nistres un seul pasteur, sera-t*il le prétexte d'une ce funeste division? Serions-nous arrivés à ces der* a niers temps, où le Fils de P Homme trouvera à « peine de la foi sur la terre ? Tremblons, mes trèsa chers frères , tremblons de peur que le règne de (K Dieu , dont nous abusons , ne nous soit enlevé^ a et ne passe à d'autres nations, qui en porteront « les fruits. Tremblons, humilions*nous , de peur ff que Jësus4^hnst ne transporte ailleurs le flatn" a beau de la pure foi , et qu'il ne nous laisse dans cf les ténèbres dues à notre orgueil. O Église d'où « Pierre confirmera à jamais ses frères j que ma « main droite s'^ oublie elle-même j si Je vous oublie « jamais ! Que ma langue se sèche et devienne im^ a mobile^ si vous nétes pas 9 jusqu'au dernier son* a pir de ma vie, le principal objet de ma joie et de « mes cantiques ! »
Lorsque Fénelon exhaloit, avec ces expi^essions touchantes, les sentiments de son âme oppressée par la perspective des malheurs qui menaçoient l'Église de France ; lorsqu'il consignoit, dans cette espèce de testament solennel, la déclaration de sa religieuse fidélité et de son attachement inviolable au centre de l'unité catholique, il auroit pu adresser aux fidèles confiés à ses soins , le même langage que Bossuet adressa autrefois à la France entière, en terminant sa carrière oratoire : « Agréez ces derniers efforts