LIVRE HUITIÈME. ZgQ
c dune voix qui vous fut connue. , • C'est au trou- « peau que je dois nourrir de la parole de vie, que « je consacre les restes d'une voix qui tombe et « d'une ardeur qui s'éteint (i)« »
\ Ce Mandement de Fénelon fut en effet le dernier acte de son ministère apostolique. Il eut la consolation de le voir accueilli, à RomQ comme en France, avec les témoignages de la plus haute approbation (2). Le souverain Pontife lui«méme en parla avec l'expression de l'admiration la plus sincère , et chargea le P. Daubenton, de témoigner à l'arche* véque de Cambrai, combien Sa Sainteté étoit édifiée du zèle avec lequel il continuoit à soutenir la saine doctrine et les intérêts du saint«>siége.
\ Cependant, quelque décisive que fût, aux yeux de FéneloQ, la fiulle UnigenituSy pour terminer les discussions qui troubloient, depuis si longtemps , la paix de l'Église, il souhaitoit que le saint^siége don* nât une nouvelle autorité à cette Constitution, en l'adressant à toutes les Églises du monde catholique. Il regardoit cette mesure, comme un moyen na* turel et très-efficace, de rendre l'autorité de la Bulle plus incontestable , aux yeux des personnes préve-
(1} Pérorjiison de XOraisom ftmibre du primée 4e Cemié,
(2) Lettre du P, Le Teliier à Fémehn , du ao juillet 1714»
-^ Lettre du cardinal de Rohan^ du ai juillet. -^ Lettrée du
Pn Daubenlon^ des 18 août et 8 septembre. (Contapi^ de
nelorij t. IV, p. 48a, etc. 497, etc.)
4oO HISTOIBK DE F^NELON.
nues. C'est le sujet d'un Mémoire qu'il rédigea vers la fin de l'année 1714» ^^ qu'il se proposoit vraisemblablement d'envoyer au P. Daubenton, pour le communiquer au souverain Pontife (i)- La mort de l'archevêque de Cambrai, arrivée quelques semaines après la rédaction de ce Mémoire^ ne lui permit pas de renvoyer à Rome; du moins, nous n'avons aucune preuve qu'il y ait été envoyé; mais le vœu que Fénelon exprimoit dans ce Mémoire^ ne tarda pas à être accompli, parles nombreux témoignages d'adhésion à la Bulle Vmgenitus ^ que le saint-siége reçut, bientôt après, de toutes les parties du monde catholique (a).
Fénelon n'eut pas la consolation de voir la fin de Louis xrv, j^g troubles de l'Éfflise; mais il eut au moins celle
pour vaincre ^^
de n'être pas témoin des scènes scandaleuses qui suivirent sa mort et celle de Louis XiV. Ce prince avoit employé tous les moyens de persuasion qui étoient en son pouvoir, pour ramener le cardinal de Noailles à des sentiments et à une conduite plus conformes au caractère dont il étoit revêtu dans l'Eglise, et à la haute piété dont il faisoit profession.
Efforts iuntiles
la résistance du cardinal de Noailles.
(1) Mémoire sur les motifs qui doivent engager le saint siège à envoyer la Constitution Uvigehitus à toutes les Églises catholiques. (Corresp. t. IV, p. 577, etc.)
(a) Mémoires pour ' servir à Vhistoire ecclésiastique du xviu* siècle (par M. Picot) , 1. 1", p. i55, etc. — PrœL theol. de Gratin (auct. D. Montagne), 1. 1, p. 5o5, etc.