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wick apportoît à la nation, que IjOuisXIY, ramena par rage et par la religion à des maximes plus saines, étoit désabusé de toutes ses anciennes idées de faste et de magnificenee : toutes ses vues tendoient alors à rétablir Tordre dans ses finances, par une sage éco* nomie. Il ne plut pas à l'impénétral^le Providence d'accorder ce succès ^ux intentions bienfaisantes du monarque. I7£spag|ie vint se donner à laFramie, sans que Louis XIV eût désire ni recherché cet aocroissement de grandeur dans sa famille; il s'étoit même efforcé de prévenir, par des traités de partage sag^xient conçus et habilement négociés , les longues calamités de la guerre que eette riche succession devoit Aire renaître (i).
Des événements, que personne n'avoit pu ni prévoir ni prévenir, déconcertèrent toutes les combinaisons de sa politique; et au moment même où un testament solennel vint mettre aux pieds de son petit-fils toutes les couronnes des Espagnes et des Indes, Louis XIV hésita pour accepter ce magnifique présent (a). Il fallut que de mû^'cs délibérations et des raisons irrésistibles lui donnassent la triste conviction qu'il ne pouvoit échapper à la nécessité de la guerre , en offrant même de se réduire à la
(i) Voyez Vjibr, chron. defHist, de France, par HéBSuIt; et le Joumal du règne de Louis XIV, par le P. Griffet ; années 1698 el 1700.
(a) Voyea les Mémoires de Tercy^
4o HISTOIRE DE FÉNBLON.
part de cet héritage que les traités lui avoient assurée. Dans cette mémorable délibération y le duc de Beauvilliers opina pour refuser la succession d^Espagne, et s'en tenir au traité de partage. Le duc de Bourgogne fut du même sentiment; mais leur opinion étoit plutôt le vœu de deux cœurs vertueux, touchés des souffrances du peuple et des malheurs encore plus grands qui menaçoient la France, qu'un avis fondé sur une véritable conviction.
Telle fut la destinée de Louis XIYi que la seule guerre qu'il ne voulut pas faire , fîit une guerre juste et inévitable , et que cette guerre fut celle où il éprouva des revers qui mirent la France à deux doigts de sa perte (i). C'est à l'occasion
(i) Sans contester sur la justice de cette guerre, il est permis dépenser que les puissances étrangères ne Teussent probablement pas suscitée à la France , si la conduite de Louis XlVy pendant la plus grande partie de son règne , et principalement depuis le traité de Nimègue, en 1678^ ne les eût obligées à se tenir en garde contre ses prétentions excessives. S'il faut en croire le duc de Saint-Simon dans ses Mémoires y Louis XIY, qui n'ignoroit pas cette disposition des puissances étrangères , essaya d*abord d'en prévenir les suites I par la voie des négociations, qui eut Tinconvénient de donner à ses ennemis le temps d'armer et de s'unir contre lui. [Mém, t. XXiy, p. 108.) Mais quelle qu'ait été, à cet égard , la pensée de Louis XIY, de graves auteurs ont attribué la guerre de la succession à la juste défiance que sa conduite précédente avoit inspirée aux puissances de l'Europe. (Gastel de Saint-Pierre, Annales poUt. année 1700. —