LIVRE HUlTi£M
en y lisant ces paroles remarquables, qui anoonçoien t sa mort prochaîne ! a Nous retrouverons bientôt « ce que nous n'aurons point perdu ; nous en ap- « prochons tous les jours à grands pas; encore « un peu I et il n'y aura plus de quoi pleurer. » Le 1^^ janvier I7i5| trois jours après la date de cette lettre, Fénelon fut attaqué de la maladie dont il mourut (i).
Il nous reste à considérer Fénelon dans cette dernièi^ scène de la vie. Nous en avons le récit, tracé par uu témoin oculaire , qui nous eu a conservé tous les détails, avec cette fidélité et ce respect religieux que l'on doit à la mémoire des grands hommes. ,,
La douleur, dont Fénelon étoit accablé depuis la Dernière mala-
die de FéDeion; ses disposition
à suspendre un seul moment l'exercice des devoirs chrétiennes.
mort du duc de Beauviliiers , n'avoit pu l'engager ^.^ osiiion»
droit, que cette lettre de Fénelon étoit peut-ére la dernière qu*U eût écrite de sa main. Nous en avons trouvé dans nos manuscrits quelques autres, d'une date plus récente, encore écrites de sa main. Nous citerons en particulier celle qui se trouve dans le tome II de la Correspondance^ p. 284. (Édit.) (1) Les duchesses de Chevreuse et de Beauviliiers survécuredt assez longtemps à leurs maris, et continuèrent, dans leur viduité, les mêmes œuvres de piété et de chanté qu'elles avoient partagées avec eux. La duchesse de Chevreuse mourut en 17 Sa, âgée de quatre-vingt-deux ans; et la duchesse de Beauviliiers mourut au même âge en 1 736. {Mémoires de Saint-Simon j t. XXI, p. 84, etc.) (Note de fmatear.)
43a HISTOIEE 0£ FÉNELOIC.
de son ministère. « Quelques semaines avant sa (c maladie, au rapport du duc de Saint-Simon (i), «I il fit un court voyage de visites épiscopales; il ce versa dans un endroit dangereux ; personne ne fut <K blessé ; mais il aperçut tout le péril , et eut dans a sa foible machine toute la commotion de cet ac- « cident. Il arriva incommodé à Cambrai ; la fièvre ce survint, et Fénelon vit que son heure étoit ve-
a nue Soit dégoût du monde, si continuelle-
<c ment trompeur pour lui, et de sa figure qui ce passe; soit plutôt que sa piété entretenue par un ce long usage, et ranimée peut-être par ces tristes ce mais puissantes considérations de tous les amb a qu'il avoit perdus; il parut insensible à tout ce a qu'il quittoit , et uniquement occupé de ce qu'il ce alldit trouver, avec une tranquillité, une paix qui « n'excluoit que le troublç, et qui embrassoit la pé- « uitence, le détachement, le soin unique des choses ce spirituelles de son diocèse ; enfin avec une cona fiance qui ne faisoit que surnager à la crainte et ce à l'humilité. »
Voilà l'impression générale que la mort de Fcnelon laissa à Paris et à la cour. Le duc de Saint-
(i) Mémoires du duc de Saint-Simon^ t. XXII, p. i4^* Une lettre de Fénelon au chevalier DestoucheSy du aa oovembre 1714» expose en détail les circonstances de racxident dont parle ici le duc de Saint-Simon. (Voyez les Opus* eûtes inédits de Fénelon.) (Éoit.)