‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 130 sur 157 · LIVRE HUITIEME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIEME

Simon, en eu rendant compte, ne fait qu'exprimer l'opinion des gens du monde ; mais le témoin oculaire, dont nous avons annoncé le récit, entre dans des détails bien plus précieux pour tous les amis de la religion et de la mémoire de Fénelon.

Ce fut dans la soirée du i^^ janvier 171 5, que Fénelon fut attaqué de la maladie dont il mourut. « Cette maladie, qui ne dura que six jours et demi, < avec des douleui*s très-aiguës, étoit une fièvre fc continue, dont la cause étoit cachée (1). Pendant <c ces six jours entiers, il ne voulut être entretenu ce que de la lecture de l'Écriture sainte. Pendant les « premiers jours, on ne déféroit que par intervalles « à ses instances; on craignoit que l'application « qu'il portoit à cette lecture, n'empêchât l'efTet des « remèdes, et n'aigrit son mal. On ne lui lut d'abord « que le livre de Tobie, et peu à la fois; on y ajou- « toit, suivant les occasions, quelques textes sur la « fragilité des biens qui passent, et sur l'espérance « de ceux qui durent à jamais. Nous lui récitions « souvent, et il paroissoit charmé d'entendre les « derniers versets du chap. iv, et les neuf premiers « du chap. V de la seconde Épître de saint Paul aux

(i) Extrait cle la Relation de la maladie et de la mort de Fénelon^ par son aumônier. (Manuscrits.) On trouve aussi quelques détails sur les derniers moments de Fénelon, dans l'ouvrage de l'abbé Galet, Recueil des principales vertus de Varchev, de Cambrai ^ chap. 12. [Corresp, t. XI, p. 190, etc.) (Édit.)

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« Corinthiens, Répétez encore cet endroit^ me dit- «c il en deux occasions. Dans les intervalles , on cr lui parla de quelques expéditions pressantes pour « les affaires de son diocèse, et il les signa. On lui dece manda s'il n'avoit rien à changer à son testament, d qui létoit de 1 70^ ; et il fit un codicile pour substi- « tuer l'abbé de Fénelon à l'abbé de Langeron, qu'il a aveit précédemment nommé son exécuteur testaoc mentaire. Jelui demandai, en mon particulier, ses ff derniers ordres, par rapport aux deux ouvrages ti qu'il faisoit imprimer (1).

<c Les deux derniers jours et les deux dernières a nuits de sa maladie, il nous demanda avec instance a de lui réciter les textes de l'Écriture les plus convecc nables à 1 état où il se trouvoit. Répétez, répétezfurnjoiy disoit-il de temps en temps, ces divines « paroles. Il les achevoit avec nous, autant cpie ses a forces le lui permettoient. On voyoit dans ses «c yeux, et sur son visage, qu'il entroit avec ferveur % dans de vifs sentiments dç foi , d'espérance , d'ace mour, de résignation , d'union à Dieu , de confora mité à Jésus-Christ, que ces textes exprimoient

oc II nous fit répéter plusieurs fois les paroles que

(1) L'un de ces ouvrages étoit V Instruction pastorale, en forme de Dialogues^ sur te système de Jansénius, (Voyez plus haut, t. III, p. 378.) L'autre, étoit un Manuel de piété, qui parût en 17 15, sous le titre de Prières du matin et du sotr^ auec des Réflexions saintes pour tous les jours du mois, (Voyez VHist, litt, de Fénelon » p. 96. (Édit.)

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