LIVRE HUITIÈME
« l'Église a appliquées à saint Martin^ et met dans la « bouche de ce grand ëvêque de l'Église gallicane: « Seigneur, si je suis encore nécessaire à votre « peuple j je ne refuse point le travail; que votre « volonté soit faite! O homme ^ qui! on ne peut as^ a sez louer! il n^apas été surmonté par le traifoil; « il ne devfoit pas même être vaincu par Iç, mort; « Une craignit pas de vivre, et il ne refusa pas de c mourir. L'archevêque de Cambrai paroissoit plein « du même esprit d'abandon à la volonté de Dieu. a £n cette occasion , et à l'imitation des disciples de « saint Martin^ je pris la confiance de luic^emander : « Mais pourquoi nous quittez^vous P Dans cette « désolation^ à qui nous laissez-^vous ? Peut-être « que les loups ravissants viendront ravager votre « troupeau, 11 ne répondit que par des soupirs.
« Quoiqu'il se fût confessé la veille de Noël, avant R de chanter la messe de minuit, il se confessa de « nouveau, dès le second jour de sa maladie. Le troi* a sième jour au matin, il me chargea de lui Êiire « donner le viatique ; une heure après, il me de- « manda si j'avois tout disposé pour cette cérémonie. « Comme je lui représentois que le danger ne paroisa soit pas assez pressant : Dans l'état où je me « sens y dit-il , je ri! ai point d affaire plus pressée.
a II se fit porter aussitôt , de la petite chambre «'qu'il occupoit habituellement, dans -sa grande <c chambre. Il désira que tous les membres de son
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ce chapitre pussent y entrer, et être présents à cet «c acte de religion. Avant de recevoir le viatique, « il adressa à tous les assistants quelques paroles «r d'édification , que je ne pus entendre que confu* cr sèment, me trouvant alors trop éloigné de son lit.
<K Dans l'après-midi du quatrième jour de sa maa ladie, M. Tabbé de Beaumont et M. le marquis a de Fénelon, ses neveux, arrivèrent en poste de a Paris ; il éprouva une sensible consolation en les (K revoyant; il leur demanda qui leur avoit donné a lalarme. La douleur ne leur permit pas d'articuff 1er un seul mot ; ils se contentèrent de montrer « M. Tabbé de Fénelon, qui se trou voit à Cambrai Cl lorsque la maladie se déclara.
ce Quelque sensible que je l'eusse vu à la mort a de M. l'abbé de Langeron, son ami intime, et (c à celle de M. le duc de Bourgogne, son élève, <c il vit, sans pleurer, dans sa dernière maladie, (€ l'affliction et les larmes de toutes les personnes a qu'il aimoit le plus tendrement
« M. l'abbé de Beaumont et M. le marquis ff de Fénelon avoient pris la précaution d'amener <c avec eux de Paris le célèbre Chirac (i) , qui cona fera immédiatement avec les médecins du pays, a qui avoient traité et suivi la maladie ; ils convin-
(i) Pierre Chirac, né en Rouergiie en i65o, mort le II mars i73a, premier médecin de Louis XV, âgé de quatre-vingt-deux ans.