‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 137 sur 157 · LIVRE HUITliOtfC · texte numérisé non relu

LIVRE HUITliOtfC

ff que ces deux amis, si chrétiens, ne refuseront pas ff leurs soins et leurs conseils à mon héritier.

tf Quoique j'aime tendrement ma famille , et Cl que je n'oublie pas le mauvais état de ses affaiff res, je ne crois pourtant pas lui devoir laisser c ma succession. I^ics biens ecclésiastiques ne sont a pas destinés aux besoins des familles ; et ils ne ff doivent point sortir des mains des personnes attaa chées à l'Église. J'espère que Dieu bénira les deux « neveux que j'ai élevés auprès de moi, et que j'aime a avec tendresse , à cause des principes de pi-obité « et de religion dans lesquels ils me paroissent s'afa fermir.

c( Signé Fr. arche V. duc de Cambrai. « Fait à Cambrai, le 5 mai 1705. »

Le jour même de la mort de Fénelon (7 janvier 171 5), on fit lecture au chapitre de Cambrai de son testament (i) ; et le chapitre arrêta qu'il seroit &it

(i) L*abbéde Chanterac se trouvoità Cambrai, à l'époque de ce triste événement. On lit dans les registres du chapitre métropolitain de cette ville, sous la date du 7 janvier 1715 : « Il est fait lecture au chapitre^ du testament de monseigneur « rarchevéque, décédé le même jour à cinq heures du matin. « M. de la Cropte de Chanterac, archidiacre, et M. Tabbé « de Fénelon, écolâtre, désignés exécuteurs testamentaires « par le prélat , font serment de bien remplir cet office, et

Lettres

do chapitre

de Cambrai ,

sur la mort

de Fénelou.

part de cette mort au chancelier Voysîn , ministre et secrétaire d'État au département de la guerre , qui avoit le Cambrésis dans son département.

La lettre du chapitre à ce ministre , atteste la profonde impression qu'une perte aussi imprévue avoit laissée dans tous les cœurs , et Tunion qui avoit toujours régné entre l'archevêque de Cambrai et son chapitre.

a MoirSEiGNEUR ,

« C'est dans les sentiments d'une très-vive douât leur , que nous sommes obligés de donner part à (c Votre Excellence, de la perte que nous venons K de faire de Monseigneur notre archevêque, dé- 'c cédé hier à cinq heures du matin. L'édification a avec laquelle il a rempli pendant toute sa vie les <( devoirs de l'épiscopat, et la parfaite union qu'il oc nous a fait l'honneur d'entretenir avec nous jus-

« d'en rendre bon compte. » L'abbé de Chanterac ne survécut pas longtemps à une perte aussi accablante ; il ne put même prendre sur lui, de continuer à habiter des lieux oii tout lui rappeloit l'objet de sa douleur. Il se retira dans sa famille à Périgueux, où il mourut le ao août 17 15, environ sept mois après la mort de Fénelon. C'est ce que nous apprennent les registres du chapitre de Cambrai, sous la date du u septembre 1716 : « Ce jour, M. de Beaumont» archi- « diacre, annonce au chapitre, que M. de la Ci*opte de Chan- « terac, archidiacre, est décédé le %o du mois d'août précé- « dent, à Périgueux. » {Noie de l'auteur»)

UVme HOITIBME. 4^5

m qu'au dernier moment , nous rendent si sensibles « à sa mort, que nous ne pouvons, Monseigneur , « assez témoigner à Votre Excellence, à quel point « nous en sommes affligés. Nous trouverons, Mon- « seigneur , dans notre malheur un véritable sujet « de consolation , si vous daignez nous honorer ce de votre protection auprès de Sa Majesté ; nous <K tâcherons de la mériter par nos prières et nos ce vœux. A Cambrai , 8 janvier 1 7 1 5. p

Ije chapitre adressa le même jour de pareilles lettres , avec les modifications prescrites par les convenances, aux chefs civils et militaires de la pro* vince de Flandre.

Dans celles qu'il écrivit aux évêques sufFragants de la métropole de Cambrai , le chapiti*e leur demandoit «le secours de leurs prières, pour obtenir « de la bonté du ciel un successeur qui imitât parce faitement toutes les vertus du prélat qui venoit a d'être enlevé à la religion et à l'Église (1). »

Ces témoignages du chapitre de Cambrai n'é* toient que l'expression fidèle des sentiments d'à* mour^ de respect et de concorde , qui avoient toujours uni Fénelon et le premier corps ecclésiastique de son diocèse ; les registres du chapitre nous en offrent les preuves les plus touchantes et les plus invariables, pendant un épiscopat de vingt ans. Un

(i) Registres du chapitre de Cambrai.

Son oraiion

funèbre

est supprimée,

d'après Tavis

de

«es exécuteurs

testamentaires.

456 HlSTOmfi DE F^NEbOir.

simple malentendu, dans une seule circonstance, donna lieu à une légère discussion ; a mais une « seule conférence entre Monseigneur Varchei^éque 9 et son chapitre j avoit suffi pour concilier tous « les intérêts et toutes les parties (i). »

Ces mêmes registres nous apprennent^ à l'époque de la mort de Fénelon , un fait bien remarquable. Il On examina, dans une assemblée du chapitre de Cambrai , s'il conviendroit de prononcer l'oraison funèbre du prélat défunt , dans la cérémonie de ses funérailles , comme on avoit fait quelquefois en de semblables occasions. Le chapitre laissa entièrement la décision de ce point aux exécuteurs testamentaires j qui ne furent point d'avis de faire prononcer l'oraison funèbre (a), y Ces exÀmteurs testamentaires étoient l'abbé de Chanterac»f cet ancien et fidèle ami de Fénelon, dont nous avons si souvent parlé, et l'abbé de Fénelon son petitneveiu On doit bien penser que les considérations les plus puissantes purent seules les porter à refuser à U douleur publique ces tristes et derniers

(i) Registres du chapitre de Cambrai.

(a) Voyez le texte des Registres du chapitre^ cité par M. Le Glay, dans sa Notice sur le monument élepé à Fénelon , en i8ai| ; in'S^ (p. 9). Le texte des Registres du chapitre^ et les observations dont il est suivi dans là Notice y nous ont donné Heu de corriger un peu, sur ce sujet, le texte du cardinal de Bausset. (Kdit.)

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