‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 15 sur 157 · LIVRE 6EPT1ÈHE · texte numérisé non relu

LIVRE 6EPT1ÈHE

« cens prodigue sans cesse. Les malhonnêtes gens « ne louent un prince , que pour en tirer quelque « bienfait. C'est Tâmibition qui se joue de la vanité^ oc et qui la flatte pour la mener à ses fins. C'est le « tailleur qui appelle M. Jourdain monseigneur ^^ <x pour lui attraper un ëcu (i). Un grand roi doit K être indigné, qu'on le suppose si vain et si feible^ er Nul homme ne doit être assez hardi pour le louer « en face ; c'est lui manquer de respect» Vous saves « que Sixte Y défendit sévèrement de le louer.

« 1 Un roi n a plus d'autre honneur ni d'autre « Intérêt que celui de la nation qu'il gouvei*ne. On «r jugera de lui par le gouvernement de son royaume^ ce comme on juge d'un horloger par les horloges de « sa façon, qui vont bien ou mal. Un royaume est c bien gouverné, quand on travaille sans relâche^ c autant qu'on le peut, à ces choses : i ^ à le peu*» c pler; 3^ à faire que tous les hommes travaillent « selon leurs forces, pour bien cultiver les terres; 3^à a £isre que tous les hommes soient bien nourris, « pourvu qu'ils travaillent \ \^ kn^ souffrir ni fai^^ «c néants ni vagabonds; 5^ à récompenser le mérite; « 6^ à punir tous les désordres; 7° à tenir tous les a corps et tous les particuliers, quelque puissants ce qu'ils soient, dans la subordination ; 8^ à modé^*

(i) Voyez Molière y Le Bourgeois gentilhomme ^ acte II , scèDe 9.

48 HISTOIRE DE F^NELOIT.

a rer l'autoritë royale en sa propre personne, de « façon que le Boî ne fasse rien par hauteur, par « violence, par caprice ou par foiblesse, contre les « lois; 9^ à ne se livrer à aucun ministre ni favori. « Il faut écouter les divers conseils, les comparer, « les examiner sans prévention ; mais il ne faut ja- « mais se livrer aveuglément, en aucun genre, à « aucun homme: c'est le gâter, s'il est bon; c'est « se trahir soi-même, s'il est mauvais.

« 1 Par cette conduite , un roi fait véritablement ff les fonctions de roi, c'est-à-dire, de père et de a pasteur des peuples. II travaille à les rendre justes, ff sages et -heureux. Il doit croire qu'il ne fait son « devoir, que quand il est, la houlette à la main , « à faire paître son troupeau, à l'abri des loups. Il a ne doit croire son peuple bien gouverné, que « quand tout le monde travaille, est nourri, et obéit a aux lois. U y doit obéir lui-même; car il doit « donner l'exemple ; et il n'est qu'un simple homme a comme les autres, chargé de se dévouer pour leur « repos et pour leur bonheur.

« lll faut qu'il fasse obéir aux lois, et non pas à ce lui-même. S'il commande, ce n'est pas pour lui, « c'est pour le bien de ceux qu'il gouverne. U ne « doit être que l'homme des lois et l'homme de a Dieu. U porte le glaive pour se faire craindre « des méchants. Il est dit que tous les peuples crai' « gnirent le Roi^ voyant la sagesse qui éloit en

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