‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 17 sur 157 · LIVRE SEPTlèBfR · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTlèBfR

Quelque sages et utiles que fussent les règles Profond secret de conduite et les principes de gouvernement ex- * ^^f

'^ * ^^ oorrespondance.

posés dans cette lettre, on pense bien que Fénelon, origine de la dans l'état de disgrâce où il étoit alors, ne pouvoit ^"*" ^? ^ **'^ entretenir une pareille correspondance avec le marquis de Louville, qu'avec les plus grandes précautions. Aussi une partie de la lettre que nous venons de citer, est-elle employée à concerter, avec le marquis, des moyens sûrs et convenables pour cou« vrir leur correspondance du plus profond secret* « Yoilà bien des précautions, dit Fénelon, pour le a plus innocent de tous les secrets! Nous ne vou- « Ions, ni vous ni moi, nous en servir pour au- « cune intrigue , ni vue humaine. Il ne s'agit que «de commerce d'amitié, de consolation et d'é- « panchement de cœur. Si les maîtres le voyoient , « ils ne verroient que franchise, droiture et zèle pour a eux. 9

Depuis que Louis XIV eut accepté le testament de Charles II pour son petit-fils, il dut espérer pendant quelque temps, qu'il ne seroit point entraîné dans une guerre générale contre toute l'Europe; il put au moins présumer qu'il n'auroit à lutter que contre la maison d'Autriche, dont les préten-

important que le roi d* Espagne se fasse instruire ^ et sur quelques parties de l'administration spirituelle et temporelle de son royaume. (Opuscules de Fleury; édition de Nîmes, >7^o^ in.8°; t. III, p. aS/ra;^.) (Édit.)

Mémoire

sur les moyens

de prévenir

celle guerre.

a8 août 1701.

54 HISTOIRE DE FiflTELON.

tîons et les forces ne lui paroissoient pas très-redoutables. Il dut même se confirmer dans cette confiance, lorsque l'Angleterre et la Hollande eurent consenti à reconnoitre Philippe Y pour roi d'Espagne. En dérogeant ainsi elles-mêmes aux traités de partage qu'elles avoient proposés et garantis, ces deux puissances sembloient avouer que Ix>uis XIV n'avoit pu se dispenser d'obéir au vœu de la nation espagnole et de son dernier roi. Mais on eut bientôt lieu de juger que cette reconnoissance simulée n'avoit servi que de voile aux projets les plus sinistres contre la France.

Ce fut dans cet intervalle que Fénelon se hâta de faire passer au duc de BeauvilHers, un yl/emoire très-étendu dont nous avons sous les yeux le manuscrit original , daté du a8 août 1701 (i). A cette époque, on ne pouvoit plus guère douter que l'Angleterre et la Hollande ne concertassent déjà , avec la maison d'Autriche , le plan de cette grande alliance qui réunit , l'année suivante , toute l'Europe contre Louis XIV. Fénelon propose plu-« sieurs moyens pour tâcher de détourner l'orage tandis qu'il en étoit encore temps.

Il établit d'abord en principe , que Louis XIV doit être fidèle à l'engagement qu'il a pris avec la

(1) Mémoire sur les moyens de prépenir la guerre de la succession, [Œuvres de Fénelon; t. XXII , p. 467.)

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