‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 24 sur 157 · LIVRE SEPnàME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPnàME

espion ennemi , qui s'étoit introduit dans son camp, fut découvert et arrêté; le jeune prince crut, qu'à raison de quelques circonstances particulières , on pouvoit sans inconvénient lui épargner le dernier supplice* On voulut le détourner de cet acte de clémence, en lui faisant observer que cet espion étoît huguenot. « Cesi pour cela , répondit-il en a riant, qu'il a besoin de temps pour s'instruire « et se convertir. »

Le Vîeux-Brisach fut pris le 7 septembre 1 703 ( i ), après quatorze jours de tranchée ouverte; et le duc de Bourgogne demanda au Roi la pennission d'entreprendre le siège de Landau ; mais Louis XIY, instruit que ce jeune prince s'étoit exposé avec témérité au siège du Vieux-Brisach, craignit qu'il ne se compromît avec trop d'imprudence à celui de Landau , dont l'entreprise étoit encore plus hasardeuse, et dont le succès paroissoit trop incertain , dans une saison aussi avancée ; il eut ordre de revenir à Versailles, et de remetti*e au maréchal de Tallard le commandement de l'armée , et la conduite du siège de Landau.

(i) Le cardinal de Bausset plaçoit la prise du Vieux-Brisach au a3 septembre 1708. Mous corrigeons cette date, d'après le Journal du règne de Louis XIV ^ par le P. Griffet , et d*aprês la médaille frappée à l'occasion de l'événement dont il s'agît. On peut voir la description de cette médaille dans la Vie du Dauphin ^ père de Louis XV ^ par l'abbé Proyart; liv. n. (Édition in-ia, Paris, 1819; p. ia40 (É^it.)

78 HISTOIRE DE FÉirELON.

Conseils Fénelon ^ privé de la consolation de voir le duc

e eneon Je Bourcoffue en Flandre, lui fit passer, par le duc

au jeune prince, t> n 7 r 7 r

sur la conduite deBeauviUierSy ses avis et ses instructions sur la con- *'"àrarm'*"*'^ duite qu'il devoit tenir à l'armée d'Allemagne. On retrouve toujours le sentiment et le langage d'un père, jusque dans les conseils qu'il lui donne , sur des soins et des attentions qui peuvent paroître indifférents dans des particuliers, mais qui ont sou» vent tant d'influence sur la réputation des princes, sans cesse exposés aux regards et à la censure publique.

oc Quand M. le duc de Bourgogne sera à l'armée, V disoit Fénelon (1), il aura raison de ne vouloir a souffrir aucun excès de vin à sa table ; mais il lui « convient fort de continuer cette longue société de « table, et cette liberté de conversation pendant « le repas, qui a charmé les officiers dans la der- « nière campagne. Il est bon de continuer cette af- (( fabilité, aux autres heures de commerce. Le préa texte naturel de se renfermer pour écrire à la cour, « lui donnera toujours des heures de retraite pour a les choses plus solides.

fc Quand il y aura à l'armée quelque désordre de « mœurs, il peut donner des ordres généraux bien (c appuyés , pour les réprimer sévèrement ; mais il

(t) Nous ignorons d'où est tiré ce firagment; le cardinal de Bausset l'a probablement cité d'après un manuscrit que nous n'avons pu retrouver. (Édit.)

Page 1