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« principes que ceux de leur fortune. Je vous V avouerai ingénument que je ne connois rien de a si doux à un cœur noble et généreux , que de « pouvoir se venger ainsi de ses ennemis, et de ceux « qui se sont portés le plus indignement à nous a faire du mal, c'est-à-dire, en bien faisant à leur ff égard, et faisant même des œuvres de suréroga- «t tion, dans le temps que ces mêmes personnes ne « s y sont pas portées, quoique plus obligées à le a faire, pour remplir leurs devoirs. Je suis sûr que ce cette action, qui vous attirera tant de louanges, « et qui devoit vous attirer tant de récompenses dès a cette vie, ne vous a guère coûté; et je suis même « persuadé qu'au pied de votre crucifix, vous avez ff eu au moins à étouffer des sentiments de comptaitf sance et de joie que vous avez ressentis en la faite sant, par le principe d'une vengeance permise, et «r si naturelle aux grands et nobles cœurs tels qu'est a le vôtre. Car si je ne connois rien de si contraire à fr la nature humaine la plus parfaite, que de parce donner sincèrement, et de vouloir du bien h ceux « qui nous font le plus de mal ; . . . rien , d'un autre « coté, ne me paroit plus doux pour un cœur noble a et généreux, qui (se trouvant en état de se pouvoir a venger de ceux qui nous veulent et nous font le a plus de mal) ne le fait que pour leur faire du bien, « et un bien auquel ils ne s'attendent pas, tant leur et cœur est éloigné de pratiquer la même chose. »
XOa HISTOIRE DE FJJNELON.
Le cardinal de Bouillon s'ëtoit trompé» lorsqu'il sembloit croire que cette belle action de Fënelon devait lui attirer des récompenses dès cette vie. L'archevêque de Cambrai s'attacha à en ëtouffer le bruit dès le premier moment ; il ne voulut pas ajouter aux malheurs de Louis XIY le sentiment péni^ ble que lui auroit fait éprouver un acte aussi éclatant d'insubordination parmi ses troupes. On doit bien penser que la délicatesse de Fénelon fut parfaitement secondée par le ministre, et qu'il se donna bien de garde d'instruire le Roi d'un événement qui pouvoit accuser son imprévoyance ou son 3^j impéritie.
Campagne Mais la Campagne de 1 708 fut pour le duc de
^ 'd*^v Bourgogne, la crise la plus terrible et la plus viodôme est associé lente, à laquelle un jeune prince de son caractère et de a» d"c gQn rang pût jamais se trouver exposé. Ce fut alors
de Bourgogne. o i .» i ^
qu'il eut à exercer ces vertus difficiles , dont Fénelon lui avoit appris l'usage. Jamais peut-être la religion n'a remporté une victoire plus étonnante sur les passions; jamais prince n'eut plus besoin d'être soutenu par Fénelon ; et la Providence, qui avoit prévu l'extrémité où il seroit réduit, lui ménagea le bonheur de pouvoir correspondre avec plus de facilité avec son sage instituteur.
On étoit informé que le prince Eugène et le duc de Marlborough dévoient porter dans les Pays-Bas le principal théâtre de la guerre , et tous les efforts
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des armées alliées» Le duc de Bourgogne Ait nommé généralissime d'une armée de cent mille hommes en Flandre ; le duc de Vendôme et le maréchal de Matignon furent destinés à commander sous ses or^ dres. Mais ce vain titre de généralissime ne deroit être pour le jeune prince^ qu'une décoration accordée à sa naissance ; et les instructions qu'il avdit reçues du Roi, le subordonnoient aux atisdu duc de Vendôme. L'expérience si malheureuse y et encore si récente^ des dangers et des inconvénients qu'offre le partage du commandement, n'avoit pas dégoûté le cabinet àe Versailles d'un système presque im-» praticable dans la conduite d'une campagne mili^ taire.
Par une singularité remarquable, à l'afTaire de Turin en 1 706, le courage et le génie du duc d'Or* léans s'étoient yds enchaînés par la circonspection trop prudente du maréchal de Marsin, revêtu de toute l'autorité dans l'armée que le duc d'Orléans étoit censé commander. Pendant la campagne de 1708, le duc de Bourgogne, non moins intrépide, mais plus circonspect que le duc d'Orléans^ fut soumis aux ordres du duc de Vendôme, dont la valeur, souvent téméraire, et toujours hasardeiise , étoit capable de conduire à une perte inévitable une année entière, seule et dernière ressource de la France.
Le nom du duc de Vendôme est resté parmi ceux
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des grands capitaines qui ont honoré la France , et illustré le siècle de Louis XIY. Il avoit en effet une grande partie des qualités brillantes qui font les héros de la guerre, un courage intrépide, un coup d'œil sûr et rapide, une ambition démesurée de la gloire et des honneurs, et la confiance des soldats , par une sorte de familiarité populaire qui les charmoit, et les portoit à tout braver dans un jour d'action. Il a eu surtout l'avantage décisif d'avoir fixé en sa faveur le jugement de ses contemporains et l'opinion de la postérité , en mourant , pour ainsi dire, dans le champ de la victoire, après avoir rétabli Philippe Y sur le trône d'Espagne (i). Mais à ces grandes qualités il joignoit de grands défauts, même dans la partie militaire ; et sans emprunter au duc de Saint-Simon , peut-être trop prévenu contre lui, les traits sévères sous lesquels il l'a peint, on peut sans doute lui reprocher avec ses admirateurs mêmes (2) « de n'avoir pas toujours «c assez médité ses desseins, d'avoir trop négligé les a détails, d'avoir laissé périr la discipline militaire, a de donner à la table et au sommeil la meilleure o partie de son temps, de ne se lever souvent qu'à a quatre heures après midi , et de s'être exposé plus
(i) Par la bataille de Villa-Viciosa, gagnée le 10 décembre (a) Siècle de Louis XlVy par Voltaire.