‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 32 sur 157 · LIVRE SEPTIÈME. lo · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. lo

« d*uoe foisy par cet inconcevable abandon, au dan-^ « ger d'être enlevé. »

11 falloit que cette opinion fût bien généralement établie, puisque deux ans atant la campagne de 1 708, et dans un temps où Ton ne pouvoit par conséquent supposer que Fénelon fût inspiré par le ressentiment des procédés du duc de Vendôme envers le duc de Bourgogne , il en portoit le même jugement (i). « M. de Vendôme, <c écrivoit - il , est paresseux , inappliqué à tous A les détails, croyant toujours tout possible, sans tf discuter les moyens, et consultant peu. Il a de ff grandes ressources par sa valeur et par son coup tf d'œil, qu'on dit être très -bon pour gagner une « bataille; mais il est très -capable d'en perdre c une par un excès de confiance : alors que deviena droit-on ?. . . . Il ne peut souffrir la supériorité « des ennemis sur lui ; c'est une honte et un dépit « personnel. Les ennemis prendront des places trèsff importantes devant lui , pour percer notre fron- « tière et entamer le royaume, ou bien ils l'enga- <r geront à une bataille ; c'est ce qu'il cherche. « S'il la perd, il hasarde la France entière. C'est c sur quoi on doit bien délibérer, sans l'abandonner « à son impétuosité. Il faudroit un Charles V, pour

(i) Lettre de Fénelon au duc de Chevreuse^ la nov. 1706. (Corresp. I. I, p. 176 et 176.)

106 HISTOIRE DS FÉNELOIC.

« retenir Bertrand du Ouesclin ; il ne s*agit pas de a la campagne de M. de Vendôme, mais de la for-* a tune de TËtat. »

Voilà ce qtfécritoit Féneloti en 1706, et on croit lire l'histoire de la campagne de 1 708. Mais en supposant même que le duc de Vendôme n'eût pas tous les défauts qu'on lui reprochoit, il étoit, de tous les généraux de son temps, celui qu'on devoit le plus éviter d'associer au duc de Bourgogne dans le cdin* mandement de la même armée. 11 tenoit à une cabale puissante, uniquement occupée à braver le duc et la duchesse de Bourgogne, et tout ce qui leur étoit attaché. Il faut le dire : le Dauphin fils de Louis XIV^ et père du jeune prince, avoit la faiblesse d'être jaloux des grandes qualités de son fils ; il croyoit y trouver la censure de sa vie insouciante et inappliquée. Il s'étoit environné d'une troupe de courtisans, qui ne s'étoient que trop aperçus de cette affligeante disposition, et s'étudioient à l'entretenir. Ils avoient malheureusement réussi à élever des barrières entre le père et le fils, et à écarter tout ce qui auroit pu les rapprocher, si la mort du Roi, que son âge déjà avancé permettoit de prévoir, laissoit l'héritier du trône en leur pouvoir. Tous ceux qui composoient cette cour, redoutoient d'ailleurs les principes austères du duc de Bourgogne, et l'influence des amis vertueux qui paroissoient naturellement appelés à sa confiance. Le duc de

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