‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 35 sur 157 · LIVRE SEPTIÈME. III · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. III

« me donner conseil. Fous savez V amitié que foi

« toujours eue pour vous, et que je vous ai rendu

« justice au milieu de tout ce dont on vous accU"

et soit injustement. Soyez persuadé que rien ne sera

d capable de la diminuer, et qu'elle durera autant

a que ma vie.

« Louis. »

La prise de Gaud fut presque immédiatement Combat d'Ou-

suivie du malheureux combat d'Oudenarde (i), où *désoffcnle duc de Vendôme chercha à réparer par de^ pro« sants du duc digesde valeur, le tort qu'il avoit eu de s'être laissé ^^,J^ xeàMo^ surprendre par sa négligence. Il fut dégagé à propos de Bourgogne. par le duc de Bourgogne , par le duc de Berry son frère, et par le fils de Jacques 11, prétendant k la couronne d'Angleterre. Ce jeune prince scrvoit alors dans Tatmée fraqçoise , sous le nom de chevalier de Saint-Georges , et cherchait à illustrer, d^ps la carrière des armes, un nom toujours m£|lheureuK sur le trône. Ces trois princes s'exposèrent, dans cette occasion, avec une hardiesse qui faillit leur être funeste , par le danger où ils furent d'être enveloppés tout à coup par les ennemis.

I>e combat d'Oudenarde fut peut-être moins désastreux par la perte qu'on y essuya (â), que par la divisÎQQ qu'on vit éclater entre les chefs de l'armée

(i) II juillet 1708.

(2) Les François n'y perdirent que ({^ux mille hommes.

112 élISTOlRE DE F^NELON.

françoise. Le duc de Vendôme, furieux de s'être laissé surprendre , vouloit qu'on couchât sur le champ de bataille , et qu'on recommençât le combat le lendemain. Cet avis fut discuté dans le conseil des officiers généraux ; et ce fut à cette occasion que le duc de Vendôme se permit, envers le duc de Bourgogne y des procédés qui paroitroient incroyables, s'ils n'étoient attestés par les mémoires et les lettres des contemporains. Nous nous bornerons à rapporter ce qu'en a écrit le duc de Saint- Simon, avec un ton de vérité qui semble rendre cette scène encore présente à l'imagination des lecteurs (i).

a Après le combat d'Oudenarde , les princes con- «r sultèrent, avec M. de Vendôme, ce qu'il y avoit à «faire, qui, de fureur de s'être si cruellement cr mécompte , brusquoit tout le monde. M. le duc c( de Bourgogne voulut parler : M. de Vendôme, « enivré d'autorité et de colère , lui ferma à l'in- « stant la bouche, en lui disant d'un ton impérieux , « devant tout le monde : qiCil se souvint qiCil /iV- « toit venu à V armée ^ qi£h condition de lui obéir. (c Ces paroles énormes , et prononcées dans les fuce nestes moments où l'on sentoit si horriblement le a poids de V obéissance , dont sa paresse et son opi- « niàtreté venoient de rendre les suites si désas-

(i) Mémoires de SainU'Simon; t. XI, p. 21 1, etc.

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