‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 36 sur 157 · LIVRE SEPTIÈME. I · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. I

« treuses, firent frëmir tous ceux qui les enten- « direat.

« Le jeune prince, à qui elles furent adressées , « y chercha une plus difficile victoire que celle qui c se remportoit actuellement par les ennemie sur a lui. Il sentit qu'il n'y avoit point de milieu entre c les dernières extrémité et l'entier silence, et fut « assez maître de lui pour le garder. Vendôme se cr mit à pérorer sur ce combat , à vouloir montrer c qu'il n'étoit point perdu , à soutenir que la moic tié de l'armée n'ayant pas combattu , il falloit

< tourner toutes ses pensées à recommencer le len-

a demain matin Chacun écouta en silence un

c homme qui ne vouloit pas être contredit , et qui ff venoit de faire un exemple aussi .coupable qu'in- « croyable, dans l'héritier nécessaire de la couronne, tt de quiconque hasarderoit autre chose que des ap- « plaudissements. Le silence dura donc, sans que « personne osât proférer une parole. 11 venoit ce- « pendant des avis de tous côtés, que le péril étoit « extrême. Puységur, arrivant devers la maison du « Roi, en fit un réôit qui ne laissa aucun raisonne- « ment libre, et que le maréchal de Matignon osa

< appuyer Vendôme, ne voyant plus nulle ap-

c parence de résister davantage à tant de convicc tions, et poussé à bout de colère, s'écria : Hé « bieny Messieurs y je vois bien que vous le voulez c tous ; Ufaut donc se retirer. Et l'on se retira. »

Il4 HISTOIRE DE titfELOJX.

Cette retraite ëtoit d'autant plus nécessaire^ que ,

comme Tont observe tous les historiens, appuyés

sur le témoignage uniforme des militaires qui ont

parlé de cet événement , « on se seroit retrouvé le

« letademain dans une position plus mauvaise encore

« que celle de la veille, l'armée Françoise étant sé-

33 « parée par celle des ennemis ( t )> »

Siège de Lille; Le prince Eugèuc et Marlborough firent alors

biiqule M^^ toutes les disposîtious nécessaires pour entreprendre

entre le duc le siégc de Lille. Le maréchal de Boufflers étoitac-

^^eiîeïiT"* c®^**^ po">^ défendre la capitale de ton gouvernede Vendôme, ment^ aussitôt qu'il Tavoit vue menacée. Ce siège mémorable dura quatre mois , et il a illustré le nom du maréchal de BoufHers. Il y développa des talents et des vertus dignes des temps héroïques de l'histoire.

L'armée du duc de Bourgogne étoit destinée à faire lever le siège de Lille ; et la belle défense du maréchal de BoufHers laissa tout le temps néœssaine pour foncer les ennemis à une retraite ou à une bataille. Toute la France avoit les yeux fixes sur le duc de Bourgogne ; et il étoit assez naturel de croire qu'il hasarderoit tout , plutôt que de laisser ies ennemis ae rendre maîtres de la plus belle conquête du Roi son grand^père, en présence d'une armée de cent mille hommes , commandée par son

(i) jÉbn cknm. tu priMemi Hénault; année 1708.

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