LIVRE SEPTIEME
« soutient pour son propre intérêt le poids de cette « guerre... Il faudroit que chacun crut, que, supposé « même qu'elle ait été entreprise mal à propos, le Roi « a fait dans la suite tout ce qui dépendoit de lui « pour la finir, et pour débarrasser le royaume ; mais
< qu'on ne peut plus reculer, et qu'il ne s'agit de ff rien moins que d'empêcher une totale invasion, c En un mot, je voudrois qu'on laissât aux hommes a les plus sages et les plus considérables de la nac tion, à chercher les ressources nécessaires pour a sauver la nation même. Ils ne seroient peut-être « pas d'abord au fait; aussi seroit-ce pour les y
< mettre , que je voudrois les faire entrer dans cet cr examen. Alors chacun diroit en soi-même : Il n'est « plus question du passé; il s'agit de l'avenir. C'est « la nation qui doit se sauver elle-même; c'est à elle c à trouver des fonds, partout où il y en a, pour le c salut commun. Il seroit même nécessaire que tout « le monde sût à quoi l'on destineroit les fonds « préparés, en sorte que chacun fût convaincu que « rien n'en seroit employé aux dépenses de la cour.
« J^avoue qu*un tel changement pounvit émoU'^ « voir trop les esprits^ et les faire passer tout à « coup dune absolue dépendance à un dangereux « ejccès de liberté, C est par la crainte de cet inr- « com/énientj que je ne propose point (F assembler « les états généraux^ qui, sans cette raison ^ se^ « roient très^nécessairesy et qu'il seroit capital de
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a rétablir; mais comme la trace en est presque « perdue^ et que le pas à faire est très^glissant « dans la conjoncture présente ^ jy craindrois de « la confusion. Je me bornerois donc d! abord à « des notables j que le Roi consulteroit tun après « Cautre. Je voudrois consulter les principaux « éuéques et seigneurs^ les plus célèbres magis'^ « iratSj les plus puissants et expérimentés mar^ a chandsy les plus riches financiers mêmes ^ non-- « seulement pour en tirer des lumières ^ mais « encore pour les rendre responsables du goui^er- « nementy et pour faire sentir au royaume entier « que les plus sages têtes qu^on peut y trouver^ « ont part à ce qu* on fait pour lu cause publique... « Pendant que le despotisme est dans Tabon- « dance, il agit avec plus de promptitude et d'effica» « cité qu'aucun gouvernement modère ; mais quand « il tombe dans l'épuisement sans crédit , il tombe « tout à coup sans ressource. Il n'agissoit que par a pure autorité; le ressort manque, il ne peut plus « qu'achever de faire mourir de faim une populace
<c à demi morte; encore même doit-il en craindre « le désespoir. Quand le despotisme est notoirement c obéré et banqueroutier^ comment voulez-vous que a les iimes vénales , qu'il a engraissées du sang du a peuple, se ruinent pour le soutenir ? C'est vouloir ff que les hommes intéressés soient sans intérêt... a C'est le temps où il faudroit que M. le duc de