LIVRE SBPTliÉfE. dlQ
conduite du jeune Dauphin dans «a nûuv^lle position ; et la lettre suivaute de Fénelon noua fait vqîf qu'elle lui avoit été tracée, jusque dans les plus petits détails, par son sage instituteur (i).
a Le P. P. (le duc de Bourgogne) doit prendre «sur lui, plus que jamais, pour parpître ouvert, c prévenant , accessible et sociable, // Jaui quil « détrompe le pubUo sur les scrupules qu^on lui « impute ; qu'il soit régulier en son particulier y ff et quHl ne fasse point craindre H la cour ims « réforme sé^fère, dont le monde nest pa^ capa^ • 6&, et qu'il ne faudroit même mener qu'insenc siblement , si elle étoit possible. Nous allons
ff prier sans cesse pour lui Il ne saurait trop
c s'appliquer à plaire au Roi , «i lui éviter les inoiq-» a dres ombrages, à lui faire sentir une dépendance « de eonûance et de tendresse, à le soulager dans « le travail , et à lui parler avec une force douce « et respectueuse, qui croisse peu à peu. // ne a doit dire que ce qu'on peut porter. Il faut ai^oir « préparé le cœur^ açant de dire les vérités pénic blés auxquelles on n'e^t pas accoutumé. Au reste ^ ^ point de puérilités ^ ni de minuties en déco t ion. « On apprend plus à gouverner en étudiant les « hommes y qden étudiant les livres. »
(i) lettre de Fénelon au dite de Chepreiuf , 19 Vfk^i 1711. (Comsp. t. !•', p. 456.)
aaO HISTOIRE DE FÉNELON.
Déjà la rëputation du nouveau Dauphin s'étendoit rapidement de Versailles et de Paris jusqu'aux extrémités de la France, et Fénelon commençoit à jouir du succès de ses soins et de ses vœux. Toutes les lettres qui arri voient à Cambrai, de toutes les parties du royaume, attestoient unanimement l'espèce d'abandon avec lequel tous les cœurs se livroient aux espérances d'ordre et de bonheur qui alloient succéder à tant de confusion , de ténèbres et de calamités. On voit, dans une lettre de Fénelon, qu'il ne peut se défendre lui-même de cette espèce d'émotion générale; mais il n'ose cependant s'y abandonner qu'avec cette méfiance modeste, que Ton conserve toujours, lorsqu'on est trop difRcile sur le mérite de son propre ouvrage.
a Tentends dire que le P. P. fait mieux, que sa « réputation se relève, et qu'il aura de l'autorité (i). <c 11 faut le soutenir, lui donner le tour des affaires, ce l'accoutumer à voir par lui-même, et à décider. « Il faut qu'il traite avec les hommes, pour découa vrir leurs finesses, pour étudier leurs talents, « pour savoir s'en servir malgré leurs défauts. Il tt faut le mettre en train de rendre compte au Roi, a de le soulager, et de lui aider à décider, par une a manière insinuante de lui proposer son avis. S'il
(i) Lattre lie Fénelon au duc de Chèvre use ^ a 4 août 1711. [Corre8p,\.\^,\i. /|86.)