LIVRE SEPTIÈME
« le fait avec respect et zèle, il ne donnera aucun c ombrage, et sera bientôt cru. Qu'il se donne tout a à DieUy pour n'agir que par son Esprit. »
Toutes les réflexions et tous les conseils de Féoelon au nouveau Dauphin n'ont jamais pour objet que rintérét de sa propre gloire, et le bien des peuples qu'il étoit appelé à gouverner. Dans ce grand changement de scène, qui devoit naturellement amener un si grand cliangement dans la situation personnelle de Fénelon, il ne fait jamais un retour sur lui-même. Ceux même de ses amis intimes, avec qui il étoit le plus accoutumé à montrer son âme toute entière, à qui il pouvoit au moins laisser apercevoir l'espérance consolante d'êlre réuni avec eux, avant que la mort les séparât pour toujours, lui reprochent souvent dans leurs lettres cette espèce d'abnégation de lui-même, qui offensoit leur amitié. « C'est vous que vous ne regardez point, écrivoit le « duc de Chevreuse à Fénelon, et que nous devons c néanmoins, regarder, non-seulement à cause de « vous, mais pour ne point mettre de nouveaux ob- « stades à l'ordre inconnu de Dieu (i). »
Plus Fénelon apportoit d'attention à se renfer*^ mer dans l'obscurité de sa retraite, en ne changeant rien à l'ordre accoutumé de sa vie, et en évitant
Désintéreise-
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de FéoeloD ;
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da courtÎMos
pour lui
(i) Lettre du duc de Chevreuse h Fénelon, 4 septembre 17 II, [Corresp, l. 1", p. /iQiS.)
3ftS HISTOIRE DE FJSIfELON.
de reveiller l'inquiétude et la jalousie de ses envieux^ plus les ambitions particulières s'agitoient autour de lui y et cherchoient à se ménager d'avance le suffrage et la bienveillance d'un prélat dont le retour prochain à la cour et à la faveur parofssoit si clairement annoncé.
« Le printemps (de 171 1)9 qui est la saison de « l'assemblée des armées (i), fit apercevoir bien « distinctement à Cambrai le changement qui étoit « arrivé à la cour. Cambrai devint la seule rouie « de toutes les différentes paiiies de la Flandre. « Tout ce qui y servoit de gens de la cour, d'offi- « ciers généraux , et même d'ofBciers moins connus, (c y passèrent tous^ets'y arrêtèrent le plusqu'illeur « fut possible. L'archevêque y eut une telle cour, a et si empressée 9 qu'il y avoit tout à craindre du a retentissement et du mauvais effet qui pouvoit en « résulter du côté du Roi. On peut juger avec quelle a affBd)ilité, quelle modestie, quel discernement il « reçut tant d'hommages , et le bon gré que lui en « surent les raffinés y qui , de longue main , l'avoient (c vu et ménagé dans leurs voyages en Flandre. Cela « fit grand bruit en effet ; mais l'archevêque de Cam- « brai se conduisit si dextrement^ que le Roi, ni ma* « dame de Maintenon , ne témoignèrent rien de ce a concours, qu'ils voulurent apparemment ignorer. »
(i) Mémoires de Satnt^imon^ t. XYII , p» 187.