LIVRE SCPTI^MS. a3l
Mais au milieu d'une crise aussi alarmante , il vœox de Pérestoit à Fënëlon deux motifs de confiance et de "^<*'>i»"''
la paix;
consolation. Il savoit que la mort de Tempereur ses vues sur les Joseph, et le changement de ministère de la reine "*««•*«»* régler Anne, avoient dispose cette princesse à se rap- les puissancps, procher de la France. Quoiqu'il ne fût pas encore '''*• instruit des progrès de la négociation, qui ëtoit Aéjà établie entre les deux cours, il ëtoit fonde à espérer qu'elle pourroit enfin conduire à une paix qu*on ne pouvoit acheter par trop de sacrifices. 1 Ses vœux ne tardèrent pas à s'accomplir , et les négociations entamées vers la Bn de i'^ ii, se poursuivirent l'année suivante avec beaucoup d'activité. Ces négociations, qui amenèrent enfin le traité d'Utrecht en 171 3, donnèrent lieu à Fénelon de rédiger deux nouveaux Mémoires , dont le premier a pour objet les négociations déjà entamées entre les puissances; et le second regarde en particulier les mesures à prendre , concernant la souveraineté de Cambrai. ||
1 Dans le premier de ces Mémoires, rédigé dans le cours de l'année 171a, après la mort du duc de Bourgogne, Fénelon expose ses vues, sur les principaux intérêts à régler entre les puissances ; mais il s'attache surtout à montrer combien il importe à la France, de conclure la paix au plus tôt, pour éviter les inconvénients d'une minorité, que l'Age avancé du Roi peut amener d'un moment à l'autre,
a3a HISTOIRE de féneloit.
et qui seroit plus funeste que jamais y si elle arrivoit avant la conclusion de ia paix(i). «Si nous a perdions le Roi avant cette conclusion, dit Fé- « nelon, nous aurions tout ensemble une horrible a guerre au dehors, et le danger d'une guerre cite vile au dedans. Nos minorités ne se sont jamais <K passées sans guerre civile. Le danger est bien plus « grand, quand il ne reste pas même une mère pour a être régente. Une mère trouve ses intérêts dans (c ceux de son (ils ; un oncle peut suivre son ambi- « tion, ou celle des gens qui ont sa confiance. I.ies a ennemis espèrent , ou une mort soudaine du Roi, « ou un afToiblissement de sa personne, qui mette « la France en désordre. Ces deux cas peuvent arri- «c ver chaque jour. Le second embarrasseroit encore (c plus que le premier. Ils espéreront que la même c< main qu'on s'imagine faussement avoir fait moun rir deux Dauphins, en fera aussi mourir bientôt « un troisième avec le Roi déjà vieux; auquel cas (c le roi d'Espagne sera contraint d'abandonner l'Es- « pagne, pour venir régner en France. »
^ Fénélon conclut de ces réflexions, ce qu'il faut ff faire la paix la moins mauvaise qu'on pourra, «c mais la faire à quelque prix que ce soit. Ce qu'on tf peut espérer n'a aucune proportion avec ce qu'on
(i) Mémoire sur la paix ^ n* 8 et sniv. (OEwres de Féne* Ion , t. XXII, p. 56a, etc.)